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Monde

Quel avenir avec le G8 ?

Entre contestations de rue et irrégularités électorales, la légitimité des dirigeants du G8 est sérieusement questionnée. Analyse des failles démocratiques.

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Le sommet du G8 réunit les huit pays les plus industrialisés de la planète, tels que l'Allemagne, les États-Unis, la France, le Japon, la Grande-Bretagne, l'Italie, le Canada et la Russie. Cependant, de plus en plus de citoyens, d'associations et de partis politiques remettent en cause la pertinence et la légitimité de ces réunions de haut niveau.

Il est vrai que les antimondialistes descendent traditionnellement dans la rue pour protester contre ce modèle de « démocratie » et cette façon de gérer les affaires mondiales. Malheureusement, ces cortèges attirent fréquemment des groupes radicaux ou des casseurs. Cette présence d'éléments perturbateurs vaut souvent aux mouvements protestataires une réputation de violence, éclipsant parfois le message politique initial.

Pourquoi la légitimité des dirigeants du G8 est-elle remise en cause ?

Le plus frappant réside dans le fait que, sur ces huit dirigeants historiques, une majorité a dû faire face à des controverses majeures concernant leur accès au pouvoir. Ces irrégularités alimentent les doutes sur la représentativité réelle du groupe.

Aux États-Unis, l'élection du président George W. Bush (souvent surnommé Bush Junior) reste marquée par les souvenirs des élections de 2000. Le résultat a dépendu de cinq longues et pénibles semaines de dépouillements et de recomptages en Floride. Une telle situation, avec une décision finale tranchée par la Cour suprême américaine, aurait sans doute été qualifiée de manipulation électorale dans d'autres régions du monde.

L'Allemagne n'est pas en reste, bien que le contexte soit différent. Le chancelier Gerhard Schröder a remporté l'élection de manière très serrée, avec seulement quelques milliers de voix d'avance sur son concurrent. Une marge si faible qu'elle ne saurait représenter une adhésion populaire massive et sans faille.

En Russie, la situation est tout autre. Le président Vladimir Poutine s'est imposé dans un contexte où le pluralisme politique était fortement limité. Seul candidat crédible ou quasi unique, il exerce par ailleurs un contrôle étroit sur les médias russes, verrouillant ainsi le débat public et garantissant sa popularité artificielle.

L'Italie présente un cas unique de conflit d'intérêts. Le Premier ministre de l'époque, Silvio Berlusconi, détenait une part majeure des paysages audiovisuels du pays, possédant trois des principales chaînes de télévision et plusieurs quotidiens importants. Cette concentration des médias entre les mains du dirigeant politique posait, et pose encore, de sérieuses questions éthiques sur l'indépendance de l'information, amplifiée par des propos régulièrement accusés de xénophobie.

Enfin, la France n'a pas échappé à cette série de circonstances particulières. La victoire du président Jacques Chirac doit beaucoup à un contexte exceptionnel : le soutien massif et transpartisan des électeurs de gauche et du centre-gauche pour faire barrage à l'extrême droite lors du second tour. Si le résultat a été sans appel sur le plan du nombre de voix, il reposait davantage sur un rejet du Front National que sur une approbation totale de la politique menée.

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