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Nubie : les Nobats du 14 au 16ème siècle

Après la chute du royaume de Méroë, trois royaumes chrétiens émergèrent en Nubie : Nobatia, Makura et Alodia. Découvrez leur histoire, de l'orphèvrerie byzantine à la christianisation.

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Le royaume de Nobatia : un héritage méroïtique

Le moins bien connu des trois royaumes est peut-être celui du nord, qui s'étendait entre la première et la troisième cataracte. Ce royaume des Nobates, appelé plus tard « Nobatia », avait son centre dans la région de Wadi Halfa (2ème cataracte). C'est là que furent découverts des trésors royaux ayant échappé miraculeusement aux trafiquants et aux pilleurs de tombeaux qui sévissaient dans les environs immédiats de Ballana et Qustul.

L'orfèvrerie et les influences culturelles

Une riche orfèvrerie de technique byzantine y révèle des thèmes ornementaux d'inspiration égyptienne, très proches de ceux de Méroë ou Nagga. Ces Nobates avaient été influencés par les Méroïtiques avant même de s'établir en Nubie. Par ailleurs, ils étaient réputés pour leur fidélité au culte d'Isis.

La christianisation des Nobates

Au 6ème siècle, alors que le paganisme était définitivement vaincu en Égypte, les Nobates étaient encore autorisés à emporter chaque année la statue d'Isis depuis l'île de Philae pour lui faire rendre oracle dans leur pays pendant quelques jours.

Ce n'est qu'en 553 que l'empereur Justinien envoya son général Narsès avec pour mission de détruire le temple d'Isis à Philae, d'emprisonner les prêtres et d'emporter les statues à Constantinople.

Dix ans auparavant, en 543, il avait envoyé des missionnaires chrétiens orthodoxes chez les Nobates. Néanmoins, son épouse Théodora, qui était monophysite, avait dépêché à son tour le moine monophysite Julien. Ce dernier réussit à prendre de vitesse son collègue orthodoxe et à convertir le roi des Nobates, le fameux Silko. Ce dernier transférera plus tard sa capitale de Ballana à Faras et se proclamera roi des Nubiens et de tous les Éthiopiens.

Le royaume de Makura : entre Dongola et Darfour

Le royaume de Makura, centré sur Dongola entre la troisième et la quatrième cataracte, est malheureusement moins bien connu que celui de Nobatia. Sa capitale se situait à Old Dongola, tout près de la vallée fossile du Wadi el-Milk qui constitue une grande voie de communication vers le Darfour (ouest de l'actuel Soudan) et les régions du Tchad.

En 550, Makura fut convertie par les missionnaires orthodoxes qui avaient été évincés de Nobatia par le monophysite Julien.

Alodia et l'essor du christianisme nubien

Au sud de la 5ème cataracte, les trois royaumes créés sur les ruines du royaume de Méroë étaient tous de confession chrétienne. Ils furent évangélisés par des missionnaires byzantins et non égyptiens. En effet, ils employaient le grec — et non la langue copte — comme langue liturgique et pour les inscriptions funéraires.

Le christianisme nubien devait admirablement prospérer au cours des siècles suivants et survivre jusqu'en 1336 à Dongola et 1504 à Soba.

Les influences orientales : Arabes, Juives et Perses

À côté de ces influences septentrionales byzantines, des influences orientales (arabes, juives et perses) parvenaient dans la région des cataractes à la fin du 6ème siècle. Ces influences étaient dues en grande partie (pour les Arabes) à l'appauvrissement qui régnait dans les royaumes du Yémen (Arabie du Sud), entraînant une forte émigration vers le continent africain.

Poursuivis vers l'ouest, ces mouvements de populations expliquent ainsi les traditions de plusieurs peuples attribuées aux immigrants du Yémen.

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rachidyahou
rachidyahou @rachidyahou
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