La discrimination positive désigne un ensemble de mesures visant à favoriser certaines personnes appartenant à des catégories dont des membres subiraient, ou auraient subi, des discriminations systématiques. Ces mesures, censées être temporaires, s'appliquent selon des critères ethniques, médicaux, culturels, linguistiques, religieux, socio-économiques ou territoriaux.
Née aux États-Unis pour favoriser l'intégration de citoyens en raison de leur origine ethnique, cette politique devait être provisoire. Pourtant, les Américains ont eux-mêmes reconnu son échec. Malgré cela, les populations bénéficiaires refusent désormais de renoncer à ces avantages, notamment les quotas d'accès aux universités.
Alors pourquoi vouloir importer des idées qui ont fait leurs preuves... d'échec ? Cette politique est non seulement exercée au détriment d'autres catégories, mais s'oppose au principe d'égalité des droits.
Depuis 2000-2001, une loi permet à des élèves de ZEP d'intégrer des grandes écoles sans passer le concours, avec des examens adaptés tout au long du cursus. Certaines places, auparavant attribuées au mérite, sont donc supprimées au profit d'élèves qui n'ont pas le niveau requis — sinon ils auraient réussi le concours — et qui présentent souvent des lacunes bien plus importantes.
Les premiers pénalisés ? Les élèves des classes moyennes, parfois juste en dessous du classement, qui auraient pourtant pu briller et intégrer l'école. Car l'élite provient souvent (sans généraliser) d'un milieu aisé où le suivi scolaire est rigoureux, et reste donc peu touchée par cette mesure.
La « grande école », bien qu'enrichie par sa diversité, voit-elle son niveau d'excellence menacé ? Comment remettre à niveau des élèves qui excellent en ZEP mais auraient été moyens dans un autre lycée ? Des lacunes accumulées pendant 18 ans peuvent-elles être rattrapées en six mois ?
De plus, cette mesure risque de nourrir la discrimination à l'embauche. Un recruteur pourrait penser qu'un candidat, en raison de son origine ethnique, a bénéficié de cette filière et ne possède donc pas le niveau requis — même s'il a suivi la voie traditionnelle. Ce seraient alors les bénéficiaires comme les non-bénéficiaires qui pâtiraient de cette mesure.
Et que dire des tensions que cela crée ? Car il faut l'admettre : pour que certains accèdent à cette filière, d'autres ont perdu leur place.

Qui bénéficie réellement de la discrimination positive ?
Faut-il être noir, d'origine arabe ou chinoise pour profiter de cette mesure ? Et si un seul parent l'est ? Ou seulement les grands-parents ? Ou encore si les parents d'origine étrangère ont toujours vécu en France ?
Quand cesserons-nous de voir des « immigrés » plutôt que des Français ? Plutôt que d'unir le pays autour d'une appartenance commune, l'origine ethnique est mise en avant, favorisant le repli communautaire.
La discrimination positive exacerbe précisément le problème qu'elle prétend résoudre : elle rend les gens davantage conscients des différences entre les groupes et accentue le ressentiment à l'égard des autres.
Certains estiment même qu'il s'agit d'une injure faite aux groupes défavorisés : une politique d'assistance qui pousserait ces populations à ne pas faire d'efforts pour s'intégrer par elles-mêmes. En retour, les non-bénéficiaires stigmatisent les « assistés ». Le risque des « facilités » accordées est de créer une dépendance aux aides, développant ce qu'on appelle une mentalité d'assistés.
Faut-il privilégier l'intégration plutôt que les quotas ?
Plutôt que d'attribuer à tout prix des « quotas représentatifs » de la population, le problème de l'intégration doit être pris au sérieux. L'objectif ? Faire émerger une conscience d'appartenance nationale commune, au-delà des origines.