
Steve Biko est mort le 11 septembre 1977 dans une cellule de Pretoria, en Afrique du Sud, après trois semaines de torture infligées par les autorités blanches. Cet homme noir de 31 ans luttait pour ses idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité dans un régime raciste.
Qui était Steve Biko et la Conscience Noire ?
Il avait à peine 30 ans, mais son mouvement de la Conscience Noire avait rallumé le feu de l'espoir dans le cœur de milliers de Sud-Africains qui croyaient en lui et en ses idées. Selon Biko, il fallait d'abord libérer l'esprit avant de libérer le pays, car « l'arme la plus puissante dans les mains de l'oppresseur est l'esprit de l'opprimé ».
Enfance sous l'apartheid et engagement précoce
Né en 1946 à Ginsberg, Steve fait partie de la première génération grandissant sous l'apartheid, un système qu'il combattra toute sa vie. Très tôt marqué par les injustices de ce régime, son père Mzimkhayi fut tué par un policier blanc lors d'un rassemblement militant en 1951.
Steve marquait les gens qu'il rencontrait par son éloquence, sa force de caractère et la détermination dont il faisait preuve pour défendre ses idéaux. Exclu du secondaire pour son attitude anti-establishment, il s'investit dans la lutte anti-apartheid à plein temps.
Comment Steve Biko est devenu un martyr
Son influence sur le peuple grandissait chaque jour à une vitesse phénoménale. Cela lui vaut d'être repéré par la police, qui ne le lâchera plus et lui interdira même de quitter sa ville à partir de 1973. Quatre ans plus tard, il est arrêté sur le chemin d'un meeting anti-apartheid. Il sera battu, déshabillé, enchaîné et privé de soins pendant un calvaire de trois semaines, au terme duquel seule la mort le libérera de sa souffrance.

La révélation de sa mort et la réaction mondiale
Le sentiment d'injustice et la colère traversèrent toute l'Afrique du Sud lorsque la vérité sur sa mort fut révélée par les deux livres de Donald Woods, un journaliste blanc qui s'était lié d'amitié avec Steve. Les autorités avaient annoncé qu'il était mort d'une grève de la faim, ce qui fut démenti par les photos du cadavre prises à la morgue : son corps était couvert d'ecchymoses et de plaies ouvertes.
L'héritage de Steve Biko au cinéma
Sa vie et la naissance de cette amitié magique entre un Blanc et un Noir furent portées à l'écran en 1987 par Richard Attenborough à travers le film Cry Freedom (avec Denzel Washington et Kevin Kline), adapté d'un livre de Woods. Ce film, accompagné de la chanson « Biko » de Peter Gabriel, souffla un vent de sentiment anti-apartheid à travers le monde.
Les derniers mots de Steve Biko : un message intemporel
Trois mois avant sa mort, il déclarait : « Soit tu es vivant et fier, soit tu es mort, et quand tu es mort, tu ne peux plus t'en soucier. Et ta façon de mourir peut elle-même être une chose politique... car si je n'arrive pas dans la vie à soulever la montagne de l'apartheid, sûrement l'horreur de la mort y parviendra. »