
Les profits de l'industrie pharmaceutique passent avant la santé publique : quatre jours avant Noël, tel est le message qu'ont livré aux millions de malades des pays pauvres les 144 membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Le 20 décembre 2002, au terme de trois jours de négociations, leur réunion de Genève s'est conclue sur un constat d'échec. « L'esprit de Doha » et l'espoir qu'il avait suscité sont remis en cause.
Accord de Doha 2001 : la santé avant les brevets
C'est en effet à Doha (Qatar), en novembre 2001, que les 144 pays membres de l'OMC avaient dû reconnaître la primauté du droit à la santé publique sur celui des brevets. La conférence avait alors précisé que rien n'empêchait « les États membres de prendre des mesures pour protéger la santé publique, en particulier contre le VIH, la tuberculose, le paludisme et d'autres pandémies ». Les pays en développement, disposant de leur propre industrie, pouvaient faire valoir une dérogation (la licence obligatoire) pour fabriquer des copies de médicaments pour leur usage national.
Cependant, la conférence de Doha avait renvoyé à fin 2002 la question de l'importation de médicaments génériques pour les pays dépourvus d'industrie pharmaceutique, soit l'immense majorité des pays en développement (120 sur 133). À Genève, c'est un espoir déçu que les pays riches leur ont signifié. Les États-Unis, qui ont opposé leur veto au texte soutenu par les 143 autres pays, ont prétexté qu'il n'était pas suffisamment précis sur les maladies concernées et pourrait conduire à y inclure des maladies non transmissibles, telles que le diabète et l'asthme.
Pourquoi les laboratoires défendent leurs intérêts financiers
En réalité, Washington cherche à limiter les possibilités d'extension du système à des maladies qui génèrent des profits beaucoup plus élevés pour les laboratoires.
Accès aux trithérapies en Afrique : l'urgence sanitaire
En Afrique, la plupart des malades du sida n'ont pas accès aux trithérapies, trop coûteuses. La contamination mère-enfant par le virus, qui a chuté dans les pays riches, continue de sévir dans les pays en développement.
Agir pour l'accès aux médicaments génériques
Tous les militants pour un accès des malades des pays pauvres aux médicaments génériques ont dénoncé ce manquement aux promesses ! Restons tous mobilisés.
Pharmaciens Sans Frontières, qui œuvrent en redistribuant des médicaments collectés dans nos pharmacies, ont hélas encore bien du travail sur le terrain (Irak, Côte d'Ivoire...).