
L'histoire que je vais vous raconter s'est passée à Ouagadougou, une ville du Burkina Faso. Elle traite de la vie après la mort. La mort met-elle fin à l'existence de l'Homme ? Pour moi, en tant qu'Africain et surtout Moaga (une ethnie du Burkina Faso), les morts ne sont pas morts. Ils interviennent souvent dans notre vie quotidienne. C'est pourquoi chez nous les Mossis (pluriel de Moaga), nous respectons les décisions (testament) prises par une personne avant de mourir.
Raogo et l'étrange rencontre avec Poko
Raogo, dans ses rêves, bénéficiait chaque jour des visites de son grand frère Noaga, décédé. À chaque fois, Noaga lui demandait de rembourser les dettes qu'il avait contractées auprès de Lidg-naaba (prénom mooré signifiant « le riche »), un de leurs voisins que Raogo connaissait bien. Vu la récurrence du même rêve, Raogo demanda un jour à son voisin Ligd-naaba si Noaga avait emprunté de l'argent à lui. Ligd-naaba lui communiqua le montant qu'il avait prêté à Noaga (prénom mooré signifiant « coq »).
Trois jours plus tard, un beau samedi soir, Raogo décida vers 20h30 d'aller au bar « Viim-zîiga » (nom mooré signifiant « lieu de vie ») pour danser. Il démarra sa moto « P50 » et prit l'avenue de l'amitié. En cours de route, il aperçut une jeune fille qui marchait dans le même sens que lui et il s'arrêta. Il proposa à la fille de la remorquer. La jeune fille accepta.
À peine démarré, Raogo ne tarda pas à demander le nom de la jeune fille. Celle-ci dit qu'elle s'appelait Poko. Raogo dit à Poko qu'il allait danser et, si cela ne la dérangeait pas, elle pouvait l'accompagner. Poko trouva l'idée géniale et décida de partir avec Raogo.
Après avoir siroté une Fanta et bien dansé ensemble, Raogo décida de raccompagner Poko chez elle. Arrivé chez Poko vers 22h30, Raogo prit congé d'elle.
La révélation : les morts vivent toujours
Le lendemain soir, Raogo se rendit chez Poko pour lui dire bonsoir. Arrivé dans la cour, il fut accueilli par la mère de Poko, qui s'appelait Patindé (prénom signifiant « celle qui ne croyait pas »).
Raogo demanda à voir Poko. Aussitôt, Patindé commença à verser des larmes. Étonné, Raogo demanda pourquoi. Patindé lui dit que sa fille Poko était morte il y a 5 ans. Pour convaincre Raogo qui n'en croyait pas ses oreilles, Patindé lui fit sortir un album de photos de Poko.
En regardant les photos, Raogo reconnut le visage de la belle fille avec qui il était sorti la veille. Raogo dit à la mère de Poko qu'elle était avec lui hier au bar « Viim-zîiga ». Patindé fit sortir le grand frère de Poko pour qu'il emmène Raogo voir la tombe de Poko, située au cimetière « Kiimes-zîiga ».
Arrivés au cimetière, ils virent une belle tenue sur la tombe de Poko. « C'est dans cette belle tenue que je l'ai rencontrée ! » s'exclama Raogo. « Donc les morts ne sont pas morts alors », répliqua le grand frère de Poko.