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Monde

Que faire devant l'ignorance ?

Le voile divise les débats sur la laïcité. Pourquoi la loi française suscite-t-elle tant de réactions alors que des pays musulmans ont déjà interdit ce symbole dans les espaces publics ?

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Et voilà que le voile revient sur le devant de la scène et envahit les médias arabo-musulmans et européens. Ce bout de tissu ne cesse d'alimenter les débats sur la laïcité. Depuis quelques semaines, on voit un peu partout des femmes et des filles voilées, poussées par leurs tuteurs masculins, manifester contre l'adoption par le gouvernement français d'une loi sur la laïcité qui interdit, entre autres, le voile islamique dans l'école publique et les administrations.

Pourquoi tant de réactions contre la loi française ?

Si ce projet de loi a suscité tant de réactions, pourquoi ce n'a-t-il pas été le cas de l'application d'une loi bien antérieure en Turquie et d'un décret présidentiel en Tunisie qui interdisent le port du voile dans les écoles, les universités publiques et les administrations ? Pourtant, ces pays se déclarent musulmans ! Pourquoi n'a-t-on jamais manifesté contre cette loi ou ce décret ?

D'un coup, on s'intéresse, on se focalise et on se mobilise autour du voile, comme si les musulmans n'avaient plus d'autres problèmes plus importants à traiter. À moins que ce voile ne dispose d'un pouvoir magique de soumission et de contrôle qu'on craint de perdre. Ce qui intéresse ces tuteurs, c'est de semer la zizanie, créer de faux problèmes et surtout attiser l'intégrisme. Mais ils ne réussiront jamais à décrocher le rôle de la victime qu'ils veulent tant jouer. Il ne faut pas tomber dans leur piège. Réveillez-vous, femmes voilées, et ôtez ce voile.

L'hypocrisie des pro-islamistes face aux droits des femmes

Les pro-islamistes qui s'expriment dans les médias condamnent la France parce que, d'après eux, un pays de liberté et de droits de l'Homme ne devrait pas agir de la sorte. Pourtant, ils ne lèvent pas le petit doigt quand, en Arabie saoudite ou en Iran, une femme étrangère, une touriste, se doit de cacher ses cheveux. Comme le dirait merveilleusement bien le proverbe tunisien : « halal (licite) pour nous, mais haram (illicite) pour vous. »

À ce qu'on sache, on n'a jamais vu, en Europe ou ailleurs, de femmes manifester pour le droit de la femme non musulmane à ne pas porter de voile dans ces pays, ou même dans un pays non musulman et laïque.

Une loi qui concerne toutes les religions

Pourquoi faut-il que les musulmans se sentent visés par ce projet de loi ? On dirait que la loi a annoncé interdire uniquement le voile islamique, et ce dans tous les lieux. Faut-il rappeler que ce projet de loi interdit tous les signes religieux ostensibles : voile, kippa et croix ? D'autant plus que ces filles peuvent toujours porter le voile dans la rue, à l'université, chez elles...

Cette loi ne fait pas de favoritisme. Toutes les religions sont concernées, pourtant l'islam se sent visé. Le plus drôle, c'est que d'autres musulmans croient encore à la réforme...

La laïcité : un cadre de respect contre le communautarisme

C'est dans un cadre de respect que les enfants doivent baigner, et non pas dans un cadre de communautarisme et d'appartenance religieuse. La laïcité leur offre une meilleure intégration. Mais allez expliquer cela au musulman fermé d'esprit, à la tête carrée, qui répète sans cesse comme un perroquet ce que lui a dit tel ou tel imam ou tel ou tel barbu. Il ne cherche même pas à vérifier leurs propos ou à comprendre le vrai but de ce projet de loi. Il ne voit que le côté négatif.

Qui représente vraiment l'islam ?

Voilà que la rue musulmane accuse le grand imam d'El-Azhar de tous les maux après avoir donné raison à la France. Il y a ceux qui disent que prier derrière lui est désormais interdit, ou ceux qui racontent qu'il s'est vendu aux ennemis de l'islam et qu'il doit quitter sa fonction ou bien présenter des excuses publiques et revenir officiellement sur ses propos...

Mais qui détient, au juste, le pouvoir dans le monde musulman ? Qui représente l'islam ? Les oulémas qui connaissent l'islam, ou la rue qui connaît l'islam traditionnel ? Qui est habilité à parler au nom de cet islam ? Les spécialistes ou les profanes ? Qui se chargera de nous définir l'islam ? Les livres, les oulémas, la rue ou les traditions ?

L'ambiguïté de l'islam : un danger pour l'avenir ?

Aujourd'hui, tout le monde, même les analphabètes, a son mot à dire sur l'islam. Ce qui nous prouve, une fois de plus, l'ambiguïté de cette religion. Elle n'est ni une idéologie ni une religion bien définie, mais un ensemble de lois floues que chaque personne s'amuse à interpréter à sa guise, tout en ayant l'ultime conviction d'avoir raison et que tous les autres ont tort, d'où les divergences entre sectes, courants et individus. Alors surtout, continuez à dire que l'islam n'est pas une religion dangereuse. Mais le jour où l'inimaginable se produit, ne dites pas que vous n'étiez pas au courant : il sera déjà trop tard.

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lkm
lkm @lkm
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