
Le 14 février 2005, l'ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri était assassiné dans un attentat à Beyrouth. La nouvelle de cet horrible crime a touché chaque Libanais. Des milliers de personnes pleurent sa mort atroce. Pourquoi lui ? Qui sont les responsables de ce crime ?

Comment s'est déroulé l'attentat du 14 février 2005 ?
En ce jour de la Saint-Valentin, l'ambiance au Liban, assez paisible pendant la matinée, s'est transformée en un cauchemar pour toute la population libanaise. À 12h55, une explosion énorme a changé le futur du pays. Selon les spécialistes, cette explosion était due à une voiture piégée placée près de l'hôtel St-Georges à Beyrouth, remplie d'au moins 350 kilos d'explosifs.
Rafiq Hariri prenait le café à l'hôtel St-Georges avec quelques-uns de ses collègues de l'opposition, très peu de temps avant la terrible explosion. Le martyr libanais, sorti de l'hôtel et à peine installé au volant – il était tellement modeste qu'il refusait d'être conduit par un chauffeur – fut projeté à 60 mètres à cause de la force de l'explosion. Il a été retrouvé brûlé, mort.

Pourquoi Rafiq Hariri a-t-il été assassiné ?
Pour ceux qui ne suivent pas l'actualité libanaise, quand je parle de l'opposition ici, il s'agit de l'opposition à la présence de troupes militaires syriennes au Liban – près de 14 000 soldats syriens, sans compter les employés syriens. Le problème majeur est que la présence de ces troupes militaires permettait à la Syrie de prendre des décisions contre le gré de la population libanaise pendant les élections. Le peuple libanais n'était donc pas « tout à fait » libre de choisir ses députés, donc ses ministres, c'est-à-dire tout son gouvernement.
Quelques mois plus tôt, une décision de l'ONU avait été prise pour que toutes ces troupes se retirent du territoire libanais. Pourtant, aucune d'entre elles ne s'est retirée des terres libanaises : la résolution n'a pas été respectée.
La famille Hariri a décidé que le deuil soit populaire. Si des membres du gouvernement souhaitaient, de leur part, visiter la famille du défunt, ils devaient le faire en tant que proches.
L'héritage de Rafiq Hariri pour le Liban
Le Premier ministre Hariri aimait le Liban avec passion. Il croyait en le peuple libanais, avait confiance en lui, en ses valeurs, en ses ambitions. C'est pourquoi il a partagé sa fortune avec tout le Liban, dès ses débuts professionnels. Je rappelle à ceux qui ne le savent pas que le martyr Hariri était l'une des personnes les plus riches du Moyen-Orient et même du monde.
Il a construit des hôpitaux, des écoles, une grande université au Liban et a reconstruit tout le centre-ville de Beyrouth – croyez-moi, c'est redevenu encore plus beau qu'avant que la guerre ne commence. Il a offert à plus de 35 000 étudiants des bourses pour des universités à l'étranger – presque tous sont devenus docteurs, ingénieurs et avocats.
Et il y a même plus : Rafiq Hariri a toujours entendu les plaintes de la population libanaise, il lui a toujours tendu les mains, toujours combattu pour le Liban qu'il aimait passionnément, jusqu'à la mort.

La colère et la solidarité du peuple libanais
Le jour de son enterrement, des centaines de milliers de Libanais descendirent dans les rues de Beyrouth, pleurant leur martyr. Cette catastrophe a pourtant montré la solidarité des Libanais, qui se sont tous réunis lors de cette occasion funèbre. On pouvait entendre le son des cloches des églises, et la voix de l'imam qui appelait les musulmans à la prière. Le Liban, qui venait de sortir de la guerre civile, a montré que malgré ses 16 confessions différentes, son peuple reste solidaire.

Beaucoup de personnalités politiques ont demandé qu'une enquête internationale ait lieu pour découvrir l'identité de ceux qui sont responsables de ce crime épouvantable… Pourtant, certains pensent déjà les connaître.
Je dédie cet article à tout le peuple libanais… À tous ceux qui aiment le Premier ministre Hariri…