
À travers l'exemple de Cuba et de la Chine, pays où la liberté de la presse est quasi inexistante, ainsi que du Royaume-Uni, pays démocratique qui a récemment censuré certains journaux, nous allons analyser les réactions de ces États face à l'opinion publique. Pourquoi justifient-ils la restriction de la liberté de la presse ? Nous étudierons le cas de pays qui censurent, qui mènent une guerre contre la presse, qui la limitent, qui la gèrent, voire qui l'interdisent.
Pourtant, même s'il existe des similitudes entre ces pays, la liberté est-elle la même partout ? Est-elle respectée de la même manière ou est-elle simplement un objet de contrôle ?
Cette étude a été réalisée avec l'aide de trois camarades. Nous avons conçu un site web pour compiler nos informations, garantissant ainsi leur fiabilité. Cette recherche, dirigée pendant un an, a permis de récolter assez de documents pour constituer un dossier consistant.
Bonne lecture.

Cuba : la liberté de la presse sous haute surveillance
La liberté de la presse n'a pas la même ampleur dans tous les pays. Certains sanctionnent plus que d'autres, et certains souhaitent ne pas révéler leurs chiffres, ou alors, c'est la fiabilité des informations obtenues qui est à remettre en cause. Dans le rapport de l'année 2003 de Reporter Sans Frontières, on constate que les atteintes à la liberté de la presse ne diminuent pas aussi vite qu'on pourrait le croire. Il y a toujours des inégalités entre les pays de ce point de vue, des inégalités parfois très contrastées.
L'absence ou la quasi-absence de liberté de la presse dans un pays est très grave. C'est le cas notamment de Cuba, avant-dernier dans le classement mondial de la liberté de la presse (165e). Ce classement est établi en fonction d'un questionnaire qui permet d'évaluer la situation de la presse dans le pays concerné. Le résultat pour Cuba révèle une situation plus que critique.
Cuba est un parfait exemple de la condamnation de la liberté de la presse. Ce pays occupe l'avant-dernière place dans ce classement mondial. Il n'y a quasiment aucune liberté de la presse. Elle est soit indépendante, soit inexistante, ou alors, les autorités font pression sur elle et la répriment. Des journalistes y travaillent dans des conditions extrêmement difficiles, sans aucune liberté ni sécurité. Nombre d'entre eux sont enfermés.
Au printemps 2003, 60 journalistes indépendants ont été arrêtés et condamnés à des peines allant de 14 à 27 ans de détention, faisant de ce pays la plus grande prison du monde pour les journalistes.

La Chine : entre gestion et autocensure
La Chine occupe la 161e place du classement mondial. En 2002, il y a eu une vague de propagande et de campagnes idéologiques très intenses pour assurer l'entrée de Jiang Zemin dans le "panthéon des grands leaders communistes chinois". Les médias ont été mobilisés, et ceux qui étaient contre cette manœuvre ont été réprimés.
À Hong Kong, l'autocensure augmente et le gouvernement projette une loi liberticide (qui porte atteinte aux libertés) sur la "sécurité nationale".
Une histoire de l'information contrôlée
Au début, la Chine ne communiquait aucune information sur la liberté de la presse. D'ailleurs, les Chinois eux-mêmes n'étaient pas informés, ou très peu. Il n'y avait jamais de dérapages, jamais d'actes de violence ou de barbarie rapportés. Personne ne savait ce qu'il advenait dans les autres pays. Y avait-il la guerre ? Y avait-il des catastrophes ? Personne n'était en mesure de le dire, et surtout pas le peuple.
Puis la Chine s'est mise à répondre aux États-Unis qui, chaque année, font un long commentaire sur la situation des droits de l'homme dans tous les pays sauf chez eux. Il est facile de constater que d'une année à l'autre, on reprend les mêmes exemples et que rien ne semble changer. La Chine ne se prosterne toujours pas au bon vouloir des États-Unis. Le pays a donc commencé à "se défendre" et s'est mis à publier son propre rapport sur les droits humains aux États-Unis.
La Chine a présenté des informations qui dépassaient leurs frontières, ainsi les Chinois ont pu suivre les attaques du 11 septembre, la guerre en Afghanistan et la guerre en Irak. Ainsi, le gouvernement chinois gère la liberté de la presse.
La Chine compte actuellement plus de 10 000 journaux et revues et environ 2 000 chaînes de télévision pour 450 postes. Son secteur de l'information regroupe 550 000 personnes.
Lors d'une visite au siège du China Daily, il y a sept ou huit ans, un Chinois avait demandé qu'on nous parle de la censure exercée sur les médias en Chine. La réponse fut : "Il n'existe aucun organisme de censure. Les journalistes savent jusqu'où ils peuvent aller", prononcée avec un sourire en coin par le rédacteur en chef. Les journalistes ont l'habitude de suivre la déontologie de leur profession : ne pas encourager des articles qui inciteraient à renverser le pouvoir, par exemple ; ne pas susciter la violence ou répandre la pornographie. En quoi de tels reportages servent-ils l'intérêt du peuple ou la cause de l'éducation ? L'autocensure est bien davantage une question de morale que de contrôle extérieur. Le droit de parole n'est pas le droit à la diffamation, au désordre, à la calomnie. Comment parler de paix sociale dans un pays qui utiliserait la presse pour se défouler de toutes ses pressions ?

