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Monde

Euthanasie, le grand débat

L'euthanasie divise la France : illégale mais pratiquée, elle soulève des questions éthiques majeures. Retour sur un débat qui oppose politique, corps médical et société civile.

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En France, l'euthanasie est totalement illégale, mais personne ne conteste son existence, même si l'aveu est fait à demi-mot. Selon l'ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), qui milite pour une dépénalisation de l'euthanasie, près de 2 000 décès seraient dus chaque année à des actes volontaires de médecins, dont plus de la moitié dans les services de réanimation. De son côté, le corps médical tempère le débat : la pratique existe, certes, mais sa fréquence serait très inférieure aux chiffres avancés par certaines associations.

Pourquoi l'euthanasie divise-t-elle la société française ?

Il y a quelques mois, Jean-François Mattei, ministre de la Santé, a réaffirmé son opposition à l'euthanasie, qui constitue selon lui « la mauvaise réponse à des questions de souffrance, de solitude et d'abandon ». Il a ajouté : « Je ne crois pas que l'on puisse aujourd'hui écrire dans un texte de loi qu'un homme serait autorisé à donner la mort à un autre homme. » Du côté de la société civile, la légitimité de l'euthanasie semble de moins en moins discutée, à condition que le cas soit clair. L'envoi, en décembre dernier, d'une supplique au président Jacques Chirac par Vincent Humbert pour qu'on le laisse mourir a profondément ému les Français : ils étaient 90 %, selon un sondage, à estimer que la loi devrait « autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie des personnes atteintes de maladies insupportables et incurables, si elles le demandent ».

À la suite de l'affaire Christine Malèvre, Bernard Kouchner, alors ministre de la Santé, s'était efforcé de clarifier le débat, notamment en renforçant la lutte contre la douleur et en multipliant la création de services de soins palliatifs. En avril 2002, il avait tenté de faire admettre quelques « critères » de choix, susceptibles d'aider les médecins à prendre une décision face à des patients dont les souffrances seraient devenues « insupportables et incurables », à condition évidemment que ces derniers en aient fait la demande. Cette charte aurait fait du médecin l'acteur principal des « interruptions de vie ». Présentée entre les deux tours des élections législatives, elle n'a finalement pas été suivie d'effet.

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loic.charbonnel
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