New Delhi vibre au rythme de l'intelligence artificielle depuis le 16 février 2026. Le Bharat Mandapam, ce vaste complexe moderne de la capitale indienne, accueille l'un des événements technologiques les plus ambitieux jamais organisés dans l'hémisphère sud : l'India AI Impact Summit. Narendra Modi a ouvert ce sommet historique en présence d'Emmanuel Macron, de Lula, et des patrons des plus grandes entreprises tech de la planète. L'Inde ne veut plus être simplement la « pharmacie du monde » ou le « back-office » de la tech mondiale : elle ambitionne de devenir une puissance de l'intelligence artificielle à part entière, capable de proposer une alternative aux modèles américain et chinois.

Bharat Mandapam : temple de l'IA mondiale pendant cinq jours
Le choix du Bharat Mandapam comme lieu d'accueil n'est pas anodin. Ce centre de conférences imposant, avec son auditorium circulaire et ses vastes halls d'exposition, a été conçu pour impressionner. C'est ici que l'Inde a organisé le sommet du G20 en 2023, marquant son entrée sur la scène diplomatique mondiale. Aujourd'hui, c'est l'intelligence artificielle qui y est célébrée avec une ambition affichée : faire de ce sommet le troisième grand rendez-vous international sur l'IA, après Bletchley Park au Royaume-Uni en novembre 2023 et le Grand Palais à Paris en février 2025.

Une affluence record pour un événement inédit
Les organisateurs attendaient près de 250 000 visiteurs sur les cinq jours de l'événement. Un chiffre colossal qui témoigne de l'appétit indien pour les technologies émergentes, mais qui a aussi posé des défis logistiques majeurs dès le premier jour. Les halls d'exposition accueillent des centaines de stands d'entreprises, allant des géants technologiques aux startups les plus modestes, créant une ambiance hybride entre conférence des Nations Unies et salon technologique à la française VivaTech.
La dimension internationale est impressionnante : des délégués de plus de 100 pays ont fait le déplacement, avec une présence ministerielle de plus de 45 nations. Le sommet a reçu le soutien officiel de 86 pays qui ont signé sa déclaration finale, un score diplomatique remarquable pour une première édition organisée par un pays du Sud.

L'architecture au service du message politique
Le Bharat Mandapam incarne parfaitement le message que l'Inde souhaite transmettre au monde : un pays moderne, capable d'organiser des événements d'envergure mondiale, mais qui reste fier de ses racines culturelles. Les espaces mêlent design contemporain et éléments traditionnels indiens, rappelant aux visiteurs qu'ils sont bien dans un pays qui entend proposer sa propre vision de l'avenir numérique.
La configuration des lieux permet d'accueillir simultanément des discussions politiques au plus haut niveau, des présentations de produits technologiques et des rencontres entre investisseurs et entrepreneurs. Cette pluralité reflète la volonté indienne de ne pas séparer les enjeux technologiques des questions géopolitiques et économiques.
Modi et Macron : le duo franco-indien pour une IA démocratique
L'image est forte : Narendra Modi et Emmanuel Macron côte à côte, co-présidant les discussions officielles du sommet. La France s'est positionnée comme le partenaire européen privilégié de l'Inde dans le domaine de l'intelligence artificielle, prolongeant une relation diplomatique qui s'est considérablement renforcée ces dernières années.

Le message politique des deux dirigeants
Dans son discours, Emmanuel Macron a souligné que « l'avenir de l'IA sera construit par ceux qui sauront combiner innovation et responsabilité, technologie et humanité ». Une phrase qui résume parfaitement la vision française d'une intelligence artificielle encadrée, mais pas étouffée par la régulation. Le président français a également tenu à corriger une image parfois répandue : « L'Europe n'est pas aveuglément concentrée sur la régulation. L'Europe est un espace d'innovation et d'investissement, mais c'est un espace sûr. Et les espaces sûrs gagnent sur le long terme. »
De son côté, Narendra Modi a plaidé pour un partage équitable des technologies d'intelligence artificielle entre les nations. Le Premier ministre indien a insisté sur la nécessité d'une « démocratisation de l'IA » qui ne laisse pas les pays en développement sur le bord de la route de l'innovation.
Une alliance stratégique pour l'Europe

