
Qui était Sœur Emmanuelle ?
La religieuse figurait dans le top 10 des personnalités préférées de cette année, à la sixième place, entre Mimie Mathy et Charles Aznavour. Preuve que, même en retrait depuis quelques années, sa joie de vie faisait encore recette auprès de la population.
Son action humanitaire au Caire
Les actions menées par la sœur ont eu un retentissement considérable pour les populations d'Égypte. Dès 1971, elle s'installe dans les bidonvilles du Caire, vivant en compagnie des plus pauvres de la capitale, se souciant de leur santé et de l'éducation des enfants — ce qu'elle nomme d'ailleurs « ses plus belles années ».
À son retour en France en 1993, contre lequel elle a ardemment lutté, elle focalise son attention sur les malheurs des SDF et sur l'association qu'elle a créée afin de garder un pied en Égypte. À propos de ses actions, le prêtre de l'église Saint-Christophe de Javel déclare : « Avec son combat au Caire, elle a déplacé des montagnes. »
Une personnalité hors du commun
Son esprit fait de Sœur Emmanuelle davantage qu'une simple religieuse. C'est ce qui lui a valu l'amour de la population. Qui ne se souvient pas des paroles de l'humoriste Jamel à son égard sur le plateau de LCI en 2001 : « Sœur Emmanuelle, tu déchires ! » ? En réponse à ce compliment, elle a ri — un véritable choc des générations.
Son ouverture d'esprit est légendaire. Michel Drucker en a fait l'expérience en 1999 : lui et Sœur Emmanuelle ont effectué un tour en hélicoptère et, à la suite de cette randonnée dans les airs, « elle a commandé des moules-frites. J'étais assez interloqué ».
Une étonnante simplicité qui ne doit pas cacher un caractère bien trempé. Ses collaborateurs vantent son acharnement ; elle-même se considère « vindicative », « coléreuse » et « un peu féministe ». Ce n'est pas une sainte, et c'est bien là toute la différence entre elle et le reste des bonnes âmes.
Ses convictions religieuses et ses positions tranchées
Ses positions, loin d'être communes pour une membre de l'ordre religieux, étaient peu connues du grand public. En effet, la pilule était distribuée au Caire dans ses dispensaires, et la Franco-Belge approuvait le mariage des prêtres. Bien que tenant à son vœu de chasteté, elle a failli y renoncer par amour envers un collègue.
Des positions en contradiction totale avec la doctrine de l'Église, et notamment papale. Elle l'affirme volontiers : elle a toujours évité de « dire publiquement autre chose que ce que dit l'Église ». Un avis que partage le père de Raucourt : « Elle est une autorité médiatique, pas doctrinale. On ne lui a pas dit d'arrêter car ça aurait provoqué l'inverse de ce qu'on souhaitait. »
Une femme libre et engagée
Ce qui fera toujours la notoriété de cette adorable sœur, c'est sa liberté de ton et d'esprit. Et c'est elle qui le prouve le mieux. Un jour où elle se trouvait à bord d'un avion contenant des violeurs d'enfants, elle a affirmé : « Si j'avais eu une bombe à disposition, j'aurais, comme les kamikazes, fait sauter l'avion. » Une phrase choc qui résume bien un tempérament hors norme.