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Pourquoi les Etats-Unis ne sont pas un pays démocratique ? (suite)

Citations accablantes et faits historiques sur la politique étrangère américaine. Des témoignages de dirigeants qui questionnent la nature démocratique des États-Unis.

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À la suite de mon premier article (« Pourquoi les États-Unis ne sont pas un pays démocratique »), j'ai décidé d'en écrire un nouveau qui complète le premier par des exemples, des témoignages et des faits inédits.

Citation d'Arnold Toynbee sur l'impérialisme américain

Je commencerai par une citation de l'historien Arnold Toynbee :

« L'Amérique est aujourd'hui à la tête d'un mouvement mondial anti-révolutionnaires pour la défense de ses propres intérêts. Elle est désormais ce que Rome fut jadis. Dans toutes les communautés étrangères tombées sous son joug, Rome soutenait les riches contre les pauvres. Les pauvres étant depuis toujours et partout dans le monde bien plus nombreux que les riches, la politique romaine créait forcément de l'inégalité et de l'injustice. Elle défendait le bien-être d'une minorité au détriment de celui du plus grand nombre. »

Déclarations choquantes de dirigeants américains

Voici quelques paroles et discours de certaines personnalités et dirigeants américains :

George Bush (1988) — Parlant en tant que vice-président de l'avion civil iranien abattu par un navire américain (290 victimes), il a déclaré à des reporters du Newsweek :

« Je ne demanderai jamais pardon au nom des États-Unis d'Amérique. Je me fiche des faits qu'on nous reproche. »

Cette phrase a été reprise par son fils quelques années plus tard.

Général William Looney (1996) — Pour les bombardements après la guerre contre l'Irak, le général de brigade US déclara au Washington Post :

« Qu'ils essayent seulement d'allumer leurs radars et nous faisons exploser leurs foutus SAM ! Ils savent que leur pays nous appartient. Leur espace nous appartient... C'est nous qui décidons comment ils doivent parler et vivre. Voilà ce qui est génial pour les Américains aujourd'hui. C'est une bonne chose, d'autant plus qu'il y a plein de pétrole là-bas et que nous en avons besoin. »

Madeleine Albright (1996) — Au cours d'un échange télévisé désormais célèbre (émission 60 Minutes du 12 mai 1996) entre Madeleine Albright et la reporter Lesley Stahl, cette dernière, parlant des sanctions contre l'Irak, demanda à l'ambassadrice US aux Nations Unies :

« On nous dit qu'un demi-million d'enfants sont morts. Je veux dire, c'est plus que le nombre d'enfants morts à Hiroshima. Et... et vous savez, est-ce que ça vaut ce prix-là ? »

Albright répondit :

« Je pense que c'est un choix très difficile. Mais le prix... nous pensons que ça vaut ce prix-là. »

Peu de temps après, Albright a été nommée secrétaire d'État.

Général Wesley Clark (1999) — Commandant en chef suprême des forces alliées en Europe pour la conduite du bombardement de la Yougoslavie par l'OTAN (dirigée par les États-Unis), il fit preuve d'un fanatisme presque sadique. Il surgit de son siège et tape sur la table :

« Je dois obtenir la violence maximum pour cette campagne ; maintenant ! »

(Washington Post, 21 septembre)

H.L. Mencken (1920) — L'écrivain et journaliste déclara :

« Tout le but des pratiques politiques est de maintenir la populace dans l'inquiétude (et donc demandant la sécurité), sous la menace d'une succession infinie de croque-mitaines, pour la plupart imaginaires. »

Général Douglas MacArthur (1957) — À propos de l'important budget du Pentagone, il déclara :

« Notre gouvernement nous a maintenus dans un état de peur perpétuelle, de ferveur patriotique continue, prétextant la gravité de "l'urgence nationale". Il y avait toujours quelque mal terrible... qui devait nous engloutir si nous ne le suivions pas aveuglément en lui fournissant les fonds exorbitants qu'il demandait. Mais, rétrospectivement, ces désastres semblent ne s'être jamais produits, semblent n'avoir jamais été tout à fait réels. »

Lieutenant-général Michael Short — Commandant de la guerre aérienne de l'OTAN, il déclara :

« Si vous vous réveillez le matin et que vous n'avez pas d'électricité dans la maison, ni gaz pour le poêle, et si le pont que vous prenez pour aller travailler est démoli et gît dans le Danube pour les 20 ans à venir, je pense que vous pouvez commencer à demander : \"Hé ! Slobo, qu'est-ce qui se passe ? On va devoir supporter jusqu'à quand ?\" »

Le général Short, expliquait le New York Times, « espère que la détresse des Yougoslaves sapera leur soutien aux autorités de Belgrade ».

L'École des Amériques (1996) — En septembre 1996, devant l'insistance persistante de groupes populaires et religieux, le Pentagone rendit publics sept manuels en espagnol utilisés à la SOA (School of the Americas, une école militaire) jusqu'en 1991. Un éditorial du New York Times déclarait :

« Les Américains peuvent maintenant lire par eux-mêmes quelques-unes des leçons nocives que l'armée des États-Unis a enseignées à des milliers de policiers et de militaires d'Amérique latine pendant les années 80 à la SOA. Un manuel d'instruction publié par le Pentagone recommandait des techniques d'interrogatoire : torture, exécutions, chantage, arrestations des proches de ceux qui sont interrogés. »

Un dicton américain sur le terrorisme

Un dicton américain résume bien cette situation :

« Un terroriste est quelqu'un qui possède une bombe mais n'a pas d'armée de l'air. »

Liste des pays bombardés par les États-Unis

Voici tous les pays bombardés par les États-Unis pour des raisons économiques ou de guerre sans que le pays attaqué ne riposte en aucune manière :

(Ces bombardements causèrent la mort de plusieurs millions de personnes !)

  • Chine (1945-46)
  • Corée et Chine (1950-53)
  • Guatemala (1954)
  • Indonésie (1958)
  • Cuba (1959-61)
  • Guatemala (1960)
  • Congo (1964)
  • Pérou (1965)
  • Laos (1964-73)
  • Vietnam (1961-73)
  • Cambodge (1969-70)
  • Guatemala (1967-69)
  • Salvador (1980)
  • Nicaragua (1980)
  • Grenade (1983)
  • Liban (1983-84)
  • Syrie (1983-84)
  • Libye (1986)
  • Iran (1987)
  • Panama (1989)
  • Irak (1991)
  • Koweït (1991)
  • Somalie (1993)
  • Bosnie (1994-95)
  • Soudan (1998)
  • Afghanistan (1998)
  • Yougoslavie (1999)
  • Afghanistan (2001)

Témoignage de Jimmy Carter sur les conséquences

Jimmy Carter, ancien président des États-Unis, après avoir quitté la Maison-Blanche déclara :

« Nous avons envoyé des marines au Liban et il suffit d'aller au Liban, en Syrie ou en Jordanie pour constater de première main la haine intense que beaucoup de gens éprouvent pour les États-Unis parce que nous avons bombardé et tué sans merci des villageois totalement innocents — femmes, enfants, fermiers et ménagères — dans les villages autour de Beyrouth... résultat... nous sommes devenus une sorte de Satan dans l'esprit de ceux qui ont un profond ressentiment. C'est ce qui a précipité les prises d'otages et quelques-unes des attaques terroristes. »

Conclusion : une réflexion de Goethe

Et je finirai par cette phrase qui nous concerne tous :

« Nul n'est plus désespérément esclave que celui qui se croit libre à tort. »

— Goethe

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vinch
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