Le 7 mai 2024, une occupation pro-palestinienne du campus de l’Université libre de Bruxelles a dégénéré en agression physique. Ce fait a ouvert un conflit prolongé entre étudiants, direction et tribunaux, alors que la guerre à Gaza, dont la résilience du Hamas après un an de combat est documentée (lien), et le basculement de la jeunesse israélienne vers la droite sous le choc du conflit (lien) projetaient leurs divisions sur le campus.

L’occupation et la violence du premier jour
Le Monde a publié le 21 mai 2026 un reportage qualifiant le campus de l’ULB de « champ de bataille idéologique » entre étudiants pro-palestiniens et l’Union des étudiants juifs de Belgique, dans le contexte de la guerre à Gaza.
Ce sont plusieurs dizaines d’étudiants qui

Le 7 mai 2024, lors de cette première journée d’occupation, T.B., un ancien étudiant, a porté des coups à G.D., alors président de l’UEJB, ainsi qu’à un agent de gardiennage. Les faits se sont produits devant le bâtiment B de l’ULB, après le passage de manifestants pro-Israël munis de drapeaux israéliens devant l’occupation menée par des manifestants pro-Palestine. Des photos et vidéos documentent l’occupation et les contre-manifestations sur le campus.
Le libre examen et la suspension des partenariats
L’ULB fonde son identité sur le principe du libre examen, proclamé à l’article 1er de ses statuts. Ce principe postule le rejet de l’argument d’autorité et l’indépendance de jugement. La tolérance y est définie comme le respect de la personne et de la liberté d’autrui, non le respect des opinions.
Le 27 mai 2024, le Conseil académique de l’ULB a voté à large majorité la suspension des accords et projets institutionnels de recherche avec les universités israéliennes, en se référant à l’ordonnance du 24 mai 2024 de la Cour internationale de justice sur le risque de génocide à Gaza. La rectrice Annemie Schaus avait annoncé cette suspension peu après l’occupation, conditionnée à un « engagement clair » des universités israéliennes en faveur des exigences de la CIJ. Les sources primaires documentent la décision, mais le détail de la procédure de vote au sein du conseil reste incomplet.
Justice et discipline : la bataille des qualifications
Le 16 juin 2026, le tribunal correctionnel de Bruxelles a reconnu T.B. coupable de coups portés le 7 mai 2024 à G.D. et à un agent de gardiennage, mais a écarté le mobile antisémite, estimant que les coups n’étaient pas « motivés par la haine » ou « le mépris d’une confession religieuse ». La rectrice avait retenu ce motif lors d’une enquête interne, mais la commission disciplinaire de l’ULB, en première instance et en appel, ne l’avait pas retenu. Le tribunal a suivi la commission et critiqué l’ULB partie civile, notant qu’elle tentait de faire reconnaître par la voie du tribunal ce que la double porte de ses instances avait refusé.

En Belgique, l’antisémitisme relève du cadre légal antiracisme, qui protège l’ascendance principalement juive, et de la législation fédérale antidiscrimination, qui inclut la conviction religieuse ou philosophique, selon Unia. Les lois de 2022 et 2023 ont ajouté la discrimination par caractéristique présumée et par association. Ce cadre objective la qualification des actes, indépendamment du récit institutionnel.