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Monde

La fin de la diplomatie

États-Unis, Espagne et Grande-Bretagne retirent leur résolution à l'ONU face au veto français. George W. Bush somme Saddam Hussein de quitter l'Irak sous peine de guerre imminente.

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Nouveau regard sur le monde, ce matin. Les États-Unis, l'Espagne et la Grande-Bretagne retirent officiellement leur projet de résolution devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Face à la menace d'un veto français, les trois pays capitulent. Les États-Unis ont carrément blâmé la France de faire reculer la démocratie en refusant les dernières propositions de son gouvernement avant même le refus de Saddam Hussein lui-même.

Les États-Unis en ont profité pour déclarer que l'appui de l'ONU était tout à fait secondaire à cette guerre puisqu'il était clair que l'Irak avait violé la résolution 1441. Ainsi, George W. Bush s'adressera à la nation et au monde entier ce soir afin de demander à Saddam Hussein de quitter l'Irak, sans quoi une guerre aura bel et bien lieu.

Colin Powell et la position américaine

Colin Powell a clairement signifié ce matin, lors d'un discours officiel, qu'il était extrêmement déçu par la France, mais que ce droit de veto n'empêcherait pas les États-Unis de faire la guerre à l'Irak. Toujours selon M. Powell, l'ONU a tort et cette guerre, si Saddam refuse de quitter son pays, sera totalement inévitable.

Les États-Unis, s'il le faut, agiront seuls.

Genèse du conflit : le déploiement américain

En février, George W. Bush a ordonné le déploiement de soldats américains dans le golfe Persique avant même que les inspecteurs ne remettent leur premier rapport préliminaire. Le 24 février 2003, les États-Unis, soutenus par la Grande-Bretagne et l'Espagne, ont déposé un projet de nouvelle résolution sur l'Irak au Conseil de sécurité de l'ONU. Ils y dénoncent « la violation patente » de ses obligations par Bagdad, et affirment que le gouvernement irakien n'a pas « saisi la dernière possibilité qui lui était offerte » de désarmer. L'intervention militaire qui en découlait a été stoppée par la France avec l'appui de la Chine.

Position des grandes puissances face à la crise irakienne

Grande-Bretagne

Dès que les États-Unis ont présenté l'Irak comme un membre de l'« axe du mal », Tony Blair a appuyé Bush et a voulu démontrer au monde entier que Saddam Hussein représentait un danger pour la sécurité mondiale.

France

La France n'a jamais caché son scepticisme face à l'empressement des États-Unis à faire la guerre. Devant la menace du droit de veto, les États-Unis ont dû se retirer de la deuxième résolution. Depuis la mise en œuvre du programme « Pétrole contre nourriture », en décembre 1996, la France est le principal partenaire commercial européen de l'Irak.

Russie

Contrairement à la France, la Russie affirme tout de même que l'ONU doit jouer un rôle central dans ce conflit. Toutefois, le président de la Russie, Vladimir Poutine, pourrait monnayer son appui à une intervention militaire des États-Unis contre l'Irak. La Russie pourrait donc aider les États-Unis dans cette guerre à condition que ceux-ci ferment les yeux sur la condition des Tchétchènes réfugiés en Géorgie.

Vers une guerre imminente en Irak

Inspecteurs, journalistes et membres des ambassades ont déjà commencé à quitter l'Irak.

Aujourd'hui, la fin de la diplomatie s'annonce selon plusieurs. Saddam Hussein aura une date butoir — 48 ou 72 heures — pour quitter l'Irak avec ses proches conseillers et sa famille. Après cette date butoir, les États-Unis déclareront officiellement la guerre à l'Irak, avec ou sans l'ONU.

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anaximandre
anaximandre @anaximandre
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