
Que sont les 7 Merveilles du Monde ?
« Un art qui a de la vie ne reproduit pas le passé, il le continue. » Auguste Rodin.
Ainsi commence notre passionnant périple à travers les siècles, riches en civilisations et en œuvres d'art, parmi lesquelles figurent les 7 Merveilles du génie humain. De nombreuses listes de ces splendeurs furent dressées au cours de notre Histoire, mais celle que nous connaissons aujourd'hui fut élaborée à la Renaissance.

Les Pyramides de Gizeh : la plus ancienne merveille
Ces impressionnantes pyramides abritent les tombeaux de trois pharaons de la IVe dynastie (Ancien Empire) : Khéops, Khéphren et Mykérinos. Bien qu'étant la plus ancienne Merveille de la liste (2550 à 2490 av. J.-C.), elle est la seule à avoir traversé les siècles et à être encore visitée aujourd'hui.
La spectacularité de ce monument réside dans la technique de construction qui n'a toujours pas été élucidée. La plus célèbre des trois pyramides est incontestablement celle de Khéops. Elle est en effet la plus impressionnante par ses dimensions : 232 m de côté et 137 m de hauteur !
Celle de Khéphren mesure 114 m et celle de Mykérinos est la plus petite avec ses 65 m.
« Soldats, songez que, du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent ! » Napoléon Bonaparte.

Les Jardins suspendus de Babylone : un chef-d'œuvre romantique
Quittons l'Égypte un moment pour nous rendre à Babylone, cité puissante située dans la région où naquirent l'écriture et les premières civilisations : la Mésopotamie.
Contrairement aux premières idées des archéologues, les célèbres Jardins suspendus ne furent pas construits par la reine mythique Sémiramis mais par le puissant roi Nabuchodonosor II. C'est en effet en 600 av. J.-C. qu'il les fit aménager par amour pour sa femme Amytis, fille du roi des Mèdes, afin qu'ils lui rappellent la végétation des montagnes verdoyantes de son pays d'origine.
Ce jardin botanique émerveillait les voyageurs par ses plantes mais aussi par l'ingéniosité des constructions : il était composé de plusieurs terrasses superposées, chacune soutenue par des piliers de brique et raccordées entre elles grâce à de beaux escaliers de marbre. Des vis hydrauliques reliaient l'eau de l'Euphrate aux plantes afin de les irriguer. Tant de beauté fait rêver, non ?
Malheureusement, cette Merveille n'existe plus aujourd'hui et il n'en reste plus que les fondations.

Le Temple d'Artémis à Ephèse : sanctuaire prestigieux
Situé en Asie Mineure dans l'ancienne ville d'Éphèse, le « Temple d'Artémis » (ou « Artémision ») fut d'abord un petit temple primitif de 8 colonnes sur 4 construit au VIIIe siècle av. J.-C. par les Grecs, installés dans la ville depuis plus de 300 ans.
Reconstruction et destruction du temple
Motivé par la promesse de butin, Crésus, le roi de Lydie, s'empara d'Éphèse en 560 av. J.-C. et rasa une multitude d'édifices, y compris l'Artémision. Passionné par la civilisation grecque, Crésus offrit beaucoup d'argent et fit édifier un nouveau temple consacré à la déesse de la chasse, dont il confia la construction aux architectes Chersiphron, Métagenète et Théodoros de Samos. Ce fut un temple plus vaste entièrement fait de marbre, dont les 127 colonnes étaient sculptées selon l'art grec et oriental. Malheureusement, ce magnifique monument fut incendié le 6 juillet 356 av. J.-C. par un malade mental du nom d'Hérostrate, qui voulut simplement se rendre célèbre en agissant ainsi.
Sous l'ordre d'Alexandre le Grand, les habitants d'Éphèse et des cités voisines cotisèrent afin d'entreprendre une nouvelle fois la construction de l'Artémision. Celui-ci avait des proportions gigantesques et des colonnes parées d'or. Son intérieur était recouvert de scènes à caractère mythologique. Il fut finalement détruit en 263 av. J.-C. et ses pierres furent réutilisées, notamment pour la construction de l'église Sainte-Sophie à Constantinople.

