
Depuis plusieurs jours, les grèves et manifestations se multiplient à travers tout le pays. Ces mouvements sont principalement motivés par deux réformes que tente de faire passer le gouvernement : la première sur les retraites, la seconde sur l'éducation nationale. Cette situation rappelle les célèbres manifestations de novembre 1995 qui, pour les mêmes raisons, avaient poussé Jacques Chirac à dissoudre l'Assemblée nationale. Assisterons-nous à un « bis repetita » ? Il serait pourtant étonnant que le pouvoir actuel réagisse de la même façon.
Pourquoi les Français manifestent-ils aujourd'hui ?
Tout d'abord, la grogne concerne les retraites. Le vieillissement de la population pose depuis longtemps le problème de leur financement. En France, elles sont régies par le mode de répartition : les travailleurs en activité paient les retraites du moment, contrairement à d'autres pays où chacun cotise pour sa propre retraite — un système moins solidaire, mais plus simple.
Les enjeux de la réforme des retraites
Avec le vieillissement de la population, il y a plus de retraités à rémunérer et moins de cotisants. Que faire ? Le gouvernement a choisi de repousser l'âge de la retraite de 55-60 ans à 65-70 ans et de diminuer les pensions. La plupart des syndicats rejettent cette proposition qui impose de travailler plus longtemps, donc de cotiser davantage et plus longtemps, pour finalement percevoir une retraite plus faible. Elle remet également en cause de nombreux acquis sociaux.
Le problème qui se pose alors à l'État (c'est-à-dire aux contribuables) est qu'il faut financer de plus en plus de retraites avec des revenus en baisse. Il faut trouver de l'argent, et cet argent ne peut provenir que de la population : soit en travaillant plus longtemps, soit en cotisant davantage via les impôts.
Quelles solutions pour l'avenir des retraites ?
La solution du gouvernement est loin d'être idéale car ce sont les plus démunis qui vont en subir les conséquences, comme souvent. Or, le souhait des syndicats de maintenir le statu quo n'est plus tenable très longtemps : d'ici 2010, si l'on continue sans rien changer, le paiement des retraites pourrait être compromis.
En réalité, il faudrait conserver ce système de répartition, très solidaire, et pousser la solidarité encore plus loin en demandant aux plus fortunés de cotiser davantage — et non l'inverse, comme le prévoit le gouvernement dans sa réforme fiscale (qui sera traitée une autre fois).
Voilà expliquée brièvement, et je l'espère clairement, l'une des raisons de la grogne actuelle.