
Dans la nuit du 19 au 20 mars 2003, les États-Unis ont bombardé Bagdad sous le prétexte de libérer le peuple irakien du joug de Saddam Hussein et d'instaurer la démocratie. Ces intentions pourraient sembler louables si elles ne faisaient pas suite à plusieurs événements passés.
Origines du conflit irakien : de 1979 à la guerre Iran-Irak
1979, Saddam Hussein arrive au pouvoir avec le soutien des États-Unis qui pensent en avoir fini avec ses prédécesseurs qui comptaient nationaliser les ressources pétrolières. Malheureusement pour eux, il menace de le faire aussi plus tard, il devient donc gênant.
1980, il déclare la guerre à l'Iran et redevient le chouchou des Occidentaux en opposant l'Irak laïque à l'Iran religieux. Les États-Unis, comme les autres pays (Europe incluse), fournissent l'armée irakienne en matériel militaire — c'est d'ailleurs de là que vient la majorité des équipements de l'armée actuelle. La guerre se termine en 1988 ; les deux pays sont dans le rouge financièrement. Cette même année, l'armée irakienne utilise l'arme chimique contre les Kurdes. L'Irak compte sur le pétrole pour renflouer ses caisses, mais le Koweït augmente ses exportations et dépasse le quota prévu par l'OPEP, faisant chuter le cours du baril.
Les États-Unis profitent de l'occasion pour étendre leur présence au Moyen-Orient et ne font rien pour empêcher la tension de monter entre l'Irak et le Koweït (qui faisait d'ailleurs partie de l'Irak avant 1930). Pire, ils annoncent à Saddam Hussein qu'ils n'ont aucun traité de protection avec ce pays.
Guerre du Golfe 1991 : chronologie et résolutions de l'ONU
2 août 1990, Saddam Hussein envahit le Koweït pensant bénéficier d'une sorte de semi-soutien des États-Unis. La réaction ne tarde pas : 3 jours plus tard, le président George Bush (le père) condamne cette action et fait voter par les Nations Unies la résolution 660. Les États-Unis en profitent pour convaincre l'Arabie Saoudite que Saddam Hussein représente une menace pour leur pays et compte les envahir, leurs services secrets les ayant soi-disant prévenus que des troupes irakiennes se massent à la frontière — information totalement fausse, révélée par les Américains eux-mêmes lors de l'invasion de l'Irak. Ils installent donc des bases « temporaires » sur le sol saoudien.
- 6 août 1990 : résolution 661 mettant en place l'embargo contre l'Irak.
- 29 novembre 1990 : résolution 678 autorisant le recours à la force en cas de persistance de l'Irak à occuper le Koweït. Résolution votée par 12 voix (dont la France) contre 2, dont le Yémen qui, 3 jours plus tard, ne recevra plus aucune aide financière des États-Unis en représailles.
- 17 janvier 1991 : début de la 1ère guerre du Golfe avec l'opération « Tempête du désert », qui se termine par un cessez-le-feu le 3 mars 1991.
Mais pourquoi s'arrêter brutalement alors que l'invasion de l'Irak est commencée, que les alliés ne rencontrent quasiment aucune résistance et que l'objectif est clairement de renverser Saddam Hussein ? Tout simplement parce que des Irakiens du sud préparent une rébellion contre le régime. Si celle-ci réussit, les États-Unis ne pourront plus utiliser le prétexte du renversement politique. Ils laissent donc le champ libre à Saddam Hussein pour régler le « problème ».
3 avril 1991 : résolution 687 qui officialise le cessez-le-feu et maintient l'embargo.
Conséquences humaines de l'embargo sur l'Irak
Cette guerre aurait causé la mort de 100 à 150 000 Irakiens et détruit la plupart des installations militaires du pays. Régulièrement, les États-Unis et le Royaume-Uni bombardent des cibles identifiées lors des différentes inspections qui ont eu lieu jusqu'en 1998. Cette guerre n'a fait qu'accroître la dette de l'Irak et l'embargo cause la malnutrition des Irakiens (un million de morts depuis 1991). Le programme « pétrole contre nourriture » n'a fait qu'enrichir le pouvoir de Saddam Hussein, qui ne redistribue pas les bénéfices de ce programme aux Irakiens. Ces derniers, se sentant injustement punis, ne font que se rapprocher de leur dirigeant.
