Image 1
Monde

Pere-noel.fr : un vaste reseau d'escrocs démantelé !

L'affaire Pere-noel.fr : un réseau d'escrocs démantelé. Entre clients floués, passif de 13M€ et peines de prison, retour sur cette arnaque historique au e-commerce français.

As-tu aimé cet article ?

Vous avez certainement entendu parler du site « Pere-noel.fr », tristement célèbre pour ses agissements malhonnêtes. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, il s'agissait d'un site de e-commerce vendant toute une série d'articles en ligne. Mais le problème ? De nombreux clients n'ont jamais reçu leurs commandes. Entre publicités mensongères, colis non conformes et fournisseurs impayés, cette affaire a marqué le e-commerce français. Enquête sur ce vaste réseau d'escroquerie.

Comment fonctionnait la société Pere-noel.fr ?

L'actionnariat de la société se composait principalement de : Alexandre Fur (23,64%), Sébastien Steinmetz (19,84%), Sacha Rebk LLC (20,10%), Michel Cohen (4,10%), Bernard Sillam (5,00%), et 27,32% répartis entre une cinquantaine d'autres actionnaires. Une structure opaque qui a permis de dissimuler longtemps les agissements frauduleux.

Alexandre Fur : le cerveau présumé de l'arnaque

Alexandre Fur, PDG de Pere-noel.fr et principal actionnaire, est un polytechnicien ancien auditeur. Il s'est brièvement lancé en politique sans succès : aux élections législatives de 1997 (2e circonscription de Paris), il a réuni... 14 voix, soit 0,02% au premier tour.

En 1998, il a été sanctionné par le Conseil constitutionnel pour ne pas avoir retracé dans ses comptes de campagne les recettes perçues et les dépenses engagées. Sanction : un an d'inéligibilité. Un premier signe révélateur de ses méthodes.

Cet entrepreneur a créé sa société en 1999 ainsi que de nombreuses autres structures. Pourquoi ? En France, chaque société a droit à trois noms de domaine en .fr. Il a ainsi constitué un réseau de sociétés dont il est détenteur à 99,9%. Autre avantage : en cas de faillite, il pouvait récupérer les locaux via une autre entité, la SCI Immobilière Pere-noel.

Sacha Rebk : le complice et ses liens familiaux

Sacha Rebk LLC, second gros actionnaire, est une société domiciliée au Dakota du Sud (un paradis fiscal) avec un capital de 50 000 dollars. Elle est gérée par Grégoire Fur — le frère d'Alexandre Fur — et un certain Patrice Pierron.

Sacha Rebk est également actionnaire majoritaire de la SCI Immobilière Pere-noel. Plus surprenant encore : cette société a été dissoute en 2001 pour non-respect des formalités légales. L'actionnaire majoritaire de la plupart des structures n'avait donc plus d'existence légale !

Les méthodes frauduleuses révélées par l'enquête

Petite anecdote révélatrice : un litige avec un transporteur a été réglé par Alexandre Fur par un chèque libellé en francs. Donc sans aucune valeur.

Autre fait marquant : lors d'une interview, on a demandé à Alexandre Fur quel était son site préféré. Il a répondu « Jackpot.fr » sans mentionner qu'il en était le détenteur. Un mensonge parmi tant d'autres.

Les conséquences judiciaires de l'affaire

Les plaintes se sont multipliées : centaines de clients mécontents, accusations de publicité mensongère... La Poste réclame 170 000 euros. Mais elle n'est pas la seule : Ebuyclub, Kelkoo, Webavantages, Netarget et des dizaines d'autres créanciers restent impayés.

Les sociétés d'Alexandre Fur fonctionnaient comme des poupées russes. L'enquête a révélé que ces structures avaient acquis des noms de domaine surprenants : France, ParisBourse, Mozart, Chine, Enchère, mais aussi Impots, fisc et même DGCCRF — tentant de se faire passer pour l'administration fiscale et la répression des fraudes !

La société MPE, dirigée par Alexandre Fur, encaissait également une partie des commandes du site rueduplaisir.com. Le business du sexe faisait aussi partie de ses activités.

Le verdict : peines de prison et passif de 13 millions

Source : lesarnaques.com

Quatre ans de prison, un mandat d'arrêt et 26 000 euros d'amende ont été requis par le parquet de Saint-Étienne contre Alexandre Fur, alors âgé de 34 ans. Accusé de « publicité mensongère », « tromperie », « entrave à l'exercice de la profession d'inspecteur du travail » et « refus de communiquer des documents à la DGCCRF », il était absent au procès, les services de police n'étant pas parvenus à le localiser.

Un an de prison, un mandat d'arrêt et 3 000 euros d'amende ont été requis contre son frère Grégoire Fur, directeur financier, poursuivi pour « entrave à l'exercice de la profession d'inspecteur du travail ».

L'ex-cybermarchand, placé en liquidation judiciaire le 10 juin, présentait un passif dépassant les 13 millions d'euros. Son PDG devait répondre de 1 270 plaintes d'internautes n'ayant pas reçu les articles commandés.

Un représentant de la DGCCRF de la Loire a déclaré à la barre qu'il s'agissait d'un « dossier hors normes, de par le nombre de plaignants et la personnalité des dirigeants », ayant organisé une « véritable arnaque ».

Pour aller plus loin

As-tu aimé cet article ?
ziegelmannd
ziegelmannd @ziegelmannd
1 articles 0 abonnés

Commentaires (0)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires