
Voilà mon île.
La Martinique : joyau de la Caraïbe, plus connue sous le nom donné par Christophe Colomb : Madinina, l'Île aux Fleurs.
Géographie de la Martinique : présentation rapide
- Chef-lieu : Fort-de-France
- Du Nord au Sud : 80 km
- De l'Est à l'Ouest : 39 km
- Nombre d'habitants : 400 000 (contre 200 000 en Corse !)
- Densité : 338 habs/km² (concentrés principalement dans trois villes : Fort-de-France, Schoelcher et Lamentin)
Les points culminants sont les pitons du Carbet (1 122 m) et la montagne Pelée (1 397 m), véritable légende volcanique...
L'éruption de la montagne Pelée : 8 mai 1902
Il y a plus d'un siècle, le volcan est entré en éruption. Le 8 mai 1902, on a dénombré 28 000 victimes, asphyxiées et brûlées par les nuées ardentes. Notre volcan a ainsi donné naissance aux éruptions de type « explosives », surnommées désormais de type « péléen ».
Ce volcan se situait près de l'ancienne capitale martiniquaise : Saint-Pierre, appelée aussi le « Petit Paris » ou la « Reine des Antilles ». Du fait des élections régionales et de la connaissance encore limitée des volcans à l'époque, les élus avaient exigé la présence de tous les habitants dans la ville.
Il n'y eut que deux survivants : Louis Cyparis et Léon Compère. Louis Cyparis était un prisonnier récidiviste placé en quarantaine sous terre dans un cachot. Il a longtemps été présenté dans le cirque Barnum comme le seul survivant de la cité de la mort. Alors qu'en moins de quatre minutes, toute la ville s'était effondrée sous les épaisses nuées ardentes, il était enfoui sous terre et subissait d'atroces souffrances à cause des fumées qui avaient pénétré.
Climat et paysages : entre Nord tropical et Sud paradisiaque
Côté nature, la Martinique est parfaitement équilibrée. L'île présente des reliefs radicalement opposés, permettant une diversité surprenante d'activités.
Le Nord de l'île est humide et boisé du fait de la montagne, ce qui réjouira les vacanciers avides de tourisme vert. Le Sud est plutôt sec, plat, semblable à de vastes déserts maghréens et parsemé de collines calcaires et de plages de sable blanc — davantage conseillé aux amoureux de paysages paradisiaques !
Malgré cela, la température moyenne avoisine 29 °C (entre 26 et 32 °C), ce qui est loin d'être désagréable.

Symboles et drapeau de la Martinique
Ici, il s'agit du drapeau « représentatif » de la Martinique. Pourquoi représentatif ? Simplement parce que nous sommes français : notre hymne national est la Marseillaise et notre drapeau est celui de la Métropole (même s'il est contesté par un groupe minoritaire indépendantiste, pour l'instant, rien n'a changé).
Nous avons donc un drapeau régional qui témoigne des crimes contre l'Humanité qu'ont subis les différentes ethnies occupant l'île : le génocide et l'esclavage des Amérindiens et la déportation des Noirs africains en Martinique. La symbolique du serpent est due au fait qu'il y en a beaucoup en Martinique, contrairement à la Guadeloupe qui n'en possède pas.
La Martinique aurait-elle charmé les serpents ? Est-ce l'île de la tentation ? Sans aucun doute...
Richesses économiques : banane, sucre et rhum
Enfin, plus besoin de présenter ce qui fait notre richesse économique... Non, non, on n'exporte pas de produits manufacturés... Non, non, tu ne trouveras pas le dernier modèle de PC qui n'est même pas encore sorti en Métropole, ni la dernière tendance de Versace... Tout ce que tu trouveras, c'est de la banane (qui se fait désirer sur le marché mondial), du sucre de canne et notre fameux rhum vieux...
Le Carnaval de Martinique : quatre jours de festivités
En ce qui concerne nos fêtes, elles sont à peu près les mêmes qu'en France métropolitaine, à l'exception de celle préférée par presque tous les Antillais : le Carnaval, qui se déroule pendant vos vacances d'hiver...
Quelle manifestation mieux que le carnaval peut rendre compte de la beauté et de la complexité du métissage culturel martiniquais ?
Il s'agit de quatre jours principaux : dimanche, lundi et mardi gras, et mercredi des cendres.

