
La déportation et l'extermination durant la Seconde Guerre mondiale
Création des premiers camps de concentration nazis
Dès 1933, le camp de Dachau est mis en place pour « rééduquer » les opposants politiques et les exclure de la société, en même temps que les autres « indésirables ». Cette rééducation passe par le travail forcé et les mauvais traitements. Les premiers détenus sont principalement des Allemands et des Autrichiens.
Pourquoi les camps se multiplient-ils entre 1938 et 1944 ?
Entre 1938 et 1944, les autorités nazies créent un nombre impressionnant de camps situés dans les territoires annexés au Reich, comme Natzweiler-Struthof en Alsace, ainsi que de nombreux autres sur le territoire de l'ex-Pologne (comme Auschwitz). Il faut faire face à l'afflux massif de nouveaux prisonniers politiques et de Juifs pourchassés dans les territoires occupés.
L'exploitation des détenus : une main-d'œuvre gratuite
Pour les nazis, les camps remplissaient deux fonctions essentielles : la déshumanisation et la « rééducation » des prisonniers par le travail. Ces mêmes prisonniers deviennent donc une main-d'œuvre gratuite. De ce fait, les camps sont construits près :
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des carrières (par exemple, à Mauthausen, le granit extrait sert à paver les rues de Vienne. Ce sont les prisonniers qui travaillent de longues heures par jour sans repos et remontent des blocs de plus de 20 kg le long d'un escalier de 186 marches) ;
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des centres industriels (comme Dora), où les prisonniers sont loués par les SS à des industriels sans conscience ni remords.
Quelle est la différence entre camps de concentration et d'extermination ?
Dans le système concentrationnaire nazi, il existe deux types de camps :
Les camps de concentration (Konzentrationslager : KL), surnommés les « camps de la mort lente », où le déporté est condamné à mourir par le travail forcé, le froid, la maladie, la faim ou les mauvais traitements.
L'augmentation du nombre de déportés conduit les autorités nazies à prendre des mesures pour lutter contre la surpopulation :
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par la création de nouveaux camps ;
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par la mise en place dans les KL d'un appareil de sélection : à leur arrivée, les déportés passent un par un devant un médecin SS qui effectue un « tri ». Les valides sont affectés au travail tandis que les vieillards, femmes, enfants et les plus faibles sont immédiatement envoyés à la chambre à gaz. Selon Himmler, « dans un camp, il n'y a que des valides ou des morts, les malades n'existent pas ».
Nouvelle étape vers l'horreur à partir de 1942 : lors de la conférence de Wannsee, les dirigeants nazis décident de la « solution finale du problème juif », c'est-à-dire l'élimination intégrale de tous les Juifs d'Europe. Cela conduit à la mise en place des :
Camps d'extermination, où dès leur arrivée, les déportés sont immédiatement gazés, puis leurs corps brûlés dans les fours crématoires, comme à Treblinka ou Sobibór.
Certains camps ont un statut particulier, comme Auschwitz-Birkenau et Lublin-Maidanek, qui combinent concentration et extermination.
Auschwitz-Birkenau : le symbole de la Shoah
Le choix d'Auschwitz (camp mixte) permet d'étudier le fonctionnement d'un camp et les pénibles conditions de vie des déportés : ce camp symbolise la folie meurtrière des SS.
Le complexe concentrationnaire d'Auschwitz-Birkenau s'étend sur 40 km² et se compose de 3 camps différents, dont dépendent environ 40 camps annexes. Dès février 1940, la SS décide d'installer dans les faubourgs de la ville polonaise d'Oswiecim (Auschwitz en allemand) un camp de travail pour rééduquer les « politiques ». Rudolf Höss, qui prend la direction du camp, ne va cesser de l'agrandir.
Auschwitz I est le camp initial, qui va vite devenir trop petit pour les ambitions des SS.
Birkenau (Auschwitz II) est construit à 2 km du camp principal après la conférence de Wannsee. Il va servir de centre de mise à mort pour les Juifs ou les déportés jugés inaptes au travail car trop faibles. 10 000 prisonniers soviétiques y sont employés lors de sa construction.
Auschwitz III ou Monowitz, situé à 6 km à l'Est du camp principal, est installé à côté du site industriel « Buna » dépendant de la firme IG Farben, où l'on cherche à produire du méthanol et du caoutchouc synthétique. On y envoie les prisonniers les plus robustes.