La présence française au sommet ne se limite pas aux discours politiques. Arthur Mensch, le fondateur de Mistral AI, faisait partie des quelque 30 dirigeants d'entreprises technologiques invités. Sa présence symbolise la montée en puissance de l'écosystème européen d'IA, capable de rivaliser avec les géants américains sur certains segments.
Cette alliance franco-indienne pourrait s'avérer décisive dans les années à venir. L'Inde cherche des partenaires technologiques qui ne soient pas les États-Unis ni la Chine, et la France apparaît comme un candidat idéal : puissance technologique européenne, présente en Asie, et partageant une vision de l'IA plus régulée que le modèle américain.
Sam Altman, Sundar Pichai : les patrons de la tech à New Delhi
La liste des dirigeants technologiques présents au sommet ressemble au « who's who » de l'intelligence artificielle mondiale. Sam Altman d'OpenAI, Sundar Pichai de Google et Alphabet, Dario Amodei d'Anthropic : tous ont fait le déplacement pour affirmer leur intérêt pour le marché indien.
Les prédictions audacieuses de Sam Altman
Le patron d'OpenAI n'a pas ménagé son audience lors de son intervention. Selon lui, une « vraie superintelligence » pourrait émerger d'ici deux ans, une prédiction qui suscite à la fois excitation et inquiétude dans la communauté technologique. Altman avertit qu'en 2028, davantage de capacité intellectuelle pourrait résider dans les centres de données que dans les cerveaux humains.

Mais c'est son appel à la régulation qui a retenu l'attention. « La démocratisation de l'IA est la meilleure façon d'assurer l'épanouissement de l'humanité », a-t-il déclaré, ajoutant que la centralisation de cette technologie dans une seule entreprise ou un seul pays « pourrait mener à la ruine ». Un message qui résonne particulièrement en Inde, pays qui cherche justement à développer sa propre souveraineté numérique.
Altman a également reconnu les progrès « remarquables » de la Chine en matière d'IA, citant notamment les percées de DeepSeek. Une reconnaissance inhabituelle de la part d'un dirigeant américain, qui montre à quel point la compétition technologique s'intensifie.
La diaspora indienne aux commandes de la tech mondiale
La présence de Sundar Pichai à ce sommet revêt une dimension symbolique particulière. Ce fils d'immigrants indiens qui dirige l'une des entreprises les plus puissantes du monde incarne le succès de la diaspora indienne dans la Silicon Valley. Son engagement en faveur de l'Inde n'est pas nouveau, mais ce sommet offre une plateforme idéale pour renforcer les liens entre Google et l'écosystème indien.
D'autres dirigeants d'origine indienne sont présents, témoignant du rôle crucial joué par cette communauté dans l'innovation technologique mondiale. L'Inde compte sur ces liens pour attirer investissements et talents, transformant sa diaspora en levier de développement stratégique.

Trois cents milliards de dollars : l'offensive économique indienne
L'annonce a fait l'effet d'une bombe dans les milieux d'affaires : les engagements totaux des entreprises indiennes dépasseraient les 300 milliards de dollars. Un chiffre vertigineux qui positionne l'Inde comme l'un des plus grands marchés d'investissement en intelligence artificielle au monde.
Les géants industriels indiens passent à l'action
Reliance, le conglomérat dirigé par Mukesh Ambani, a annoncé un investissement de 110 milliards de dollars sur sept ans pour développer des infrastructures d'IA et de données. Une somme considérable qui vise à faire de l'Inde une plaque tournante du numérique asiatique.
Le groupe Adani, autre pilier de l'économie indienne, s'est engagé à hauteur de 100 milliards de dollars pour construire des centres de données alimentés par des énergies renouvelables d'ici 2035. Une vision qui combine deux priorités stratégiques de l'Inde : le développement technologique et la transition énergétique.
À eux seuls, ces deux conglomérats représentent 210 milliards de dollars d'investissements promis. S'y ajoutent plus de 20 milliards de dollars de capital-risque destinés aux startups du secteur, créant un écosystème financier propice à l'innovation.
Une opportunité pour les investisseurs internationaux
Ces annonces envoient un signal fort aux investisseurs mondiaux : l'Inde n'est plus simplement un marché à conquérir, mais un partenaire capable de mobiliser des capitaux considérables. Pour les entreprises technologiques internationales, le message est clair : ceux qui ne s'implantent pas en Inde risquent de rater l'une des plus grandes opportunités de croissance de la prochaine décennie.
Comme nous l'avions analysé dans notre article sur pourquoi Modi et les patrons de Google et OpenAI misent 68 milliards de dollars sur New Delhi, les investissements étrangers s'ajoutent à cet effort indien pour créer un véritable tsunami financier autour de l'IA en Inde.
La « troisième voie » indienne entre États-Unis et Chine
L'un des messages les plus forts de ce sommet est la volonté indienne de proposer une alternative aux modèles américain et chinois. Pas de capitalisme sauvage sans régulation comme aux États-Unis, pas de contrôle étatique omniprésent comme en Chine : l'Inde veut inventer sa propre voie.

