
Chaque personne arrive sur cette terre de la même façon. Un humain n'a pas choisi quand, ni où il est né. Mais parce que cette personne est là, elle importe. Quand naîtra votre enfant, s'il ne l'est pas déjà, quel monde voulez-vous lui offrir ? Tous diront le meilleur. Peut-être pensez-vous que celui dans lequel nous vivons est déjà assez sûr et bien pour votre enfant, mais le monde est grand. Peut-être que, ailleurs, l'environnement des autres enfants n'est pas aussi sain que celui de votre petit. Si c'était le cas, que feriez-vous ? Il y a bel et bien des enfants, les enfants invisibles, qui eux, contrairement à nous, ont les pires conditions de vie que l'on puisse imaginer. Des enfants qui, eux, préféreraient mourir plutôt que de vivre, jour après jour, dans la peur.
Qui sont les enfants invisibles ?
Ces enfants invisibles vivent en Ouganda et en Afrique du Sud, dans des circonstances très différentes des nôtres. Ils se sauvent pour leur vie tous les jours. Ils fuient les rebelles qui recrutent des jeunes garçons comme enfants soldats et des jeunes filles comme esclaves sexuelles. Ils forcent les garçons à mutiler des visages et les obligent à tuer leurs propres parents. Ils forcent les filles à satisfaire leurs besoins sexuels. Et ce n'est pas seulement quelques enfants, cela représente au moins 30 000 enfants. La peur est leur quotidien. Elle détruit leur vie. Elle les empêche de dormir tranquille la nuit, les poussant à aller dormir dans des espaces communautaires, où ils sont tous confinés. Il est dur d'imaginer vivre d'une telle façon.
Depuis 26 ans, la Lord's Resistance Army (LRA), commandée par Joseph Kony, enlève des enfants comme les nôtres dans le seul but de maintenir son pouvoir. Il n'est encouragé par personne et ne veut qu'être le « maître », comme l'annonce le nom de son armée.
Le chef procureur de la Cour pénale internationale explique que lorsque cette cour a été créée en 2002, son but était de trouver et d'arrêter les pires criminels au monde. Bien qu'il y ait de nombreux criminels, meurtriers et dictateurs dans le monde, la perversité des crimes de Kony le place premier, au sommet de la liste. Ses crimes contre l'humanité, tels que la guerre, le meurtre, l'esclavage sexuel, le viol et l'enlèvement, sont tellement nombreux qu'ils ne peuvent être chiffrés. La seule façon de l'arrêter est de le capturer, mais cette arrestation doit être planifiée.
Il est évident que Kony doit être arrêté, mais le problème est que 99 % des gens de la planète ne le connaissent même pas. Si nous le savions tous, Kony aurait été arrêté depuis longtemps. Il faut que la communauté mondiale le sache pour libérer tous ces enfants et pour faire justice. Il faut faire cesser ce massacre.
Des gens sont allés voir le gouvernement des États-Unis pour demander son aide, mais il a dit qu'il était impossible pour eux de s'impliquer dans un conflit international où leur sécurité nationale et leurs intérêts financiers sont mis en jeu. Puisqu'ils ne pouvaient pas attendre après les gouvernements et les institutions, ils l'ont fait eux-mêmes, en faisant savoir aux gens ce qui se passe. Ils ont montré une vidéo à toutes les personnes qu'ils ont pu ; celles-ci ont été choquées. Leur conscience s'est changée en action. Une communauté est née, basée sur le fait que l'endroit où nous vivons ne devrait pas déterminer la façon dont nous allons vivre. Cette communauté a permis de rebâtir des écoles, créer des emplois et construire une tour radiophonique d'avertissement en cas d'attaque par les rebelles. Tout cela a été financé par une armée de jeunes gens, qui investissent leur temps et leur argent dans leur croyance en la valeur de chaque vie humaine. Avec tout leur effort, l'invisible est devenu visible.