Ces informations sont des faits historiques facilement vérifiables si l'on s'en donne la peine, et proviennent d'anciens ministres ou militaires américains.

11 septembre 2001 : un prétexte pour la guerre en Irak ?
Les Américains utilisent le 11 septembre 2001 pour justifier leur action. Cet attentat fut effroyable. « Il faut punir ses auteurs et ceux qui les aident », déclarent-ils. Donc ils attaquent l'Irak, comme si un Maghrébin me frappait et que je me vengeais sur un autre. Aucun lien de l'Irak avec Al-Qaïda n'a été établi, d'autant qu'Oussama Ben Laden déteste Saddam Hussein — il l'a déclaré plusieurs fois.
Mais les Américains, comme les autres pays occidentaux, ne se sont même pas donné la peine d'essayer de comprendre les causes de ces attentats et partent en guerre à droite et à gauche contre le terrorisme. Le fanatisme religieux n'explique pas tout, sinon le monde serait en permanence attaqué par des personnes de toutes les religions. Le problème vient des inégalités entre les pays développés et les pays en voie de développement qui, voyant les autres ne rien faire pour les aider — et pire, faire main basse en permanence sur leurs ressources, profiter de leur main-d'œuvre bon marché et les exploiter (je ne généralise pas, seules quelques sociétés le font, mais ces sociétés sont parmi les plus influentes du monde) — pour ensuite annoncer qu'ils sont de grandes démocraties civilisées ayant des valeurs morales à protéger ; la rancœur monte et le premier venu qui leur promet de renverser cet ordre est vu comme un messie qu'il faut suivre à tout prix. La lutte contre le terrorisme ne sera efficace qu'au moment où ces inégalités seront prises en compte, et non en faisant la guerre, ce qui ne fait qu'augmenter ce sentiment de haine et d'injustice.

Irak : une nouvelle forme de colonisation ?
Les Américains sermonnaient les pays européens au début du XXe siècle à propos de leurs colonies. Une colonisation engagée sous le prétexte d'apporter la civilisation à tous les peuples du monde et débarrasser certains pays des « brigands » qui les gouvernaient. Cela ne vous rappelle pas certaines déclarations ? Apporter la démocratie à l'Irak et en débarrasser le tyran. Ceci est une nouvelle colonisation.
Un tyran qui ne donne aucune valeur à la vie humaine, ce qui est vrai. Mais le fait d'imposer un embargo qui ne touche que le peuple et enrichit le dictateur tout en causant la mort de centaines de milliers de personnes — est-ce cela, le respect ?
Comment des pays comme l'Espagne ou le Japon peuvent-ils soutenir les États-Unis alors qu'ils sont en permanence la proie de l'espionnage industriel de ceux-ci, qui se servent plus de leurs outils d'écoute et d'observation à des fins commerciales plutôt que militaires ? La réussite des attentats du 11 septembre en est une des preuves. Et si les Américains voulaient vraiment renverser le régime de Saddam Hussein, ils se seraient concertés avec les pays européens et surtout tous les pays arabes ; l'action en aurait été que plus légitime et aurait eu plus d'impact.
Conclusion : pour une union mondiale
Pour conclure, j'affirme qu'il faut croire en ces organisations que sont les Nations Unies et l'Union Européenne. Ce sont deux organismes qui vont au-delà des notions de pays et de leurs intérêts, et sans elles, le monde régressera dans un nouvel âge d'isolationnisme, avec des pays se faisant la guerre pour leur gloire ou leur richesse. Or, nous sommes tous des humains, il ne faut pas l'oublier : rien ne me différencie moi, Français, d'un Américain, d'un Chinois ou d'un Congolais. L'avenir est à l'union et non à un patriotisme mal placé.
OUI à l'Union Mondiale (avec les États-Unis) ; NON aux États-Unis du Monde américains.