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Monde

Guadeloupe, mon île telle que je la voit

Plongez au cœur de la Guadeloupe : son histoire tourmentée, sa culture métissée, ses paysages volcaniques et sa savoureuse gastronomie.

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Géographie et paysages de la Guadeloupe

La plus grande île des Antilles françaises est riche de par sa population aux mille visages, son histoire, son environnement, sa gastronomie et les multiples facettes de sa culture. Lisez et appréciez.

Située en face de l'Amérique centrale, la Guadeloupe constitue un archipel. Entourée par l'océan Atlantique à l'est et la mer des Caraïbes à l'ouest, elle se trouve à environ 7 000 km de l'Europe, soit 8 heures d'avion.

D'une superficie de 1 705 km² (848 km² pour la Basse-Terre et 590 km² pour la Grande-Terre), elle compte environ 450 000 habitants. Elle est formée de deux îles principales :

  • La Basse-Terre (848 km²), île volcanique située à l'ouest ;
  • La Grande-Terre (590 km²), constituée d'un plateau calcaire.

Les deux parties sont reliées par l'étroit bras de mer de la Rivière Salée. Le plus haut sommet est celui du volcan endormi, la Soufrière, qui culmine à 1 478 mètres.

Plusieurs îles plus petites sont administrativement rattachées à la Guadeloupe : Marie-Galante, La Désirade, les Îles des Saintes, ainsi que Saint-Barthélemy et Saint-Martin.

De nombreux termes élogieux sont utilisés pour qualifier ce magnifique archipel :

  • "L'île aux belles eaux" : à cause de ses merveilleuses plages bordées de cocotiers.
  • "L'île d'émeraude" : pour sa végétation luxuriante.
  • "Le papillon" : pour sa forme ressemblant à celle d'un papillon aux ailes déployées.

La Guadeloupe bénéficie de plusieurs traits particuliers : des splendides plages et baies retirées baignées d'eaux limpides, des forêts tropicales en Basse-Terre où se trouve le volcan de La Soufrière, des sources d'eau chaude, et des falaises abruptes sur les côtes nord de l'île, où l'on trouve des ruines de sucreries.

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Histoire de la Guadeloupe

Comment Christophe Colomb a-t-il découvert l'île ?

C'est le 4 novembre 1493 que Christophe Colomb, lors de son deuxième voyage, découvre l'île qu'il rebaptisera Santa Maria de Guadalupe en jetant l'ancre du côté de Sainte-Marie à Capesterre-Belle-Eau. En raison de l'hostilité des indigènes face aux tentatives de colonisation de Juan Ponce de León, la Guadeloupe restera pendant longtemps un simple point de ravitaillement pour les navires en route vers les Amériques.

La colonisation de l'archipel

C'est le 14 février 1635 que Charles Lénard de l'Olive et Jean du Plessis d'Ossonville obtiennent la permission de la Compagnie des Îles d'Amérique pour coloniser l'île et la commander ensemble.

Les deux associés quittèrent le port de Dieppe le 25 mai 1635 avec un peu plus de cinq cents personnes et accostèrent du côté de Sainte-Rose, l'endroit le plus ingrat de l'île à l'époque. Les premiers mois furent difficiles et beaucoup d'entre eux moururent de faim ou de maladie. Les survivants décidèrent de se loger au sud de l'île, du côté de Vieux-Fort. Ils y reçurent l'aide des Caraïbes mais leur déclarèrent tout de même la guerre pour leur prendre vivres et femmes.

Les premiers colons sont des Français originaires de l'ouest de la ligne Lille/Bordeaux. Ils sont ruraux, artisans ou encore engagés, mais tous sont des gens possédant des moyens. Ils deviendront maîtres de case et feront venir des esclaves venus d'Afrique pour entretenir leurs exploitations.

À leur arrivée, les colons se mettent dans la culture du tabac mais se spécialisent vite dans la culture de la canne à sucre. C'est l'arrivée des Hollandais chassés du Brésil et de leur connaissance en culture de la canne qui va développer considérablement l'économie guadeloupéenne. Les exploitations de grande taille vont se multiplier et la réquisition d'esclaves se fait de plus en plus importante.

