
La discrimination est certes souvent cachée, mais elle est surtout difficile à prouver. On reçoit des réponses du type : « Malgré la richesse de votre CV, nous regrettons de ne pouvoir donner suite à votre candidature. » Mais qui irait imaginer être victime de discrimination ? Pourtant, certains recruteurs n'ont guère d'états d'âme…
Qu'est-ce que la discrimination à l'embauche ?
Certains affirment que les candidats portant un nom perçu comme étranger sont systématiquement recalés. Quant à la discrimination hommes-femmes, le constat est tout aussi préoccupant. Évidemment, certains employeurs redoutent les absences répétées des mères de famille ou les congés maternité…
Si l'on se fie aux stéréotypes, mieux vaut être un homme blanc, plutôt séduisant, hétérosexuel et d'origine française. En effet, pour cerner les profils, certains recruteurs n'hésitent pas à orienter les entretiens vers des questions d'ordre privé : passé du candidat, appartenance politique ou orientation sexuelle. Une stratégie calculée pour correspondre à l'image qu'ils veulent donner à leurs clients.
Les contradictions des recruteurs
Mais comment expliquer que la maîtrise de l'arabe soit un atout pour un étudiant blanc et un motif de recalage pour une personne d'origine maghrébine ? Certains recruteurs concèdent ne pas agir de façon morale, mais invoquent la nécessité de « faire tourner l'entreprise ».
Loi de 2001 : quelles sanctions contre la discrimination ?
Faire jouer ses préférences personnelles dans un recrutement est un délit, conformément à la loi du 6 novembre 2001, passible de 2 ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. Il n'y a pourtant qu'une dizaine d'affaires par an, car refuser de répondre alors qu'on a besoin d'un emploi relève du défi.
Il est temps de rejeter les préjugés, de laisser place à la tolérance et à la différence, et de faire confiance à l'individu plutôt qu'à son environnement socio-culturel.
Inégalités de salaire homme-femme : les chiffres
Quelques chiffres pour celles et ceux qui doutent de l'ampleur du phénomène : une loi de 1983 prône l'égalité professionnelle homme-femme. Le 9 mai 2001, il a même été nécessaire de la renforcer par la loi Genisson.
Les écarts de rémunération entre hommes et femmes — à travail égal — s'élèvent à 11 %. Sur 120 femmes diplômées de l'enseignement supérieur, seules 35 % deviennent cadres au cours de leur carrière. Il est temps de changer d'ère et d'entamer une véritable remise en question.
Comment dénoncer une discrimination ? Appelez le 114
Un numéro vert a été mis en place par le Groupe d'études et de lutte contre les discriminations : le 114. Alors, même pour un petit boulot, n'hésitez pas à l'appeler si vous pensez avoir été victime de préjugés concernant votre origine, votre orientation sexuelle ou vos opinions politiques.