
Comme toujours, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Ils sont alarmants. La vague d'obésité qui se répand depuis des années sur le territoire américain — après avoir déferlé dans ses dépendances océaniques (Australie, Nouvelle-Zélande) — va bientôt débarquer en Europe tel un tsunami. Les autorités néo-zélandaises, qui ont noté que plus de la moitié de leur population est en surpoids (« over-weight »), proposent de taxer les aliments en fonction de leur nombre de calories. Mais agissons en amont et résistons au diktat du « trop gras, trop beau ».
Proposition satirique : des mesures anti-obésité délirantes
Je propose donc de prendre des mesures drastiques, à la fois préventives et curatives, en ce qui concerne tous les accros de la bouffe qui présentent une surcharge pondérale de nature à troubler leur bon état de santé… et à coûter du fric à la Sécu. Voici donc mon projet que, je l'espère, le gouvernement n'inscrira pas dans son prochain plan.
Supermarchés : portes rétrécies et rayons par poids
Nous devons obliger tous les supermarchés à rétrécir leurs portes d'entrée. Elles devront être calibrées selon l'ampleur que tout être humain normalement constitué ne doit pas dépasser. Les personnes trop « enrobées » pour entrer dans le magasin seront alors obligées de perdre du poids.
Je ne veux pas que les personnes qui souffrent de ce terrible handicap soient privées de nourriture — ce serait vraiment trop radical et inhumain, et pourrait avoir des effets de nature à troubler l'ordre public. Les espaces dans les supermarchés seront donc compartimentés selon le poids des clients. Les portes d'entrée seront adaptées à chacun de ces secteurs. Les « gros » se verront proposer un secteur avec une nourriture allégée et équilibrée, et prendront ainsi l'habitude de manger « normalement ».
Surveillance calorique : carte à puce et pèse-personnes
Par ailleurs, afin de s'assurer de l'efficacité de ce dispositif, des pèse-personnes seront installés à l'entrée du magasin. Chaque personne sera munie d'une carte à puce contenant ses données personnelles (qui seront communiquées au Ministère de la Surcharge Pondérale). Ainsi, dès leur entrée, chaque personne introduira ladite carte dans un lecteur qui lui indiquera — selon qu'elle a pris du poids, stagné, ou au contraire en a perdu — la taille du caddie qu'elle peut emprunter et le nombre de calories qu'elle ne doit pas dépasser.
Le Ministère s'assurera que le nombre de calories soit indiqué sur chaque produit et que le code-barres fasse en sorte que ce nombre s'affiche lors du passage en caisse. Les caissières seront alors tenues de vérifier le respect de cette norme.
Contrôle ou éducation : jusqu'où aller trop loin ?
Il s'agit d'une mesure visant le bien commun et qui, en outre, a des vertus éthiques et éducatives (il faut bien les éduquer, ces pauv'gens qui n'ont pas eu de bons parents pour leur expliquer comment vivre). Surtout, il s'agit d'une mesure non contraignante, mais au contraire incitative.
Au fur et à mesure que la personne se rapprochera du poids normal — fixé chaque année au sein de la Commission du Poids et du Handicap Pondéral en fonction d'une moyenne nationale indexée sur celle des autres pays de l'Europe, pondérée par celle des États-Unis et de l'Australie, et tenant compte du « Rapport Scientifique sur la Bonne Santé des Citoyens » — elle accèdera progressivement au secteur de « la Consommation Juste et Bonne ».
Je n'irai pas plus loin, car je crains que cela ne donne sérieusement des idées au gouvernement, qui est parfois en panne d'inspiration pour trouver de nouvelles réglementations aberrantes.