La traite des Noirs et ses conséquences

Ce chapitre est l'un des plus importants de l'histoire des Amériques. En effet, pendant plus de 200 ans, ce système d'exploitation d'hommes donnera lieu au plus grand génocide humain, puisque plus de 25 millions de femmes et d'hommes seront arrachés de l'Afrique pour être envoyés aux Amériques.

C'est ainsi que se développe un commerce triangulaire entre l'Europe, l'Afrique et les Amériques. Dans ce chapitre, on pourra toujours remettre en question la responsabilité des royaumes européens, de l'Afrique et surtout des instances religieuses, mais cela ne servira pas à grand chose.

L'abolition de l'esclavage

Peu de gens le savent, mais il y a eu deux tentatives d'abolition. Deux personnages seront les porte-drapeaux de ces tentatives : Louis Delgrès et Victor Schoelcher, mais on n'oubliera pas surtout les grands abolitionnistes de France que sont Lamartine, Ledru-Rollin et Victor Hugo.

En résumé : en 1793, la Convention nationale française envoie le commissaire Victor Hugues libérer la Guadeloupe. Il abolit l'esclavage en avril 1794. En 1802, à la demande de la noblesse créole, le Premier consul Bonaparte envoie le général Richepanse à la Guadeloupe pour y rétablir l'esclavage et rendre le pouvoir aux grands planteurs créoles. Les esclaves et les mulâtres affranchis s'arment sous le commandement du colonel Delgrès, mais sont finalement mis en échec. À la chute du premier Empire en 1815, la souveraineté de la France sur l'île est définitivement reconnue par le congrès de Vienne. La traite des Noirs est abolie, mais dans les faits, il faut attendre 1848 et le décret Schoelcher pour que l'esclavage soit définitivement aboli.

La départementalisation de la Guadeloupe

Jusque-là colonie française, la Guadeloupe devient un Département d'outre-mer (DOM) par la loi du 19 mars 1946, à l'instar de la Martinique.

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Culture et société en Guadeloupe

Un métissage culturel unique

Pourquoi avoir autant parlé de l'histoire, me direz-vous ? Tout simplement parce que si l'on ne connaît pas l'histoire de l'île, on risque de passer à côté de pleins de choses intéressantes quand vous la visiterez.

La Guadeloupe, c'est d'abord un mélange ethnique. On y croise des Noirs, des Indiens, des Békés, des Blancs, et depuis peu des Chinois, des Libanais, des Syriens, des Haïtiens ou encore des Dominicains.

Riche de son métissage, la culture guadeloupéenne est riche d'une forte tradition populaire, d'une grande vitalité musicale, artistique et littéraire. Le paysage porte encore les témoignages de l'histoire de ce pays. Il y a tellement de cultures différentes qu'il y a toujours quelque chose à voir en Guadeloupe : les "lewoz", les fêtes communales, les combats de coqs, la fête des cuisinières, le carnaval, mais aussi des expositions artistiques.

Comprendre la langue créole

Il ne faut pas se leurrer : quand on va en Guadeloupe, qu'on le veuille ou non, on est toujours en France, la langue officielle est donc le français. Mais vous savez bien que nous, les Antillais, nous avons créé par la force des événements une langue à nous : le créole.

Le créole est un parler qui est le fruit du mélange de plusieurs langues. Si on s'amusait à décortiquer le langage, on trouverait facilement des similitudes avec le français, l'espagnol, le portugais, l'anglais et des langues indigènes (caraïbes) et africaines importées. Toutes ces populations se sont côtoyées pendant plus de deux cents ans, il a bien fallu qu'elles trouvent un moyen de se comprendre.

Ce qui est magique avec le créole, c'est qu'il est parlé dans les Antilles, d'Haïti aux Grenadines, avec des nuances d'une île à l'autre. Ainsi, les habitants d'îles françaises, anglaises ou hollandaises, de langues officielles différentes et séparées par des milliers de kilomètres, parviennent aisément à se comprendre et à communiquer.

