
Une crise sociale et sociétale
Cette « crise » qui a attendu 2008 pour dire officiellement son nom est en réalité concrète depuis le début des années 1980. Elle est sociétale avant d'être économique. L'ère actuelle a nonchalamment fondu les individus dans des rôles prédéfinis et a élevé la consommation au rang de finalité quand elle devrait n'être qu'une nécessité.
C'est l'ère de l'étalage du superficiel comme but ultime, où une célébrité comme Paris Hilton peut devenir une idole aux yeux de jeunes décérébrés qui connaissent ses moindres frasques mais n'ont même pas une idée de l'histoire de leur pays.
C'est l'ère de la marchandisation sexuelle et de l'utilisation des corps comme vecteurs publicitaires, au moment même où la sexualité de l'individu moyen est au plus bas.
C'est l'ère de la négation des différences, de l'hypocrisie générale quant aux attributs et attributions censés être identiques pour une femme et un homme.
Le triomphe du superficiel et des apparences
C'est l'ère de la perte de repères généraux et des identités, directement causée par le point précédent. La théorie a cédé la place à la pratique : une femme prédatrice émasculée fait face à un homme sensible efféminé et finalement rendu lâche par le nouveau manque de confiance qui l'assaille.
C'est l'ère du cynisme et de la dérivation en concept de tout ce qui n'est pas naturel. Ainsi ce même homme serait à présent un « métrosexuel » et sa nouvelle vocation à prendre soin de sa garde-robe, de ses ongles et de son corps serait un aboutissement logique.
C'est l'ère où une relation entre deux individus est devenue un échange marchand comme un autre, régi par le rapport coûts/bénéfices et un investissement mesuré. On « mise » sur quelqu'un en pensant qu'il fera l'affaire, on « compte » sur quelqu'un d'autre pour qu'il nous rende service, on « valorise » un autre en prenant part à sa soirée mondaine, on « rentabilise » ses contacts...