
Le nazisme, ou national-socialisme, appartient à la famille des régimes fascistes. Il ne se résume pas à un simple nationalisme dont le révisionnisme anti-versaillais serait la principale manifestation. Il n'est pas non plus uniquement anticommuniste. Le nazisme se définit avant tout par une idéologie raciste et antisémite, qui exalte le peuple allemand vaincu.
Adolf Hitler (1889-1945) fonde le N.S.D.A.P. (Parti national-socialiste des travailleurs allemands, en abrégé « nazi ») en 1920 et définit son programme politique dans Mein Kampf en 1924. La progression électorale du N.S.D.A.P. est favorisée par le soutien du patronat allemand, qui craint une révolution communiste, et par la dépression économique des années 1930 qui aggrave les difficultés sociales.

La propagande nazie : un outil de manipulation massive
Le nazisme est diffusé et renforcé par une propagande effrénée. Les classes moyennes, la paysannerie, mais aussi une partie des ouvriers — victimes du chômage — adhèrent au slogan : « Allemagne, réveille-toi ! » lancé par Hitler en 1930. Par la violence des sections d'assaut (S.A.) et une légalité de façade, Hitler convainc les électeurs en stigmatisant les ennemis de l'Allemagne : les Juifs, les bolcheviks et le « diktat » versaillais.
Le N.S.D.A.P. devient le premier parti politique allemand en 1932 et Hitler est nommé chancelier le 30 janvier 1933. C'est la fin de l'expérience républicaine et démocratique en Allemagne. La propagande était entretenue à travers tout le pays, avec des affiches antisémites, des cours à l'école renforçant la haine contre le judaïsme et le communisme, des interdictions d'entrée dans les lieux publics pour ces personnes, et pire encore, des camps d'extermination et de concentration destinés aux prétendus « détracteurs de l'Allemagne ».

Le régime totalitaire nazi
Le N.S.D.A.P. devient le parti unique. Il organise la terreur politique assurée par les S.A., puis les S.S., supprime les libertés publiques et individuelles, et met en place une législation antisémite. Le parti-État dirige également la mobilisation économique : politique volontariste de grands travaux et organisation du réarmement de l'Allemagne en dépit des contraintes versaillaises. La mobilisation passe par l'adhésion forcée aux organisations nazies de la jeunesse et au N.S.D.A.P. Le culte de la personnalité renforce encore le caractère totalitaire du national-socialisme. En conclusion, une pensée unique s'imposait, enfermant le peuple allemand et le poussant à commettre des atrocités portant atteinte à la dignité humaine.