
La Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI) a été créée dans les années 90. Cette institution avait pour but de défendre les intérêts de toutes les classes étudiantes de Côte d'Ivoire auprès du gouvernement. À ses débuts, la FESCI était dirigée par Soro Guillaume. Cet étudiant de la faculté des sciences économiques est resté à la tête de l'institution de 1995 à 1999. Durant son mandat, il a lutté pour que ses camarades étudiants puissent obtenir de meilleures conditions. Cette lutte, au lieu d'aboutir au résultat escompté, s'est plutôt soldée par une réduction sévère des avantages des étudiants. C'est dans cette situation difficile que Charles Blé Goudé prend les rênes de l'organisation. Avec lui commence une ère qu'on pourrait qualifier de sombre.

La FESCI de 1999 à 2000
En 1999, Blé Goudé prend les rênes de la FESCI. Avec lui, c'est l'avènement interminable de rassemblements, de grèves, de marches, d'agressions télévisées et bien d'autres actions. Blé Goudé sait ce qu'il veut et fait tout pour l'obtenir. Ainsi, les moyens les plus retors sont utilisés sans crainte. Troublant la quiétude du gouvernement alors dirigé par Henri Konan Bédié du PDCI, il est tout simplement expatrié.
Entre-temps, en Côte d'Ivoire, la situation politique n'est pas reluisante. Les forces militaires menacent le parti au pouvoir. Le 24 décembre 1999, le président Henri Konan Bédié est chassé du pouvoir par le colonel Guéi Robert, qui est lui-même vaincu aux élections par l'actuel président Laurent Gbagbo.
Lorsque Laurent Gbagbo arriva au pouvoir, Charles Blé Goudé put retourner au pays et reprendre les rênes de sa fédération. C'est là que commence une nouvelle ère, celle de la FESCI telle qu'on la connaît aujourd'hui.

La FESCI de 2000 à nos jours
L'ère de la FESCI est l'ère de toutes les libertés. C'est une ère marquée par l'insubordination, la terreur, l'humiliation et le non-respect des lois. C'est une ère qu'on ne peut écarter car elle est soutenue, supportée et encadrée. Je m'explique : la FESCI, avec la venue de Laurent Gbagbo au pouvoir, est devenue incontournable. De plus, elle ne se cantonne plus à son rôle initial et, loin d'être politiquement neutre, elle pousse — sinon oblige — la population à adhérer à ses idéaux. Pour ce faire, elle utilise des moyens de persuasion peu orthodoxes, allant de l'intimidation jusqu'à l'agression, et pire, au crime. Les non-adeptes qui l'affichent ouvertement sont simplement écartés de la pire des façons. Enfin, les fescistes se rendent coupables de actes très violents (casse de magasins et commerces, de voitures, de domiciles, viol, vol, incendie...) et ne sont pas punis par la loi.
Au vu de tout cela, peut-on laisser cette institution exister tout en sachant pertinemment qu'elle ne le mérite pas ?