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Monde

En danger de futur

Une fable poétique sur les dérives du progrès et l'aliénation moderne. L'homme, perdu dans ses chimères technologiques, court à sa perte.

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Durement ensevelies par des siècles d'ignorance, les choses se sont lentement refermées sur nous, nous privant de toute inspiration.

C'était une indécente chute de ville illuminée, fleurie de fumée et de poussière maladive sous la forme de 7 chiens et avec elle l'humanité. Tachetée de cendres célestes et du vacarme ahurissant des enfants à la chaîne, la vie était scandée au murmure des machines de la terre. Nous vivions tous imbibés d'une orgie d'images, de jeux de lumière, de toupies carrées à quatre roues et d'avions en papier, qui dans leurs charges héroïques vers le futur défroquaient la mer de son souvenir du large et faisaient peur comme l'enfer.

Le progrès : un prix à payer

La vie était le prix d'encore plus de progrès. Toujours plus... et pour quoi ?

Pourtant si dure, vouée sans cesse au nouvel ordre décroissant, en changement permanent, en montée et descente infinies, la vie ressemblait à une course de char propulsée à pas d'homme dans un shaker.

L'homme, cet animal étrange

Cet homme-là avait creusé l'idée de faire pousser autour de sa tête des forêts de cuivre, de tuyaux et de ciment. Il s'habillait de laine d'acier, se parfumait de lait synthétique — ça faisait peur rien qu'à imaginer — et aveuglé par l'oubli qui le hantait, il courait vers des grottes obscures pour s'enchaîner à ses rêves.

Au fur et à mesure, l'angoisse, le stress et la maladie ont commencé à le pourchasser comme une bête sauvage, comme on chasse l'escargot. Puis une épidémie de virus de tristesse et d'ennui se propagea dans ses propres idées.

Perdu dans les cendres, les vices et les malheurs, l'homme était devenu cet animal rare à qui tout est permis mais... qui ne peut rien.

L'ultime conquête

Esclave de son poison, il remplissait les trous de bitume impropres à la marche à pied et pièges perfectionnés pour les ballons des enfants. Il jetait dans les miroirs de fumée qu'il carrossait l'irrésistible regard de l'insecte au soleil, qui brille comme un nombril.

Enfin, las de sa journée en ce monde et sûr d'une irrésistible sûreté de soi, le regard plongé dans le halo acidulé de pétrole dans une flaque de boue, il fit sonner l'ultime conquête du fond de sa mémoire pour une tonsure finale du globe.

Il ne resta bientôt plus rien. Plus l'arbre, l'eau, la pierre... Rien. Un monde devenu lisse comme autant de ses idées, ni devant, ni dessus, comme une chose folle roulant à l'infini vers le trou glauque de l'œil de la nuit.

Si toi aussi tu crois que nous allons finir avant d'avoir commencé, vote pour ce danger de futur.

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aztech
aztech @aztech
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