
Les profanations sont des gestes gratuits, mais surtout irrespectueux.
Pourquoi les profanations de cimetières sont-elles inacceptables ?
Quelle que soit l'appartenance ethnique ou religieuse, la profanation est un délit. À la base, un cimetière est fait pour que chaque défunt repose en paix ; c'est aussi un lieu de recueillement pour les familles endeuillées.
Depuis déjà quelques semaines, des signes dégradants font partie du paysage des pierres tombales : croix gammées, menaces de mort ou inscriptions telles que « HH » pour se saluer entre nazis.
Cimetière juif d'Herrlisheim : une profanation historique
Un lieu paisible et beau. À l'écart du village, le très ancien cimetière juif d'Herrlisheim dresse ses stèles à flanc de coteau, sur un tapis d'herbes folles. Il est aujourd'hui défiguré par des croix gammées et celtiques tracées en rouge, et porte l'inscription « Juden raus » (« Juifs dehors ») sur 127 pierres tombales.
La douleur ressentie par la communauté juive est profonde, d'autant que c'est la quatrième fois en quarante ans que ce cimetière israélite est ainsi profané, la dernière agression remontant à 1992.
Cimetières chrétiens : une vague de profanations en série
Effet boomerang : d'autres tombes, cette fois chrétiennes, sont profanées. Une dizaine de tombes sont dégradées dans la nuit à Mâcon. Les faits sont constatés au cimetière multiconfessionnel de Saint-Brice, après l'alerte donnée par une personne venue se recueillir. Le lendemain, des croix sont inversées et quelques plaques brisées dans une allée sur une dizaine de mètres.
Ailleurs, des inscriptions néonazies sont découvertes le 2 mai en Alsace, sur 22 tombes d'un cimetière catholique et protestant de la petite commune de Niederhaslach. À l'entrée du village, ainsi que sur un transformateur électrique situé en face du cimetière, on trouvait également tagué « Vive FN ».
Les actes se sont produits dans un cimetière musulman.
Carré musulman de Strasbourg : des tombes souillées
À Strasbourg, plus de cinquante tombes du carré musulman ont été souillées par des inscriptions néonazies. Croix gammées parfois accompagnées d'inscriptions « HH » et « 88 » (signe néonazi), ou encore « HDV Junior ». Il s'agit d'un groupuscule d'extrême droite qui avait sévi dans le Haut-Rhin et qui a été dissous en 1993.
Cette nouvelle profanation vient alourdir encore un peu plus le climat en Alsace, où les dégradations à caractère raciste et antisémite se sont multipliés ces derniers mois.
Certains jeunes ont été interpellés. Reste à savoir pourquoi ces actes ont été commis, et à rappeler que le respect s'applique aussi bien aux personnes vivantes qu'aux défunts.