Avec des centaines de milliers d'appuis, ces gens sont retournés à Washington et plusieurs présidents et sénateurs ont alors parlé des enfants ougandais. Puis, l'inattendu arriva : en 2011, Barack Obama a déployé un petit nombre de soldats américains en Afrique du Sud pour assister les troupes locales qui œuvrent au retrait de Joseph Kony du champ de bataille. Après 8 ans de travail, ces gens, des milliers de gens, ont enfin été entendus. C'était la première fois de l'histoire que les États-Unis posaient une action de ce genre parce que les gens l'avaient demandée, pas pour leur propre profit, mais uniquement parce que c'était juste.
Même s'ils sont arrivés si loin, Kony est toujours là-bas. Le fait est qu'il est très dur à retrouver au milieu de la vaste jungle et que, si la recherche reste vaine, les États-Unis peuvent, d'un jour à l'autre, retirer leurs troupes.
Comment agir pour arrêter Kony ?
Ce texte n'est pas pour nous culpabiliser d'avoir la chance que nous avons eue, celle de vivre dans un pays sain, malgré nos petits vices. Ce n'est pas non plus pour que nous nous sentions égoïstes ; nous avons également nos problèmes et nous n'avons pas à nous comparer. C'est uniquement pour nous informer. Pour que nous nous rendions compte qu'il y a autre chose ailleurs et que ce n'est pas mieux qu'ici. C'est pour nous montrer que nous pouvons agir pour dénoncer ce que nous croyons injuste. C'est pour nous convaincre que nous avons un poids majeur dans le monde que nous voulons pour nos enfants. Maintenant que le chemin a été ouvert, il ne reste plus qu'à agir pour changer la situation. Pour que Kony soit arrêté, il faut d'abord le trouver. Pour le trouver, les Ougandais ont besoin de technologie et d'hommes entraînés, mais pour que ces hommes soient là-bas, le gouvernement américain doit les déployer. Il l'a fait, mais si le gouvernement pense que les gens ne se soucient plus de cette cause, la mission sera annulée. Pour que les gens s'en soucient, ils ont besoin de savoir et ils ne sauront que si le nom de Kony est partout. Il faut que Kony devienne célèbre, non pas pour le glorifier, mais pour apporter soutien à son arrestation et créer un précédent pour la justice internationale. Agissons ensemble pour que la vie de milliers d'enfants et de familles change enfin.
Si nous voulons enfin faire cesser la misère de ces enfants, de ces familles et leur rendre la paix, écrivons. Écrivons, pour commencer, aux 20 lanceurs d'alerte décriés par l'organisme Invisible Children. Écrivons à ces célébrités, à ces athlètes et à ces millionnaires qui ont une voix, ceux qui, lorsqu'ils disent quelque chose, voient leurs propos se propager instantanément. Écrivons ensuite aux 12 politiciens qui ont le plus d'autorité, afin qu'eux aussi en parlent. Écrivons par la suite à toutes les personnalités connues, afin que toutes informent la population, pour qu'à leur tour, elles aussi répandent la situation. Écrivons à notre gouvernement, pour qu'il déploie lui aussi ses armées. Écrivons aussi sur Facebook et Twitter, pour que nos amis nous imitent ; utilisons les médias à bon escient. Écrivons dans les journaux, sur des pancartes, textons cette réalité pour que tout le monde sache. Lorsque des citoyens par centaines de milliers écrivent au gouvernement pour un quelconque problème, pour lui demander d'agir, cela devient d'intérêt national. Il faut agir pour que cette situation soit dénoncée pour qu'enfin les choses changent, pour essayer de laisser à nos enfants un monde un peu meilleur que celui dans lequel nous avons vécu. Pensez à cela : si votre enfant était kidnappé et forcé de tuer, agiriez-vous ?
« Battez-vous, parce que c'est ça qui va changer ce monde. Et c'est ce qui nous définit. » — Vidéo campagne pour Invisible Children
Pour plus d'informations sur les actions que nous pouvons poser, sur comment rejoindre les personnes les plus influentes ou pour regarder la vidéo de campagne Invisible Children, référez-vous au site http://www.kony2012.com.