La Statue de Zeus à Olympie : une œuvre majestueuse
Rendons-nous à présent de l'autre côté de la mer Égée, dans la ville d'Olympie située en Grèce antique, là où a existé la 4e Merveille : une immense statue du roi des Dieux grecs.
Cette œuvre fut commandée en 430 av. J.-C. au plus célèbre sculpteur de l'époque, Phidias, ainsi qu'à son demi-frère Panainos. Leur tâche était de décorer un superbe temple récemment achevé qui accueillait tous les 4 ans les fidèles de Zeus venus l'adorer lors des Jeux d'Olympie.
Les visiteurs étaient transportés d'admiration devant cette statue d'environ 13 m de haut. Son corps était tout d'ivoire fait et des feuilles d'or constituaient son drapé, ses cheveux, sa barbe et ses sandales. Quant au trône, il était fait d'ivoire et d'ébène incrusté de pierreries.
Cette statue appartint au Temple d'Olympie pendant 900 années, au terme desquelles l'Empereur romain d'Orient Théodose II la fit transporter dans son palais. Elle fut détruite lors d'un incendie qui ravagea le palais en l'an 45 de notre ère.

Le Mausolée d'Halicarnasse : tombeau royal
Nous voici de retour en Asie Mineure dans l'ancienne ville d'Halicarnasse, fondée par les Grecs. Le roi de l'époque, Mausole, ainsi que sa femme Artémise en avaient fait leur capitale et décidèrent d'y faire édifier leur tombeau. Cette charge fut confiée aux architectes Satyros et Pythéos. À la mort de son mari, Artémise demanda aux artistes les plus connus de son temps de sculpter des frises sur le monument. Le sépulcre fut achevé à la mort de la reine, 3 ans plus tard. Ce tombeau était exceptionnel autant par ses dimensions que par sa beauté : il atteignait 45 m de hauteur, possédait de nombreuses frises sculptées dans la pierre et 36 colonnes supportaient un toit en forme de pyramide surmonté d'une statue de marbre.
Le Mausolée fut régulièrement entretenu jusqu'au XIVe siècle, époque pendant laquelle un terrible séisme eut lieu. Au XVe siècle, les chevaliers de l'Ordre de Malte envahirent le pays et réutilisèrent les pierres du monument pour construire une forteresse. En 1522, il ne restait plus aucune pierre.
Toutefois, des fouilles archéologiques acharnées furent entreprises par les Anglais en 1857. Grâce à eux, nous pouvons aujourd'hui admirer des vestiges du Mausolée au British Museum.

Le Colosse de Rhodes : géant de bronze
Restons en Asie Mineure, cette fois dans la riche et puissante cité de Rhodes.
Attiré par les richesses de cette ville, Démétrios, fils du roi de Macédoine, tenta de l'assiéger mais fut vaincu. Pour fêter leur victoire, les Rhodiens voulurent édifier une statue à l'effigie d'Apollon-Hélios, le dieu Soleil. Ce travail revint au sculpteur Charès de Lindos qui acheva son œuvre au bout de 12 ans de travail. Cette statue, entièrement constituée de bronze, atteignait 50 m ; le dieu portait une couronne et tenait un flambeau dans son bras levé (cela ne vous rappelle rien ?).
Cette Merveille ne tint debout qu'une soixantaine d'années, car vers 225 av. J.-C., un séisme la brisa aux genoux. Les morceaux de bronze gisèrent autour du socle pendant plus de 800 années, au bout desquelles des marchands arabes s'en emparèrent afin de les vendre.
Une vieille légende raconte qu'il fallut 900 chameaux pour transporter les 20 tonnes de bronze qui constituaient le colosse.

Le Phare d'Alexandrie : guide des marins
Nous voici de retour en Égypte, plus précisément sur l'île de Pharaos située en face du port d'Alexandrie.
En 323 av. J.-C., à la mort d'Alexandre le Grand, le général Ptolémée Sôter arriva au pouvoir et fit d'Alexandrie sa capitale.
L'Égypte étant un lieu d'échanges commerciaux, beaucoup de navires se rendaient au port d'Alexandrie mais avaient parfois du mal à en voir l'entrée.
C'est alors sous l'ordre de Ptolémée, en 290 av. J.-C., que Sostrate de Cnide construisit une impressionnante tour de 135 m, au sommet de laquelle un grand feu était entretenu jour et nuit pour guider les navigateurs.
Certains récits arabes racontent que le Phare possédait 3 étages : un carré à sa base, un octogonal puis un cylindrique à son sommet.
Après avoir subi plusieurs tremblements de terre, le Phare finit par s'écrouler au XVe siècle. Les fouilles sous-marines qui commencèrent en 1994 permirent de retrouver des blocs de pierre et des statues qui ont appartenu au Phare.
Conclusion : trésors de l'Antiquité
Ainsi se termine notre voyage à travers les civilisations au cours duquel nous avons percé le secret des 7 Merveilles de l'Antiquité.
Pour finir, je vous invite à débattre sur ces questions : Quelle est la Merveille que vous préférez ? Quelle est, selon vous, la 8e Merveille du Monde ? (à part vous bien sûr :-)))