
Le 21 avril 2002, le choc a été total à l'annonce des résultats du premier tour des élections présidentielles. J'ai dû surmonter une forte envie de vomir en découvrant les têtes des deux individus susceptibles de nous gouverner pendant les cinq prochaines années.
Vint ensuite la stupéfaction d'apprendre le taux d'abstention, le plus élevé depuis la naissance de la Cinquième République avec 28,5 %.
Mais finalement, ce qui me trouble le plus, c'est la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour. Je m'attendais à un score élevé, mais je n'aurais jamais imaginé cela : avec 17,2 % des voix, il prouve qu'il représente une menace réelle pour la démocratie. Cela révèle aussi une réalité dérangeante sur l'état de notre société.
Ajoutez à cela les voix de tous les électeurs d'extrême droite qui ont également voté pour Bruno Mégret et qui reporteront leurs suffrages sur le Front national au second tour.
Environ deux heures après l'annonce, tout bascule dans cette soirée qui a déjà tout d'une catastrophe : Lionel Jospin se retire de la vie politique. Deuxième choc de la soirée. Une question me turlupine : est-ce cela qu'on appelle un choix, entre deux candidats de droite ?
Sans compter l'inquiétude qui s'installe : et si jamais… ? Si jamais il était élu, qu'adviendrait-il de tous les immigrés ? Je ne peux concevoir cette idée, ni imaginer ce que cet homme serait capable de faire s'il accédait au pouvoir.
Mobilisation générale contre l'extrême droite
Mes amis, c'est notre heure, notre mai 68 à nous. Mobilisons-nous pour dire NON ! NON au fascisme, NON au racisme, NON à l'antisémitisme, NON à l'homophobie, NON à l'intolérance et à l'ignorance qui menacent notre démocratie.
Mobilisons-nous, tout n'est pas perdu ! Allons défiler, n'ayons pas peur d'afficher nos idées, crions haut et fort notre révolte contre ce parti capable de faire s'écrouler la Cinquième République et d'amener haine et malheur dans notre pays.
Comment agir avant le second tour
Certes, la France a trébuché, mais il ne tient qu'à nous de relever la tête, de nous serrer les coudes et de revendiquer nos opinions.
Tout d'abord en allant manifester : nous disposons de quinze jours pour nous faire entendre. Passé ce délai, il sera trop tard. C'est maintenant qu'il faut agir. Puis le dimanche 5 mai, allons voter ! Même si l'alternative n'est pas idéale, elle défend la démocratie et la République.
Mes amis, entendez mon appel : ne nous laissons pas imposer un régime fasciste. Réagissons, d'une seule voix, et nous vaincrons cette menace afin que tout ceci, dans quinze jours, ne soit plus qu'un mauvais souvenir.