
Les insultes de son mari résonnaient encore dans ses fines oreilles d'à peine 25 printemps lorsqu'Allel sortit du tribunal. Ses talons claquaient dans le couloir marbré sans même que le rabbin qui jugeait ne l'entende. Il était un peu sourd. Refusé, son divorce ! Alors que son corps était marqué par les coups, bleu, meurtri, cédant sous ce monstre qu'elle avait eu l'erreur d'épouser ! Alors que son fils, à 5 mois, avait failli trouver la mort, lui aussi, sous la main meurtrière de son père ! Allel sanglota en silence, se hâtant pour échapper aux regards mesquins des hommes. Elle entra dans sa maison, claqua la porte derrière elle et se jeta sur son lit pour pleurer. Quelques heures plus tard, les yeux secs mais le cœur à vif, elle s'endormit enfin.
Il était tard lorsque son mari la réveilla en la secouant. Elle ouvrit ses yeux rouges et bouffis de chagrin. Sa voix était rauque :
— Quoi ?
— Tu deviens encombrante, Allel. Vraiment encombrante. Je ne vais pas pouvoir te garder.
Une vague d'espoir s'engouffra dans le cœur de la jeune femme. Un espoir sans doute illusoire, mais...
— Je me suis trouvé une autre femme. Je vais aller vivre avec elle.
Il y avait une fausse note...
— Désormais, je t'interdis de sortir, ainsi que de recevoir des hommes.
— Mais...
— J'ai déjà déclaré cela au tribunal. Je pars avec ma nouvelle femme dès ce soir.
Et il partit avec ses affaires, laissant derrière lui une tonne de questions et une haine brusque.
Depuis deux ans, Allel essaie d'obtenir le divorce. Elle a dû arrêter son travail de journaliste, ne reçoit pas d'argent de son mari qui, lui, par contre, se sert de ses biens pour couvrir ses dettes. Entretenue par ses parents, elle ne peut même plus voir son fils. Et ce tribunal, ces rabbins en lesquels elle a fini par ne plus croire, elle n'a toujours pas réussi à les émouvoir.

Pourquoi le divorce est-il impossible sans l'accord du mari ?
Bonne nouvelle pour tous ceux qui s'alarment : Allel n'existe pas ! Mais des femmes bien réelles, en Israël, souffrent de cette situation. Il n'existe pas de mariage civil et l'union dépend des lois religieuses. D'ailleurs, si vous êtes athée ou d'une autre religion, vous devez vous marier dans un autre pays et revenir faire enregistrer le mariage ! Quant aux lois, elles sont d'arrière-garde : le divorce n'existe que si le mari est d'accord, bien entendu.
Certaines femmes vont jusqu'à acheter le divorce de leur mari. Mais là encore, il ne faut pas conserver soi-même son argent, car le mari a le droit de le prendre ! Il a beaucoup de droits, en fait. Il peut battre sa femme à volonté, elle lui appartient. Toutes les femmes avec qui il est marié lui appartiennent. Car monsieur peut être polygame ! Devinette : combien peut-il avoir de femmes au maximum ? Une ? Trois ? 800 ?
Plus d'infos : France 5

Droits des femmes en Israël : un combat inachevé
Tout cela me fait penser à une rumeur qui m'avait été rapportée, qui disait que dans un certain pays, un homme pouvait répudier sa femme par SMS (vive les nouvelles technologies !) ou en lui répétant trois fois qu'il ne voulait plus d'elle. Quant aux femmes voilées ou opprimées, il serait trop long d'en faire la liste. Je vais finir par croire que les droits de la femme ont encore du chemin à faire...