Le créole est plutôt une langue parlée qui a réussi à survivre grâce à la tradition orale. Elle est véhiculée par les conteurs qui, à la veillée, rassemblaient petits et grands pour écouter des contes et histoires de la tradition. Le créole est plus qu'une langue, c'est une façon de vivre, c'est aussi l'histoire d'un peuple. Il est plein de saveur, d'odeurs, de couleurs et d'images.

Musique et danses traditionnelles

La musique comme la danse occupent une place importante dans la culture et les traditions. C'est un mélange de sons et de rythmes français, anglais, espagnols et africains qui lui donnent sa richesse.

Au temps de l'esclavage existaient les bamboulas, des transes collectives autour du Gwo-Ka, le tambour créole. Mis à l'honneur aujourd'hui au festival de Sainte-Anne, le Gwo-Ka est une musique au tambour née dans la chaleur des champs de canne à sucre au temps de l'esclavage. C'est une musique rurale, dont le soliste donne le thème, repris par les autres musiciens. Les percussions tissent une trame autour de cela. Tambour des esclaves, le Ka est devenu le symbole d'un appel à la révolte, de la résistance de tout un peuple à l'aliénation culturelle. C'est notre blues à nous !

Mes grands-parents ont quant à eux beaucoup dansé sur la biguine à l'entre-deux-guerres, une musique très influencée par le jazz à mon goût. Vous ne me croyez pas ? Écoutez bien le solo de guitare : n'avez-vous pas l'impression d'être à la Nouvelle-Orléans ?

Le Zouk est quant à lui devenu la musique antillaise par définition dans les années 80.

La gastronomie créole

C'est mon chapitre préféré. Si vous n'aimez pas la Guadeloupe pour ses paysages, sa population ou sa culture, vous devez au moins l'aimer pour sa gastronomie. Riche et variée en saveurs et résultante elle aussi de l'histoire mouvementée des Antilles, la cuisine créole est reconnue à ce titre et est même mise chaque année à l'honneur lors de la fête des cuisinières.

Outre le traditionnel colombo de poulet ou les accras de morue, j'estime que tout individu sur terre doit avoir le droit de goûter au moins une fois dans sa vie à un gratin de christophine, à un blaff de poisson ou à un blanc-manger coco. Enfin, vous devriez goûter à tous les plats car je vous jure qu'il n'y en a pas un pour dérouter l'autre, tout est excellent. Bon d'accord, il ne faut pas avoir peur d'en prendre plein les papilles, mais essayer la cuisine antillaise, c'est l'adopter !

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Conclusion : découvrez l'île aux belles eaux

Pour finir mon article, je vais vous dire que j'espère vous avoir donné envie de découvrir l'île de mes ancêtres. Ben oui, car comme dirait le Doc : "Ma mère est née là-bas, mon père est né là-bas, moi je suis né ici dans la misère et les cris."

Je suis incollable en histoire guadeloupéenne tout simplement parce que j'ai longtemps écouté mon grand-père parler de son enfance et de notre famille. Quand je vais en Guadeloupe, je n'y vais pas spécialement pour la plage ou pour le beau temps, mais surtout pour découvrir son histoire, ma terre d'origine, même si en fait je ne viens pas vraiment de là-bas... mais bon.

Toute l'île est marquée par son histoire, alors quand vous passerez par là-bas, par pitié, ne vous limitez pas à la plage. Ne passez pas à côté des richesses de l'île aux belles eaux, de sa faune, de ses chutes d'eau, de ses sources bouillonnantes, de ses eaux sulfureuses, de ses cratères, de ses champs de bananes et de ses plus intéressants vestiges d'un passé révolu. L'atout touristique majeur de la Guadeloupe est sans nul doute la variété de ses paysages, faut dire que Dame Nature s'est drôlement lâchée là-bas.

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eyecandy2
eyecandy2 @eyecandy2
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