Un modèle adapté aux pays du Sud
L'Inde met en avant son statut de « premier sommet sur l'IA organisé dans le Sud global ». Cette position lui permet de se présenter comme le porte-parole naturel des pays en développement face aux puissances technologiques occidentales et chinoises.
Le modèle indien mise sur plusieurs piliers : une main-d'œuvre tech abondante et formée, des coûts de développement inférieurs à ceux des pays occidentaux, et une compréhension des besoins des marchés émergents. L'Inde propose des solutions d'IA adaptées aux réalités locales, qu'il s'agisse de l'agriculture, de la santé ou de l'éducation.
La question de la souveraineté numérique
Le concept d'IA « souveraine » est central dans le discours indien. Il s'agit de développer des technologies qui ne dépendent pas des infrastructures ou des entreprises étrangères. Une préoccupation partagée par de nombreux pays qui craignent de devenir dépendants des géants technologiques américains ou chinois.
Cette vision, détaillée dans notre analyse sur la troisième voie technologique de Modi, séduit au-delà de l'Inde. Plusieurs pays d'Afrique et d'Asie du Sud-Est expriment leur intérêt pour ce modèle alternatif.
L'écosystème startup indien en pleine effervescence
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : l'Inde compte désormais 8 178 entreprises liées à l'intelligence artificielle, selon les données présentées au sommet. Un écosystème en pleine explosion qui attire l'attention des investisseurs mondiaux.
Des startups qui rivalisent avec les meilleurs
Plus de 170 startups spécialisées dans l'IA ont été identifiées en Inde, ayant collectivement levé 2,6 milliards de dollars à ce jour. Le sommet a mis en lumière plus de 110 d'entre elles, couvrant des domaines aussi variés que la santé, l'agriculture, l'éducation ou les services financiers.
Selon le Chief AI Officer de Meta, l'Inde compterait davantage de startups IA grand public que les États-Unis. Une affirmation surprenante qui témoigne de l'essor remarquable de l'entrepreneuriat technologique indien.
Les défis structurels restants
Malgré ces progrès, l'Inde reste loin derrière les États-Unis en termes de nombre total d'entreprises IA (8 178 contre 29 618). Le pays manque également de certaines infrastructures critiques, notamment en matière de puissance de calcul. L'annonce du déploiement de 58 000 unités de traitement graphique (GPU) vise à combler partiellement ce retard.
La formation des talents reste également un défi. Si l'Inde se classe au deuxième rang mondial pour le nombre de travailleurs qualifiés dans le domaine technologique, la qualité de la formation et son adéquation avec les besoins de l'industrie varient considérablement selon les régions.
Les coulisses chaotiques d'un sommet ambitieux
Derrière le sourire diplomatique et les annonces fracassantes, le sommet a connu des débuts difficiles. Les réseaux sociaux se sont enflammés dès le premier jour, inondés de plaintes de participants frustrés.
Des queues interminables et des stands pillés
Le lundi d'ouverture a été marqué par des scènes de chaos. Des fondateurs de startups ont raconté avoir fait la queue dès 7 heures du matin pour attendre plusieurs heures avant d'accéder au site. Certains se sont vus interdire l'entrée aux halls d'exposition en raison de fermetures de sécurité liées à l'arrivée du Premier ministre.
Plus grave, des exposants ont signalé des vols dans leurs stands. Le fondateur d'une startup de technologies portables a raconté sur X que ses produits avaient disparu « dans une zone pourtant sous haute sécurité ». Un camouet embarrassant pour un événement qui se veut vitrine des capacités organisationnelles indiennes.
L'affaire du robot chinois présenté comme indien
L'incident le plus cocasse a impliqué l'université Galgotias, dont une professeure a affirmé devant les caméras de la télévision publique qu'un robot-chien nommé « Orion » avait été « développé » par leur centre d'excellence. Rapidement, des internautes ont identifié la machine : il s'agissait du modèle Go2 du fabricant chinois Unitree Robotics, disponible à l'achat pour environ 200 000 roupies.
L'université a nié avoir prétendu avoir construit le robot, parlant d'une « campagne de propagande » et expliquant qu'elle utilisait ce matériel commercial pour former ses étudiants. L'incident a conduit à la coupure de l'électricité du stand, une image embarrassante relayée par les médias internationaux.
Le ministre des Technologies de l'Information, Ashwini Vaishnaw, a présenté ses excuses pour « tout désagrément », reconnaissant implicitement les problèmes organisationnels. Les responsables affirment que la situation s'est améliorée dans les jours suivants.
Les femmes dans l'IA : une présence enfin visible
L'une des sessions notables du sommet a porté sur la place des femmes dans l'écosystème IA. Une question cruciale alors que l'intelligence artificielle façonne de plus en plus notre quotidien.
Un partenariat avec les Nations Unies
L'université Amrita Vishwa Vidyapeetham a organisé une session de haut niveau en partenariat avec UN Women India, l'UNESCO, LinkedIn et le réseau Women for Ethical AI. L'objectif : examiner comment rendre les écosystèmes IA d'Asie du Sud plus inclusifs et représentatifs.
Les discussions ont porté sur les écarts entre les sexes dans l'éducation à l'IA, le développement des compétences, la participation au marché du travail et l'accès aux postes de direction. Les organisateurs ont présenté les résultats d'une étude inédite sur le genre et l'IA en Asie du Sud, offrant une base de données concrète pour orienter les politiques publiques.