Dimanche gras
Des chars et les reines de chaque commune défilent dans les rues de la capitale.
Lundi gras : les mariages burlesques
On assiste à des mariages burlesques (inutile de vous dire que tous les hommes, quel que soit leur âge, se déguisent en femme — cela peut être troublant pour des âmes sensibles...).
Mardi gras : diables rouges et neg gro siwo
C'est le jour le plus important : tout le monde est habillé de rouge et de noir. Les diables rouges, les reines et les « neg gro siwo » défilent et font peur aux enfants.
En effet, les « neg gro siwo » (nègres gros sirop) sont des hommes légèrement vêtus et couverts de la tête au pied de sirop de couleur noire. Ils représentent les esclaves. Ils ont aussi un rôle judicieux, puisqu'ils empêchent les visiteurs trop curieux de s'approcher des chars. C'est une ruse de sécurité. Cependant, ils n'hésitent pas à vous toucher ou à vous jeter des sealets de sirop ! Beurk...
Vaval : le roi du Carnaval
Enfin, que serait le carnaval en Martinique sans LE Roi de la fête surnommé « Vaval » (énorme pantin) qui défile sur un char et est acclamé de tous ?
Pourtant, le lendemain soir, le mercredi des cendres (tous sont habillés en noir et blanc), Vaval est condamné au bûcher à la fin de son parcours victorieux près du Fort, à Fort-de-France. Ce jour-là, tous disent un grand « au revoir » au roi Vaval, dansent et chantent autour de lui qui crépite et se consume.
Mais pas de panique, Vaval renaîtra de ses cendres l'année suivante, toujours plus fort et victorieux pour le plaisir des yeux...

Car le Carnaval, c'est plus qu'une fête : c'est un véritable patrimoine culturel exprimé par un défoulement général, apprécié de certains touristes, critiqué par d'autres... Âme sensible ? Choisissez une autre date !
Musique et danses traditionnelles martiniquaises
Enfin, que serait la Martinique sans MUSIQUE ? Du léger chant des alizés dans les feuillages aux crépitements des feuilles de cocotier, tout est féerie et musique en Martinique.
Bienvenue au royaume musical... Il s'agit en effet d'un métissage surprenant lié à une culture « africano-indo-européenne ».
Je ne parlerai pas uniquement de la Martinique, mais de toute la Caraïbe qui est intimement liée et attachée en dépit des différences de langues (anglais, espagnol et français). La Martinique est très proche de sa compagne française qu'est la Guadeloupe, mais aussi de Sainte-Lucie, de la Barbade, de la Dominique...
On y trouve donc un mélange de reggae jamaïcain et de soca/calypso de la Caraïbe. Notre culture est profondément ancrée à la culture jamaïcaine, africaine et brésilienne. Nos artistes n'hésitent pas non plus à mélanger le ragga/dancehall de Jamaïque, de la Barbade, de Sainte-Lucie et des Antilles françaises... Cette union n'est donc plus africaine, ni européenne, mais bel et bien... créole...

Aussi, nous avons des danses traditionnelles comme les ballets folkloriques, la valse, la mazurka, la biguine, le limbo, le steel-band, le bèl air, le damyé (danse de combat).
Inutile de vous dire que bon nombre d'Antillais préfèrent le Zouk, le Zouk Love et le dancehall (car beaucoup plus sensuels !) à toutes ces danses traditionnelles qui font partie de notre patrimoine, mais qu'on laisserait bien aux plus vieux d'entre nous...
Gastronomie martiniquaise : saveurs et épices
Quant à la gastronomie... La Martinique est fière de sa cuisine, riche en exotisme, en couleurs, en saveurs. Vous ne pourrez la quitter sans y avoir laissé sur le palais un délicat souvenir épicé...
Avant de se mettre à table, on ne peut refuser un « Ti-Punch » proposé en apéritif : deux doigts de rhum blanc, du sirop de canne et un zeste de citron vert ! Petites natures, s'abstenir !
Pour aller plus loin : la vie des adolescents en Martinique
Peut-être serait-il plus intéressant de parler de nous, adolescents aux Antilles, notre façon de vivre (non, non, on ne vit pas les pieds dans l'eau sous un cocotier), nos mentalités (« on dit qu'chez toi les hommes sont tous beaux parleurs ! — Et alors ? » — bon, il y a eu peu (beaucoup ?) de vrai, mais bon...) etc.
L'article a-t-il été un peu (trop ?) soporifique ? J'ai jugé indispensable d'aborder quelques aspects géographiques, historiques et culturels pour que l'on puisse davantage nous connaître. Je n'ai pas eu l'intention de faire de la publicité (libre à vous de préférer Cancun à la Martinique !).
Même si notre culture résulte d'un métissage complexe et diffère quelque peu de la vôtre, notre façon de vivre montre quand même notre degré d'attachement à la Métropole...
J'attends vos réponses et vos commentaires !