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Monde

La politique et le politique

Une réflexion sur la distinction entre politique et le politique, l'autorité légitime et le rejet ferme des attentats de Casablanca au nom de principes religieux et civiques.

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D'après le Petit Larousse, la politique désigne l'ensemble des pratiques, faits, institutions et déterminations du gouvernement d'un État ou d'une société. Selon le Petit Robert, le politique est une personne qui gouverne, qui exerce des responsabilités politiques. Voltaire affirme : « Le vrai politique est celui qui joue bien et qui gagne à la longue. » Un fin politique. C'est un politique, pas un militaire. Une personne qui sait gouverner autrui. R. Rolland écrit : « Il était trop franc et trop mauvais politique pour déguiser ce qu'il pensait. » Ce qui est politique (au XXe siècle) : le politique et le social. Benda déclare : « L'âge actuel est proprement l'âge du politique. »

Toujours selon le Petit Robert, le sens d'attentat est très précis : cet acte ne contient plus l'attribut de légitimité. Il s'agit d'une tentative criminelle contre une personne, en vue ou dans un contexte politique.

La déclaration divine par les religions célestes a fait les hommes égaux devant la loi ; le système métrique les a rendus égaux devant la mesure des choses : égalité métrologique. En choisissant un méridien terrestre pour étalon de mesure, les acteurs de la Révolution — savants et politiques — ont consacré la terre commune à tous les hommes comme mesure de toute chose.

Tout cela pour éclaircir ce qui possède l'autorité d'exercer la politique par le politique, car n'importe qui n'a pas la légitimité de l'exécuter.

Politique et religion : quelle légitimité ?

Nous sommes tous des musulmans, pourquoi donc instituer des cellules et des partis politiques ? Le jihad ? Quel jihad entre nous, les uns contre les autres ? Pour moi, le jihad s'accomplit contre l'âme, Satan, la dépravation et l'ennemi. Je ne crois pas à l'allégeance dans une autre voie ni à l'incitation au meurtre des musulmans.

Combattre le mal par la violence relève de la compétence du roi et non des particuliers. En Afghanistan et en Tchétchénie, les gens font leur jihad contre un occupant. Mais dans mon pays, il n'y a pas d'occupation. Le jihad s'accomplit en donnant ses biens ou son âme.

Les territoires occupés et la justice internationale

Ceuta et Melilla sont toujours occupées. La justice veut que la Grande-Bretagne soit plus forte que l'Espagne et que l'Espagne soit plus forte que le Maroc, donc ces deux derniers n'auront jamais leurs terres. Cette justice est fondée sur l'ombre de la force et non sur le respect du droit international qui vise à surveiller la loi de justice ultime. Quelle justice au nom de Dieu ? C'est ici que la nation doit faire le jihad en donnant ses biens ou son âme. Pour Dieu, la religion est l'islam et non la Salafiya. Si le courant de la Salafiya relève du néant, c'est qu'il est aussi un néant dans le néant.

L'autorité du souverain et le rejet de la violence

C'est à lui seul, le souverain du pays, Commandeur des croyants, de déclarer la guerre. Comme chaque musulman le sait, inciter à la vertu et déconseiller le mal fait partie de la religion, et la pratique est assujettie à la religion. Pour cela, recourir à la violence est confié aux autorités, et les autorités dépendent du roi.

Ce qui est arrivé — les attentats de Casablanca — est un crime crapuleux contre le pays et je le refuse sans réserve.

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bourane
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