Vers une IA plus éthique et inclusive
Le message principal de cette session est que les femmes ne doivent pas être de simples utilisatrices de l'IA, mais des co-créatrices et des dirigeantes qui façonnent son avenir. Une perspective qui s'inscrit parfaitement dans la vision indienne d'une technologie au service de tous, et non d'une élite.
Bill Gates et l'ombre des fichiers Epstein
Le sommet a également été marqué par un retrait médiatique de dernière minute : celui de Bill Gates. Le cofondateur de Microsoft devait prononcer un discours clé, mais sa fondation a annoncé quelques heures seulement avant son intervention qu'il ne parlerait pas finalement.
Une décision pour « maintenir le focus »
La Gates Foundation a expliqué que cette décision avait été prise « après maturé réflexion » et pour « garantir que l'attention reste sur les priorités clés du sommet ». Une formulation prudente qui n'a pas convaincu les observateurs.
Le retrait survient dans un contexte controversé : le nom de Gates apparaît dans des fichiers récemment publiés par le département américain de la Justice concernant Jeffrey Epstein, le délinquant sexuel décédé. Le porte-parole de Gates a qualifié ces allégations d'« absolument absurdes et complètement fausses », rappelant que le milliardaire a déjà exprimé ses regrets d'avoir fréquenté Epstein.
L'Inde reste une priorité pour la fondation
Malgré ce retrait, la Gates Foundation a réaffirmé son engagement « total » en faveur de son travail en Inde, notamment dans les domaines de la santé et du développement. Ankur Vora, président des bureaux Afrique et Inde de la fondation, a pris la parole au nom de l'organisation.
Gates était effectivement en Inde au moment du sommet, ayant visité l'état d'Andhra Pradesh pour discuter d'initiatives dans les domaines de la santé, de l'agriculture et de l'éducation. Son absence de la tribune du sommet n'en reste pas moins un coup dur pour les organisateurs qui comptaient sur sa présence pour attirer l'attention médiatique mondiale.
Les dirigeants mondiaux présents à Bharat Mandapam
Au-delà d'Emmanuel Macron, plusieurs chefs d'État et de gouvernement ont fait le déplacement à New Delhi, témoignant de l'importance croissante de l'Inde sur la scène internationale.
Une représentation géographique diversifiée
Le président brésilien Lula da Silva était présent, renforçant les liens entre les deux grands pays émergents. La Slovaquie, la Finlande et la Suisse avaient également envoyé leurs dirigeants, tout que le prince héritier d'Abu Dhabi, Sheikh Khaled bin Mohamed bin Zayed Al Nahyan.
Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a participé aux discussions, soulignant l'importance d'une gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle. Au total, une vingtaine de chefs d'État ou de gouvernement et plus de 50 ministres internationaux ont assisté au sommet.
La photo de famille symbolique
L'image de Modi entouré de Macron, Lula et des autres dirigeants fera le tour du monde. Elle illustre parfaitement l'ambition indienne : être reconnu comme un acteur incontournable des discussions technologiques mondiales, aux côtés des grandes puissances traditionnelles.

