
Le ministre de la Santé a présenté mercredi six films, huit spots radio et des encarts pour la presse écrite dans le but d'informer les jeunes sur les effets néfastes du cannabis. Cette initiative s'inscrit dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les drogues illicites, le tabac et l'alcool. Cette campagne, dont l'objectif est d'informer sans diaboliser le cannabis, est une première en Europe.
Idées reçues sur le cannabis : séparons le vrai du faux
Depuis 1990, la consommation des jeunes a doublé et les adolescents banalisent de plus en plus cette drogue. Ils fument donc de plus en plus tôt (leur premier joint à 15 ans). Résultat : le shit se situe à présent chez les ados au même niveau que l'alcool. La France ouvre les yeux : le cannabis est une réalité. Elle commence par clarifier certaines idées reçues, notamment à travers ces spots qui sont des témoignages de fumeurs de cannabis.
« Avec le cannabis je me sens super bien »
... C'est sans compter les bad trips qui comportent des risques d'intoxication aiguë. Entre nausées, idées noires, tremblements, pertes de mémoire, spasmes, hallucinations, crises d'angoisse, vertiges, maux de tête et vision trouble, on ne se sent pas si bien que ça.
« Le cannabis, c'est pas vraiment une drogue »
Il y a dépendance, donc c'est une drogue. L'organisme trouvant un certain équilibre avec le cannabis, sans fumer il se retrouve en état de manque. Il s'agit surtout d'une dépendance psychique qui peut se traduire par des idées obsédantes (« j'ai besoin de fumer », « il faut que j'arrête ») ou une échappatoire aux difficultés (« avant de dormir... un joint ! », « avant d'aller à l'école... un joint ! »). On devient dépendant sans le savoir et on a besoin d'une dose de plus en plus importante pour ressentir son effet.
« Avec le cannabis, on comprend tout »
Le cannabis peut entraîner des difficultés de concentration, des difficultés scolaires, des risques d'isolement, de marginalisation, mais aussi d'importantes pertes de mémoire. Si on a l'impression sur le coup de mieux comprendre, on oublie par la suite, donc « on imprime rien ».
« Avec le cannabis, on se fait plein d'amis »
L'isolement social est une autre des conséquences du cannabis. Repli sur soi, perte de motivation : on n'a plus envie de sortir de chez soi, et nos vrais amis nous laissent tomber.

Aide et soutien : ligne d'écoute et centres spécialisés
Pour accroître l'efficacité de cette campagne, une ligne gratuite Écoute Cannabis a été mise en place pour répondre aux questions. De plus, 220 centres de consultation cannabis ont été créés un peu partout. Ces consultations, évidemment anonymes et gratuites, permettront aux jeunes d'évaluer leur situation face au cannabis.
Des films, des spots radio, des encarts accompagnés d'une information personnalisée, de l'écoute et de l'aide fournies aux jeunes pour arrêter... Cette campagne aboutira-t-elle ? Il est trop tôt pour le savoir, mais on ne pourra plus accuser le gouvernement de passivité.
Écoute Cannabis : 0 811 91 20 20
Retrouvez tous les spots sur le site de l'INPES.