Le Royaume-Uni : la censure dans une démocratie
Le Royaume-Uni est un pays développé... et pourtant il n'occupe que la 26e place dans le classement des pays respectant la liberté de la presse.
Comment expliquer cette place dans ce classement, avec un taux de censure de 4,25 %, derrière l'Uruguay (4,00 %), l'Afrique du Sud (3,33 %), la Jamaïque (3,33 %), des pays soi-disant pauvres et en retard de développement ?
Le Royaume-Uni, un pays qui dit respecter la liberté de la presse, a censuré le 11 novembre 2003 une quinzaine de journaux européens dont Le Monde.
Le scandale de la famille royale
Motif ? Une rumeur de scandale sexuel mettant en cause un ex-valet des Windsor et "un membre important de la famille royale".
Les Windsor pensaient, en censurant, s'assurer discrétion et étouffer l'affaire. Mal leur en a pris. Ne savaient-ils pas qu'interdire une affaire est le meilleur moyen de la médiatiser ?
Se sentant alors obligée d'agir, la famille royale a réfuté aussitôt cette rumeur, la transformant en scandale médiatique, car pour les médias anglais, "démenti vaut confirmation".
Le Royaume-Uni respecte-t-il donc la liberté de la presse ? On serait tenté de croire que le Royaume-Uni se cantonne à censurer pour le respect de la monarchie, une monarchie qui pourrait être entachée par de simples rumeurs puisqu'il ne s'agit uniquement de cela. Ici, le plus important ce sont moins les divagations d'un ex-valet que la sauvegarde de l'honneur de la famille royale.
La famille royale est-elle plus importante que la liberté, le droit des peuples à l'information ? Comme dans l'affaire du prince Charles, le gouvernement anglais censure certains médias lorsqu'ils abordent des sujets "polémiques".
On voit tout l'hypocrisie de ce pays qui dit respecter la presse et qui censure les sujets qui la gênent. En fait, tout cela est dû au fait que l'Angleterre est très attachée à sa réputation et préfère préserver une façade au risque de bafouer des droits fondamentaux.
Conclusion
Article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme
"Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées, par quelques moyens que ce soit."
Vous avez pu voir les différences qui résidaient dans la manière de gouverner la presse. Certains pays se plaisent à croire qu'une manière est meilleure que les autres, même si l'on sait parfaitement que rien ni personne ne peut avoir une manière idéale de faire les choses. On ne peut changer les manières de penser, mais la liberté est néanmoins indispensable à la vie d'un homme, rien ne peut la remplacer. Tous les jours, des gens sont emprisonnés pour avoir revendiqué une liberté, pour avoir osé dire tout haut ce qu'un bon nombre pensait tout bas et clamer qu'on peut être réprimandé pour un acte pourtant très légitime.
Dans cette étude, il ressort des inégalités basées sur la liberté d'opinion et la liberté d'expression. Aujourd'hui, les droits les plus fondamentaux sont bafoués. Certains pays préfèrent nier les accusations portées sur eux, en affirmant qu'ils gèrent la presse plutôt que de la limiter en la censurant.
On assiste à des changements de visages de la liberté de la presse en voyageant à travers plusieurs pays comme la Chine, Cuba et le Royaume-Uni. Des pays démocratiques se retrouvent ainsi comparés à des dictatures et des régimes totalitaires. Si l'on se base sur notre société d'aujourd'hui, on voit que la liberté de la presse n'a pas tellement évolué.
Néanmoins, on assiste à des mobilisations visant à respecter la liberté de la presse, par exemple via l'organisation de semaines de la liberté de la presse. Malgré tous ces efforts, la liberté de la presse n'est pas la même pour tous les pays du monde. Il y en a toujours qui restent sans liberté de presse, ce qui est très grave. Certains dirigeants utilisent la presse comme un objet de pouvoir, de contrôle sur leur peuple ; on ne peut donc pas dire que la liberté de la presse existe dans ces pays dirigés comme tels, puisqu'elle est utilisée pour manipuler les gens.
Néanmoins, il y a des pays qui sont en nette progression du point de vue de la liberté de la presse. Des pays comme la Chine augmentent leur liberté même s'ils continuent à la gérer. Mais nous sommes au troisième millénaire : quand sera-t-il de la presse à l'avenir ?
Sources
Reporter Sans Frontières : http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=19
Amnesty International : http://www.amnesty.asso.fr/