Pour suivre les développements en direct de ce sommet historique, notre couverture en direct sur Modi et la bataille pour l'avenir de l'intelligence artificielle continue de s'enrichir tout au long de l'événement.
L'Inde peut-elle vraiment rivaliser avec les superpuissances de l'IA ?
La question fondamentale reste ouverte : l'Inde a-t-elle les moyens de ses ambitions ? Les éléments de réponse sont contrastés.
Des atouts indéniables
L'Inde se classe désormais au troisième rang de l'indice de vitalité IA de Stanford, une progression spectaculaire depuis la septième place. Le pays dispose d'un réservoir de talents considérable, avec une population jeune et de plus en plus formée aux technologies numériques.
Le marché intérieur indien représente également un atout majeur. Avec plus de 1,4 milliard d'habitants et une classe moyenne en pleine expansion, l'Inde offre un terrain d'expérimentation idéal pour les applications d'IA grand public. Les entreprises peuvent tester et déployer leurs solutions à une échelle impossible à atteindre dans la plupart des autres pays.
Les défis à surmonter
Cependant, l'Inde reste loin derrière les États-Unis et la Chine en termes de capacité de calcul, d'investissement en recherche fondamentale et de présence dans les technologies de pointe. Les infrastructures, bien qu'en amélioration, restent inégales selon les régions.
Le risque pour l'Inde est de rester cantonnée dans un rôle de « backend » : fournisseur de main-d'œuvre tech et de données, mais pas véritable créateur de technologies révolutionnaires. Les investissements annoncés lors de ce sommet visent précisément à éviter ce scénario.
Conclusion
L'India AI Impact Summit 2026 restera comme un moment charnière dans l'histoire de la technologie indienne. En réunissant les dirigeants mondiaux et les patrons des plus grandes entreprises tech à Bharat Mandapam, Narendra Modi a envoyé un message clair au monde : l'Inde n'est plus un simple observateur de la révolution de l'intelligence artificielle, elle entend en être un acteur majeur.
Les engagements de 300 milliards de dollars, la présence d'Emmanuel Macron comme co-président, les annonces de Sam Altman sur l'imminence de la superintelligence : tous ces éléments témoignent du basculement en cours. L'Inde propose une « troisième voie » entre le modèle américain et le modèle chinois, une vision qui séduit de nombreux pays du Sud global.
Pourtant, le chemin reste long. Les incidents du premier jour, l'affaire du robot chinois présenté comme indien, le retrait de dernière minute de Bill Gates : ces accrocs rappellent que l'Inde doit encore prouver sa capacité à organiser des événements de cette envergure sans accroc. Mais l'ambition est là, et avec elle, la conviction que l'avenir de l'intelligence artificielle se jouera aussi à New Delhi, et pas seulement à San Francisco, Pékin ou Paris.