
Témoignage : la vie quotidienne à Singapour face au SARS
On en parle beaucoup, comme la guerre en Irak, à chaque journal télévisé... Enfin moi, ça m'oblige à rester chez moi, mon lycée est fermé depuis plus d'une semaine. On aurait pu en profiter, il fait beau, c'est presque les vacances... Sauf qu'on a du boulot par internet et que les profs n'hésitent pas à en mettre. À presque deux mois du bac, on n'a pas le choix !
En tout cas, ici, à Singapour, ça devient un peu la psychose : certaines personnes portent des masques, on entend dire qu'ils sont même en rupture de stock. Mais comme toutes les écoles sont fermées, il y a du monde partout, les gens se retrouvent quand même, alors qu'il faut justement éviter les lieux publics. C'est difficile de ne pas se laisser tenter et de ne pas profiter de ce congé forcé.
Du coup, on se retrouve entre nous, persuadés qu'on ne craint rien, parce que, en plus, ça n'arrive toujours qu'aux autres, n'est-ce pas ? C'est le manque d'information ? Le manque de sérieux par rapport à la situation ? Je ne sais pas, mais en tout cas, on s'inquiète sans vraiment s'inquiéter... difficile d'arrêter de vivre normalement sous prétexte qu'un virus dont on ignore à peu près tout se balade.
Comment se propage le virus du SARS ?
Ce SARS (Severe Acute Respiratory Syndrome) se propage vite, et bien. À Hong Kong, les 237 habitants d'un immeuble ont été contaminés, puis isolés. Alors là, on commence un peu à paniquer ! On pensait que le virus se transmettait par contact, mais apparemment il peut aussi se propager par l'eau, ou même l'air ambiant ! Personne n'est à l'abri donc...
Quelle est l'origine du SARS ?
Le SARS aurait certainement une origine animale, et maintenant qu'une équipe de l'Organisation Mondiale de la Santé se trouve en Chine, à Guangdong, le foyer du virus, on espère en apprendre un peu plus. Le gouvernement chinois, lui, ne semble pas trop s'inquiéter, ou bien réagit un peu tard ! Après avoir interdit l'entrée de Guangdong à l'OMS, il tente maintenant de rassurer sa population par des paroles ô combien rassurantes : « Pendant un moment, 60 à 70 cas par jour se déclaraient à Guangdong. Aujourd'hui, on en est à un peu moins de 10 », affirme le ministre chinois de la Santé. Super rassurant tout ça... Surtout que le virus a tué 46 personnes et a infecté 1 190 personnes en Chine, soit plus de la moitié des cas recensés dans le monde !
Recherche d'un test de dépistage du SARS
À Singapour et Hong Kong, les chercheurs espèrent trouver un test de dépistage, qui en plus pourra différencier le SARS des autres maladies présentant les mêmes symptômes. Mais cela prendra du temps, surtout que les laboratoires du monde entier n'arrivent pas à se mettre d'accord sur l'origine et la nature du virus ! Certains pensent que c'est un paramyxovirus (ne me demandez pas ce que c'est !), d'autres que c'est un coronavirus... et d'autres les deux ! Et pour trouver un remède efficace, ou un vaccin, il est indispensable de trouver l'origine du virus.
Quelles mesures de protection contre le SARS à Singapour ?
Alors pour se protéger, il faut faire de la prévention, et là, c'est plutôt difficile. Les gens soupçonnés d'avoir la maladie, ou de côtoyer des gens malades sont mis à l'écart. Par exemple, une infirmière, rentrant de l'hôpital où elle travaillait, a trouvé un gentil mot sur sa porte lui demandant de se laver avant de rentrer chez elle et de ne pas prendre l'ascenseur pendant 2 semaines... problème : elle est enceinte de 7 mois, et habite au 7ème étage !
Les bus ou les taxis ne s'arrêtent plus toujours à proximité des hôpitaux... Tout Singapourien voyageant en Thaïlande doit impérativement porter un masque sous peine de 6 mois de prison, d'amende, ou les deux ! Le gouvernement malais, qui déclare qu'aucun cas de SARS n'a été recensé, conseille aux Singapouriens travaillant en Malaisie de prendre leur congé annuel et de retourner chez eux ! Autre problème ici : plus de 50 000 Malais traversent le pont rejoignant la Malaisie à Singapour chaque jour ! Les membres d'une compagnie aérienne australienne ont le droit de refuser de s'embarquer à destination d'un pays infecté ! Et la liste d'anecdotes du même genre est longue...
Quelle attitude adopter face à l'épidémie de SARS ?
Difficile donc de savoir quelle attitude adopter, entre ces deux extrêmes : ne pas tenir compte du danger, profiter de la vie comme on l'entend, ou bien faire de « l'hyper protection ». Et là, à l'heure de la mondialisation, c'est plutôt l'isolement...
Bref, ils ont retrouvé un septième cas important aujourd'hui (les quatre premiers cas majeurs sont décédés), et on compte plus de 91 malades. Alors, en attendant de reprendre les cours (on ne sait pas trop quand !), bah on en profite du mieux qu'on peut, sans trop se prendre la tête et paniquer !