
Cette période de l'année était ma préférée quand j'étais enfant. Mais au fil du temps, j'ai compris tout le business et l'absurdité qui en émanaient. Je pense que cette évolution du sentiment est valable pour tous : enfants, nous sommes émerveillés par la magie de Noël, par le vieux barbu qui, sans raison apparente, nous apporte des cadeaux, par les lutins, les bougies, les étoiles, les anges, le rouge et le vert. Le Nouvel an est bien moins important quand on est enfant : je ne me souviens même pas de mes impressions au retentir du douzième coup de minuit !

Noël : une fête devenue capitaliste ?
Puis, en grandissant, Noël nous apparaît comme une fête 100 % capitaliste : on se sent presque obligés de vider nos économies alors que peu vaut beaucoup. On prend tous 5 kg avec des repas excessifs et, de ce fait, ridicules. En prenant de l'âge, on se rend compte que toutes les belles moralités des films de Noël ne valent rien et nous ont menti !
L'autre fois, j'étais au marché de Noël de ma ville. Je me suis arrêtée quelques minutes et j'ai analysé la scène. Ce marché se trouvait dans le cœur de la ville, dans une rue marchande, et était donc bondé de monde. Au milieu, un pauvre homme, peut-être sans abri. Naïvement et ivre des films de Noël, je pensais que les passants allaient lui offrir une petite pièce, en cette « belle période de Noël ». D'après tous ces films de fin d'année, on peut se conduire en connard tout le long de l'année, mais attention, à Noël, on se doit d'aider notre prochain !
Pourtant, personne n'a donné un centime à ce pauvre homme. Si chaque individu avait donné ne serait-ce qu'un centime d'euro, je suis persuadée que cet homme aurait pu manger à sa faim ! J'ai décidé de donner l'exemple et peut-être faire culpabiliser les passants robotisés et insensibles, en lui donnant 80 centimes, soit une baguette de pain, soit une faim maîtrisée pendant quelques heures...
Noël et religion : quelle place pour les traditions ?
Cela fait 18 ans que je fête Noël : 18 ans de cadeaux, 18 ans d'argent, 18 ans de repas excessifs, de magie... Mais aucune messe de minuit en 18 ans. Noël reste avant tout une fête religieuse et je crains que dans quelques années on ne voie plus cet aspect pourtant fondateur et essentiel ! Demandez à un enfant de 10 ans ce qui représente Noël : il vous répondra « Père Noël », « le sapin » et les cadeaux. Ne pas penser à la naissance de Jésus un 25 décembre, c'est comme fêter Thanksgiving, nous Français : de la pure absurdité !
Pour la première fois de ma vie, je suis donc allée à la messe de minuit. Je ne suis pas croyante, de ce fait non pratiquante, mais je fête Noël alors j'essaie de revenir à ses sources. Cette messe m'a extrêmement déçue car ce n'était que des chants où les badauds du coin dérouillaient leurs cordes vocales sans croire ou comprendre ce qu'ils disaient. Peu de religion à l'état pur, j'entends par là lecture de textes sacrés. Bref, je n'en retiens pas grand-chose de génial !

Nouvel an : une fête absurde ?
En ce qui concerne le Nouvel an, je trouve que c'est la fête la plus absurde et stupide qui soit. Faire la fête pour faire la fête ! Enfin, il n'y a rien de méprisable là-dedans, bien sûr.
Quand on pense au temps, on se dit que c'est un concept extrêmement complexe. En effet, en quoi un jour marque-t-il la rupture entre deux choses ? Ce jour a-t-il des caractéristiques particulières ? Pourquoi fait-on la fête le 31 décembre et pas le 5 juin ? Oui, bien sûr, c'est la fin de l'année, mais ce n'est que relatif : le temps ne s'arrête pas. La notion d'année, de mois, de jour, d'heures, de minutes et de seconde n'existe pas ! Et d'un 5 juin au 5 juin suivant, un an est passé aussi, non ?
Fêter le Nouvel an est comme fêter le nouveau jour ou le nouveau mois ! Je trouve déjà extrêmement débile de se dire « Bonjour », alors imaginez « Bonne année... ». L'homme est vraiment fou de penser que cette année sera meilleure que la dernière : des malheurs le frapperont cette année également, il n'y a pas de mystère, et ce n'est pas l'espérance « bonne année » qui le préservera.