
« La balle est désormais dans le camp des Nations unies, qui doivent prouver leur crédibilité », écrit le quotidien Babel, dirigé par Oudaï Saddam Hussein, le fils aîné du président irakien.
En acceptant le retour des inspecteurs de l'ONU, absents d'Irak depuis fin décembre 1998, Bagdad « a asséné un coup fatal au plan agressif » des États-Unis qui, soutenus par la Grande-Bretagne, menaçaient de lancer une offensive militaire en Irak pour renverser le président Saddam Hussein, ajoute-t-il.
L'Irak affirme ne pas posséder d'armes de destruction massive
Par sa décision « claire et sincère », transmise lundi à l'ONU, l'Irak a « confirmé sa bonne orientation dans ses rapports avec les Nations unies (...) et l'absence d'armes de destruction massive en sa possession », selon Babel.
En retour, le Conseil de sécurité de l'ONU est appelé à « prouver ses bonnes intentions et sa crédibilité, notamment en ce qui concerne la mission des équipes d'inspection et la durée de cette mission ».
« Il est important que la présence de ces équipes soit mise à l'abri de l'hégémonie des États-Unis et de leurs intentions préméditées contre l'Irak », réclame le journal.
Washington réclame une nouvelle résolution de l'ONU
Les États-Unis, qui ont accueilli la volte-face irakienne sur son désarmement comme « une tactique », entendent faire adopter par le Conseil de sécurité de l'ONU une nouvelle résolution définissant notamment les conditions de la reprise des inspections en Irak.
La Russie, allié traditionnel de Bagdad et l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, s'oppose publiquement à une nouvelle résolution, alors que des responsables irakiens et le chef des inspecteurs en désarmement de l'ONU, Hans Blix, sont convenus de se retrouver début octobre à Vienne après une rencontre mardi à New York.
Comme pour maintenir la pression sur Bagdad, le Pentagone a annoncé que 2 000 Marines d'une unité amphibie commenceraient avant la fin septembre des manœuvres de trois à quatre semaines au Koweït, voisin de l'Irak.
La presse irakienne dénonce les intentions américaines
« Par son attitude audacieuse et équilibrée », l'Irak a « fait tomber la carte mensongère que les États-Unis ont tenté d'utiliser comme un paravent pour leurs projets maléfiques et leurs convoitises dans le monde arabe et sa richesse pétrolière », estime par ailleurs le quotidien Al-Joumhouriya.
Cependant, poursuit le journal, « les intentions agressives des États-Unis ne vont pas s'arrêter avec le retour des inspecteurs en Irak ».
Al-Joumhouriya, organe du gouvernement irakien, exhorte les « masses arabes » à se « hisser au niveau des menaces américaines (...) et à mobiliser les potentialités arabes pour défendre la sécurité nationale ».
Réactions diplomatiques et position de la Ligue arabe
Les ministres de la Ligue arabe réunis mardi à New York ont demandé dans un communiqué à « tous les États » de cesser de menacer d'employer la force contre l'Irak et d'étudier la levée de l'embargo qui frappe ce pays.
Cette prise de position répond aux attentes de l'Irak, dont le vice-Premier ministre Tarek Aziz avait rappelé encore mardi que le retour des inspecteurs en désarmement devrait être couronné, en fin de compte, par une levée de l'embargo qui le frappe depuis son invasion du Koweït en 1990.
Mais le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud Al-Fayçal, s'est dit sceptique quant à la fin du « cauchemar » d'une guerre dans le Golfe après la décision irakienne.
« Je ne m'attends pas à la fin du cauchemar de la guerre (dans le Golfe) ou que la région soit à l'abri des catastrophes », a dit le ministre, cité mercredi par le quotidien koweïtien Al-Rai Al-Aam.
Source : BAGDAD, 18 sept (AFP)