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Monde

La pauvreté, un fléau mondial !

La pauvreté au Canada force des milliers de familles à des choix impossibles : se loger ou se nourrir. Découvrez les statistiques et les causes de ce fléau.

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La pauvreté est un fléau qui détruit les aspirations légitimes de milliers de personnes en limitant leur capacité à prendre une part active au développement de la communauté, que ce soit à l'échelle locale, régionale, provinciale, nationale ou internationale.

La pauvreté met en péril la santé physique et psychologique de la personne qui en souffre. Incapable de subvenir à ses besoins ainsi qu'à ceux de sa famille, la personne en situation de pauvreté doit faire face, quotidiennement, à des choix déchirants qu'aucun de nous ne devrait avoir à faire : donner des boissons sucrées à ses enfants parce que ça coûte moins cher que le lait, sauter certains repas pour étirer plus longtemps le contenu du garde-manger, négliger ses médicaments d'ordonnance parce qu'on ne peut se permettre de payer la franchise, etc.

On en vient finalement au choix dont Mel Hurtig a fait sien pour son dernier livre, dévastateur en ce qui a trait aux politiques gouvernementales : « Payer le loyer ou nourrir sa famille... ». On en est maintenant rendu là. Dégradant pour une société d'abondance comme la nôtre, non ?

Comment l'image de la pauvreté a évolué au Canada

Autrefois, lorsque nous parlions de pauvreté, la première image qui nous venait à l'esprit était celle du jeune Africain souffrant de malnutrition et de plusieurs maladies découlant de conditions déplorables. Aujourd'hui, à l'aube du XXIe siècle, l'image qui nous vient en tête est celle de milliers de personnes attendant l'ouverture d'une banque alimentaire ou d'une soupe populaire. Or, ces personnes ne demeurent pas en Afrique, en Amérique du Sud ou dans un quelconque pays en voie de développement, mais bien chez nous, au Québec, au Canada ou dans un autre pays supposément développé et riche !

Pour tous ceux et celles qui pourraient souffrir du syndrome « Pas dans ma cour » ou pour ceux et celles qui pensent que ça ne peut pas leur arriver, voici quelques faits sur la pauvreté au Canada, pourtant un pays très riche !

Statistiques sur la pauvreté au Canada : les chiffres clés

  • Pendant que, au cours des années 90, le nombre de familles canadiennes a augmenté de 6 %, on comptait 5 222 000 familles (17,5 % de la population) vivant dans la pauvreté en 1997, par rapport à 3 770 000 familles en 1990, soit une augmentation de 30 % !
  • Les Canadiens appartenant au 20 % le plus pauvre de la population ont connu une chute drastique de 31 % de leurs revenus depuis 1984. Le revenu personnel moyen a chuté de 7 % dans les années 90.
  • Plus des 4/5 (81 %) des femmes monoparentales avec au moins un enfant de 7 ans ou moins vivent dans la pauvreté.
  • Les Nations Unies, tout en observant que le nombre de banques alimentaires soit passé de 75 en 1984 à 625 en 1998, ont accusé le gouvernement fédéral et les provinces « d'avoir adopté des politiques... augmentant la pauvreté et le nombre de sans-abris parmi les groupes de la population les plus vulnérables pendant une période de grande croissance économique... »
  • De tous ceux qui bénéficient des banques alimentaires, 40 % sont des enfants. La plupart des adultes bénéficiant des banques alimentaires utilisent leurs maigres revenus pour payer leur loyer et sautent des repas. De plus, la plupart n'ont droit qu'à une seule visite à la banque alimentaire par mois et leurs revenus sont bien en deçà du seuil de la pauvreté.
  • Un rapport de l'UNICEF de 1996 démontre que, au prorata de sa population, le Canada compte le plus grand nombre d'enfants vivant dans la pauvreté parmi les 18 pays les plus industrialisés !
  • Le Canada se classe au 16e rang parmi les pays industrialisés pour le pourcentage de sa population vivant sous le seuil de la pauvreté établi par les Nations Unies. Quand on compare le revenu du 20 % le plus riche avec celui du 20 % le plus pauvre de la population, le Canada se classe au 25e rang pour sa performance au niveau du partage de la richesse.

Causes de la pauvreté : pourquoi la situation s'aggrave

Parmi les raisons pour lesquelles la pauvreté a augmenté au Canada, on peut compter les 15 ans de coupures budgétaires dans les services sociaux des gouvernements conservateur et libéral à Ottawa ainsi que le succès qu'a connu la campagne médiatique qui avait pour but de convaincre les Canadiens que nos programmes sociaux coûtaient trop cher et que si des personnes sont pauvres ou sans emploi, c'est leur faute.

Près de la moitié des familles à faible revenu ont un adulte qui travaille, mais elles demeurent à faible revenu parce que l'emploi est mal rémunéré ou l'adulte ne peut que dénicher des emplois temporaires ou à temps partiel. Entre 1975 et 1995, le revenu annuel des travailleurs à temps complet payés au salaire minimum a chuté de 25 % à 30 % dans presque toutes les provinces canadiennes. De tous ceux qui perdent leur emploi, moins de 40 % reçoivent des prestations d'assurance-emploi, comparativement à 80 % il y a dix ans.

Si le Canada, à l'instar des autres pays membres de l'OCDE, avait dépensé, annuellement, le même pourcentage de son Produit Intérieur Brut pour les programmes sociaux, l'investissement supplémentaire aurait été de 40,8 milliards de dollars pour une année seulement ! Chaque dollar supplémentaire investi pour éliminer la pauvreté chez les enfants pourrait nous faire économiser 7 $ en dépenses futures (soins de santé, services sociaux et services correctionnels).

Conclusion : agir contre la pauvreté

La pauvreté est un véritable fléau qui s'agrandit de jour en jour. Prenons conscience de ce fléau et luttons tous ensemble contre lui, mais surtout n'attendons plus de meilleurs lendemains.

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mattew.stone
Mattew Stone @mattew.stone
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