

Quels sont les facteurs de l'instabilité scolaire ?
Comme je l'ai indiqué plus haut, les coups d'État et les conflits politiques ont fortement perturbé l'éducation ivoirienne. Cela est dû à l'insécurité, aux infrastructures endommagées et à bien d'autres fléaux qui touchent tout pays en période de conflit interne.
Outre cela, et c'est le point le plus important, il y a la FESCI. Créée dans le but d'être le porte-parole des élèves et étudiants dans la société, celle-ci est devenue le principal fardeau de l'enseignement ivoirien. Autrefois composée des meilleurs élèves de chaque établissement, ainsi que d'étudiants de la Côte d'Ivoire, elle est aujourd'hui le rassemblement de « crânes brûlés », excusez l'expression, et de barbares. Ceux-ci se servent du pouvoir exceptionnel qui leur est conféré pour perturber les cours quand bon leur semble, et se faire de l'argent sur le dos de l'établissement grâce aux activités extra-scolaires.
Mais comment en sommes-nous arrivés là ? C'est simple : en étudiant la démographie de la Côte d'Ivoire, on se rend compte que la jeunesse représente près des trois quarts de la population ivoirienne, ce qui constitue un fort pouvoir électoral. Ainsi, les politiciens, particulièrement ceux du pouvoir en place, s'approprient les services de cette organisation par de généreux pots-de-vin. Ils comptent sur elle pour amener le plus possible de jeunes à rejoindre les effectifs de leur parti politique. Rendez-vous compte que ceux qui devaient ramener l'ordre et la discipline dans les rangs sont ceux-là mêmes qui tirent les ficelles dans l'ombre, hypothéquant ainsi l'avenir de milliers de jeunes, moi y compris, pour atteindre leurs buts politiques. Et plus inquiétant encore, bon nombre de professeurs collaborent, sans se soucier de l'avenir de leurs élèves.
Ces politiciens vont plus loin en donnant des armes à ces malfrats de la FESCI, qui n'hésitent pas à s'en servir pour montrer leur supériorité. Voilà les maux qui touchent les points vitaux de notre éducation nationale.

Quelles sont les conséquences sur l'éducation ?
Elles sont, comme vous l'imaginez déjà, désastreuses pour les résultats de fin d'année scolaire. Le niveau des élèves est plus bas que jamais, dans la majorité des cas. Mais les dirigeants, peu soucieux du problème, ne se contentent que de féliciter, et encore très rarement, les quelques-uns qui arrivent à se sortir du lot. Tout n'est plus que corruption, messe basse, pot-de-vin... Bien que ces mêmes dirigeants s'efforcent de montrer aux yeux du monde une Côte d'Ivoire renaissante et rayonnante, il n'en demeure pas moins que celle-ci se meurt sous leur règne.
Même dans les universités et grandes éoles qui faisaient la fierté de la Côte d'Ivoire en Afrique de l'Ouest, la compétence intellectuelle n'est plus le facteur premier d'admission, mais plutôt les pots-de-vin, les parentés, les connaissances et autres voies détournées.

L'espoir est-il encore permis ?
Toutefois, nous pouvons garder l'espoir d'un lendemain meilleur pour notre si beau pays, avec l'approche des élections présidentielles. Fasse Dieu que ces élections soient un nouveau départ pour la Côte d'Ivoire, sur les bases indiquées par le président Félix Houphouët-Boigny lors de la proclamation des indépendances. Ainsi prend fin mon article. J'espère vous avoir ouvert les yeux sur bon nombre de choses. À très bientôt pour un autre article, amis lecteurs.