
Décentralisation et déconcentration : définitions
La décentralisation correspond à un transfert de décisions de l'État central vers des collectivités territoriales, juridiquement distinctes de lui.
La déconcentration, quant à elle, désigne un transfert de décisions de l'État vers ses relais locaux ou régionaux, qui restent sous son autorité.
Décentralisation et mondialisation : quels enjeux ?
Aujourd'hui, la question de la décentralisation se pose avec une acuité particulière : la mondialisation a bouleversé les principes de gestion de l'économie territoriale.
La décentralisation a exacerbé la concentration des activités économiques autour des grandes agglomérations urbaines, engendrant une désertification économique d'autres régions.
Cette conséquence majeure reste difficile à surmonter, malgré la mise en place de programmes de croissance régionale et l'inspiration du modèle français de planification décentralisée.
Démocratie locale : quel pouvoir pour les citoyens ?
Les notions de décentralisation et de déconcentration sont intimement liées à l'exercice de la démocratie et à la prise de décision locale.
La question centrale : comment donner davantage de pouvoir aux populations territoriales afin de rendre la croissance plus rapide et plus profitable à tous ?
Décentralisation au Maroc : entre ambitions et réalités
D'après les textes adoptés par le Parlement marocain sur la régionalisation, les structures ainsi que les ressources humaines et budgétaires des communes souffrent d'insuffisances criantes. Plusieurs problèmes se posent :
- Les communes sont souvent dirigées par des assemblées et des présidents incompétents, parfois illettrés.
- De nombreux élus locaux convoitent les sièges pour gérer les ressources communales comme un patrimoine privé.
Faut-il alors accorder plus de pouvoirs aux communes ? Quelles prérogatives attribuer aux régions, provinces ou intercommunalités ?
La réponse relève davantage du pragmatisme que de la théorie, à l'image de ce qui se pratique en Europe.
Toutefois, le problème fondamental au Maroc reste celui des compétences humaines. Si le niveau d'instruction des élus constitue un handicap, l'État central, les partis politiques et la société civile éclairée doivent se donner les moyens d'une véritable démocratie transparente pour construire des pouvoirs territoriaux efficients.
Ces changements structurels restent indispensables pour affronter les défis de la mondialisation.