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Monde

La faillite de l'éducation américaine

Les États-Unis traversent une crise de l'éducation sans précédent. Retour sur le référendum de Carpentersville, où le refus d'augmenter les taxes a condamné la qualité de l'enseignement local.

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Personne ne peut douter du fait que les États-Unis constituent la plus grande puissance mondiale après la chute de l'URSS dans les années 90. Comment se fait-il alors que l'éducation y soit autant mise de côté ? Comment une telle puissance peut-elle ignorer à ce point la formation de ses citoyens ?

Comment fonctionne le financement des écoles américaines ?

Aux États-Unis, il n'existe pas de ministère de l'Éducation nationale chargé de l'enseignement sur l'ensemble du territoire. Ce sont des districts (équivalents de nos académies, en plus petit) qui gèrent une trentaine d'établissements, de la maternelle au lycée.

Ces districts sont parfaitement autonomes et financés par les taxes locales. Les choix budgétaires et les orientations des programmes sont laissés aux établissements et au district.

Ce type d'organisation pose plusieurs problèmes :

  1. Les programmes, et donc le niveau, sont variables d'un district à l'autre, voire même d'un établissement à un autre. Un élève déménageant de Chicago à Détroit devra ainsi reprendre des classes déjà suivies dans son ancien établissement pour obtenir les crédits nécessaires à sa graduation.

  2. Les districts sont assez souvent en déficit, ce qui les amène à devoir proposer soit une politique de rigueur, soit une augmentation des taxes.

Carpentersville : quand le refus des taxes menace l'école

C'est ce qui est arrivé le 26 février 2003 dans le District 300 (Carpentersville, Illinois). Face à un déficit de 12 millions de dollars, le superintendant, M. Arndt, a proposé d'augmenter les taxes afin de préserver la qualité de l'enseignement.

Les électeurs ont été appelés à se prononcer lors d'un référendum. À peine 25 % d'entre eux se sont déplacés, et le référendum a été rejeté par 10 000 voix contre 3 000.

Conséquence : plus de 10 % des professeurs vont être licenciés, les salaires gelés et les budgets sévèrement amputés. Dans les collèges, la moyenne des effectifs par classe va passer à 40 élèves. Il est difficile d'imaginer que la qualité de l'enseignement puisse être optimale avec 40 élèves dans la même salle.

M. Arndt compte réduire 17 millions de dollars sur le budget de l'an prochain. Autant dire que les classes « option » risquent de passer à la trappe.

Éducation ou armée : quelles priorités pour les États-Unis ?

Les difficultés rencontrées par le District 300 se retrouvent dans de nombreux autres districts et laissent présager une crise du système éducatif américain. Les autorités doivent faire un choix. La priorité gouvernementale doit-elle être l'armée ou l'éducation ?

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kubischeric
kubischeric @kubischeric
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