
Les enjeux pétroliers : motivation réelle de la diplomatie américaine ?
George Bush est favorable, on le sait, à une guerre contre Saddam Hussein. Cependant, ce conflit a un goût de pétrole. Il est difficile de croire que le président des États-Unis serait prêt à dépenser une centaine de milliards de dollars pour défendre la démocratie dans un pays que beaucoup d'Américains seraient incapables de situer sur une carte. Si la défense de la démocratie était vraiment sa motivation, il lui faudrait mettre à feu et à sang la moitié de la planète, puisque les dictatures y sont plus nombreuses que les démocraties.
En réalité, Bush veut s'emparer du pétrole irakien parce que l'Amérique craint de manquer d'or noir. Les gisements du Texas s'épuisent, ceux du golfe du Mexique restent difficiles à exploiter et la pression des écologistes a gelé — fort heureusement — pour au moins dix ans l'exploration de l'Alaska. En cas d'intervention américaine, les firmes texanes, dirigées par des amis de Bush, seraient les premières servies.
Ainsi s'est constitué un front d'opposition mondial mené, au niveau politique, par Jacques Chirac. Le problème reste avant tout économique : la France n'a aucun intérêt à ce que Bush s'empare de l'Irak. Total Fina Elf, entreprise française, avait obtenu un important contrat pour l'exploitation du pétrole irakien. Ce contrat a été gelé avec la guerre du Golfe et l'embargo qui a suivi.
Pourquoi une intervention en Irak peut se justifier malgré l'opposition
Certes, il y a eu des manifestations ces derniers jours. Des millions de personnes sont descendues dans la rue, non pas pour s'opposer à une guerre en Irak, mais pour s'opposer à la guerre de George Bush. Pour ma part, je pense que cette guerre est nécessaire pour faire tomber la dictature qui sévit depuis trop longtemps et mettre fin à cet embargo meurtrier.
On ne comprend pas pourquoi les Américains ont laissé Saddam au pouvoir il y a dix ans, imposant un embargo qui a fait des millions de morts. Le peuple irakien a la chance de posséder du pétrole : il suffirait de l'aider à renverser le régime et de le laisser disposer de ses ressources. Si une démocratie gouvernée par et pour le peuple irakien était instaurée, ce peuple pourrait s'enrichir grâce à son pétrole — à condition qu'une élite ne s'en empare pas.