
Comment fonctionne le droit de veto à l'ONU ?
Cette année, j'ai appris en cours d'histoire le fonctionnement de l'Organisation des Nations Unies, ou ONU. Ce que j'ai retenu, c'est que les deux grandes filières de l'ONU sont l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité. Intéressons-nous au second : celui-ci sert à discuter des résolutions à prendre pour rendre le monde plus sûr. Il est composé d'une quinzaine de membres dont 5 membres permanents : la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France et les États-Unis. Ces cinq membres disposent d'un droit de veto. Voilà pour le cours sur l'ONU.
Pourquoi le veto français est-il critiqué par les États-Unis ?
Je trouve honteux que le président Bush parle de la France en la qualifiant de responsable des divergences politiques du monde. La France a totalement le droit d'utiliser son droit de veto, tout comme la Russie ou la Chine. Par contre, il n'est écrit nulle part dans la Charte des Nations Unies, établie en 1945 à la conférence de San Francisco, que les États-Unis disposent d'un droit de « contre-veto ».
La politique de Bush : un danger pour la paix mondiale ?
Le gouvernement américain commet une énorme erreur et rend l'ONU inutile. Quel est le danger aujourd'hui ? Saddam Hussein ou G. W. Bush ? Saddam Hussein est un dictateur, très dangereux. Mais dangereux pour qui ? Je ne me suis jamais senti agressé par l'Irak personnellement. Saddam opprime son peuple, et seuls les Irakiens peuvent se sentir en danger. D'où la nécessité d'un désarmement pacifique : en bombardant l'Irak, je ne pense pas que Saddam soit vraiment atteint. En revanche, cette situation dramatique fait du peuple irakien une population encore plus en détresse.
À l'inverse, Bush représente un danger pour les populations d'aujourd'hui comme celles du futur. Ce n'est pas parce que les États-Unis ont sauvé le monde du troisième Reich qu'ils doivent le remplacer.
Guerre froide : le souvenir de l'équilibre nucléaire
Il était un temps où il existait deux grandes puissances : les États-Unis et l'URSS. Chaque puissance possédait la bombe atomique et se menaçait l'une l'autre, avec la pose de fusées nucléaires à Cuba par exemple.
L'URSS et les USA menaient une politique visant à rallier le plus de nations de leur côté (le plan Marshall, l'OTAN, ou le pacte de Varsovie et le COMECON). Les tensions étaient tellement fortes que le monde retenait son souffle, par peur d'une Troisième Guerre mondiale, nucléaire celle-là.
Heureusement, ces tensions se sont affaiblies. Mais le climat politique était tel que les États-Unis n'osaient pas intervenir quand l'URSS a envahi la Hongrie.
Guerre en Irak : une nouvelle forme de colonisation ?
Aujourd'hui, il ne reste qu'une puissance : les USA. Cette puissance, qui avait critiqué la France et l'Angleterre lors de la colonisation africaine, reproduit le même scénario aujourd'hui.
Soyons sincères : je ne pense pas que les USA vont en Irak pour sauver un peuple à l'agonie. Les États-Unis veulent s'assurer une indépendance énergétique. La politique de colonisation de la France et de l'Angleterre était très critiquable, des millions d'Africains se sont fait exploiter. Le problème, c'est qu'aujourd'hui nous sommes au 3ème millénaire.
N'a-t-on pas dit qu'il ne faut jamais refaire les mêmes erreurs ?
J'ai l'impression que cette phrase est utopique. Elle a été prononcée après la Première Guerre mondiale : « PLUS JAMAIS ÇA ». Malheureusement, on a mal compris ces trois mots et cela a abouti à la Seconde Guerre mondiale.
Guerre en Irak : les citoyens ont-ils leur mot à dire ?
Heureusement que nos chefs d'État ne s'appellent pas tous Bush, Blair, Hussein ou Kim Yong Nam. Heureusement que certains gouvernements ont évolué en cinquante ans. Sinon, le monde serait déjà en proie à une guerre nucléaire. Une guerre nucléaire serait catastrophique pour l'humanité.
Maintenant, il faut choisir : la paix ou la guerre. Mais peut-on réellement choisir ?

Avons-nous réellement le choix ? Si le peuple élit un président, c'est pour que celui-ci représente son opinion. En France, nous n'avons pas ce problème : M. Chirac représente très bien les Français (étant 100% à gauche, je ne pensais pas dire cela un jour).
Malheureusement, ce n'est pas le cas pour tous les États européens. Si l'attitude de Bush est impardonnable, celui-ci a au moins le respect de représenter la majorité de l'opinion américaine. Mais l'attitude de Tony Blair et du gouvernement espagnol est d'autant plus critiquable : comment peut-on aller à l'encontre de son propre peuple ? 60 % d'Espagnols sont contre la guerre.
L'avenir du monde se décide entre les mains d'un homme et de ses quelques pantins. C'est d'autant plus regrettable quand on se rappelle que Bush a été élu alors qu'il avait moins de voix qu'Al Gore. Une guerre aurait pu être évitée si le système électoral américain était différent.
Robin Cook l'a très bien rappelé lors de son discours à la Chambre des communes. D'ailleurs, je vous invite à l'écouter — il est qualifié d'historique par les Anglais.
Les promesses non tenues de l'intervention américaine

Ce matin, j'ai entendu le discours du président américain. Je trouve ironique, voire comique, quand Bush demande aux soldats irakiens de ne pas se défendre et de ne pas brûler les puits de pétrole (je pense que le président américain demande de ne pas brûler ces puits en raison de la pollution que ceux-ci dégageraient, bien sûr nous ne doutons pas de la franchise de M. Bush 😉).
Quand celui-ci explique que les États-Unis s'occuperont de nourrir, soigner et reconstruire l'Irak, cela me dégoûte encore plus. Je ne crois pas aujourd'hui que l'Afghanistan ait été libéré du régime qui le terrorisait : les femmes sont toujours obligées de cacher le moindre bout de peau, des enfants meurent de faim, manquent de soins. Là aussi, les États-Unis avaient promis de reconstruire le pays.
Rappelons aussi que la précédente guerre menée en Irak a causé des centaines de milliers de morts.
Qui va payer les dégâts ? Est-ce réparable ? Je ne pense pas qu'un fils tué par l'explosion d'une bombe puisse être remplacé.
Faut-il craindre une guerre nucléaire ?

Aujourd'hui, j'ai peur :
J'ai peur quand j'entends l'homme le plus puissant du monde comparer la guerre à un jeu.
J'ai peur quand je vois Saddam rigoler en apprenant que son pays va être attaqué, affirmant que les États-Unis feront leur dernière guerre.
Doit-on vraiment craindre une guerre nucléaire ? Et si l'Irak s'alliait avec la Corée du Nord ? Rappelons que nous sommes sûrs que la Corée du Nord possède des armes de destruction massive et que ce pays est soumis à une dictature encore plus oppressante et plus armée que l'Irak.
Cette agression américaine ne sera-t-elle pas à l'origine d'événements encore plus meurtriers que l'attaque du World Trade Center ?
Je ne sais pas. Peut-être que nous sommes très loin d'une telle catastrophe, mais ce qui est indubitable, c'est que nous nous en approchons de jour en jour.
Je finis sur une phrase d'Albert Einstein (qui livra la bombe atomique à Truman, pour la petite anecdote) :
« Il existe deux choses infinies : l'univers et la bêtise humaine, mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue. »