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Monde

La manipulation Aznar

En mars 2004, l'Espagne subit les attentats du 11-M qui font 196 morts. L'ancien premier ministre Aznar accuse ETA, mais les preuves pointent vers Al-Qaida.

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En mars 2004, l'Espagne subissait l'un des attentats les plus meurtriers de son histoire. Le 11 mars, les Espagnols découvraient avec effroi que 196 de leurs compatriotes venaient de perdre la vie dans un drame qui marquerait à jamais leur histoire. C'est à partir de cette tragédie que José María Aznar, alors premier ministre, a tenté de transformer cet attentat en argument de campagne pour les élections législatives qui ont lieu trois jours plus tard.

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Pourquoi Aznar a accusé ETA après les attentats du 11 mars

Tout commence quelques heures après le drame. Dès cet instant, José María Aznar n'a eu de cesse d'accuser le groupe séparatiste basque ETA. Bien connu en Espagne pour de nombreux attentats, ETA apparaît comme le coupable tout désigné. Durant toute la journée du jeudi, le gouvernement espagnol n'a cessé de répéter que cette action portait la marque d'ETA. Le groupe basque, lui, a clamé son innocence en affirmant qu'il n'avait strictement rien à voir avec ce drame.

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Les preuves qui orientent vers Al-Qaida

Le lendemain, les enquêteurs découvrent des éléments qui, loin de les mener vers la piste basque, s'orientent plutôt vers le groupe islamiste Al-Qaida. Malgré les preuves qui s'accumulent, le premier ministre continue à soutenir la piste d'ETA, créant un réel émoi dans la population. Durant deux jours, José María Aznar ne démordra pas de la culpabilité d'ETA. Mais pourquoi, alors qu'il a tous les éléments en main, s'obstine-t-il à accuser ETA ?

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Les motivations politiques de la manipulation d'Aznar

Nous sommes à quelques jours des élections, et l'Espagne d'Aznar est engagée dans le conflit en Irak aux côtés du Royaume-Uni et des États-Unis, et ce malgré la réticence du peuple espagnol. Aznar a toujours fait de la lutte contre ETA l'un de ses arguments de campagne les plus importants. L'équation est alors très simple : le gouvernement sait que si la population découvre qu'il s'agit d'une action d'Al-Qaida, les élections seront perdues, car les électeurs jugeront le pouvoir coupable d'avoir provoqué cette catastrophe par son engagement en Irak. En revanche, s'il s'agit d'ETA comme le soutient Aznar, le gouvernement marquera des points précieux face au parti socialiste de José Luis Zapatero.

Jusqu'aux élections, le gouvernement continuera de dissimuler cette information à la population. Mais les Espagnols découvriront la vérité et traiteront Aznar de menteur. Ces attentats ont non seulement tué des centaines de personnes, mais ils ont aussi détruit la carrière de José María Aznar, contraint de quitter son poste de premier ministre, battu par José Luis Rodríguez Zapatero.

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vanouch
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