
Mais Alassane Ouattara, bénéficiant de l'appui de nombreux États étrangers ainsi que d'instances économiques et financières régionales et internationales, parvient à paralyser l'économie et à assécher les finances de l'État ivoirien, notamment dans les zones encore contrôlées par Laurent Gbagbo.

Origines du conflit : la succession d'Houphouët-Boigny
Le 7 décembre 1993, comme un tsunami, le monde apprend avec stupeur le décès du père de la nation ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny. Automatiquement, une bombe à retardement explose pour sa succession : le Premier ministre Alassane Ouattara et le président de l'Assemblée nationale Henri Konan Bédié se disputent le fauteuil présidentiel. Un adage africain stipule qu'« on ne se bat jamais au chevet d'une mère malade ». Hélas, il ne s'agit pas d'une mère, et de plus, la personne n'est plus de ce monde.
Comme prévu, la Constitution est vite brandie pour régler cette guéguerre entre ces belligérants. En 1995, une élection est organisée mais boycottée par certains opposants comme Ouattara et Gbagbo. Bédié est déclaré président avec 95,25 % des voix contre 4,75 % pour le candidat Francis Wodié. En décembre 1999, un coup d'État est perpétré et Bédié est évincé du pouvoir.
L'armée s'installe alors aux commandes, mais une rumeur court à Abidjan : la main de l'ombre d'Alassane Ouattara figurerait dans ce putsch. Quelque temps plus tard, un gradé de l'armée déclare à la surprise générale Gbagbo responsable de ce coup d'État, avant de fournir des preuves à l'appui (présence de Lida Kouassi, proche de Gbagbo, au camp, ainsi que l'accueil et le transport de Gbagbo de Bouaké à Abidjan par des hommes armés).
En octobre 2000, l'élection présidentielle est organisée. Certains opposants emblématiques de la vie politique sont écartés, notamment tous les candidats du PDCI dont Bédié, et celui du RDR, l'ancien cadre du FMI Alassane Ouattara. Les résultats accouchent d'une souris puisque deux candidats se déclarent vainqueurs : Robert Guéï et Gbagbo. Le second cité prend le pouvoir après des protestations populaires, allant même jusqu'à qualifier plus tard ce scrutin d'élection calamiteuse.

La chute de Gbagbo : la bataille d'Abidjan
Les troupes du FRCI (Forces Républicaines de Côte d'Ivoire) arrivent à Abidjan et se positionnent au corridor de GESCO à Yopougon, un quartier pro-Gbagbo. Pendant ce temps, une bataille fait rage à la maison de la télévision, dont les FRCI disent avoir pris le contrôle. Point d'image sur la chaîne nationale pendant une demi-journée. Aux alentours de 12h35, une brève déclaration est lue depuis un podium de fortune installé sur place, et la télévision réapparaît sur les ondes.
Stupéfaction : les FDS (Forces de Défense et de Sécurité) nient la prise de la télévision par les FRCI. On assiste alors à une guerre médiatique entre la RTI (chaîne nationale au profit de Gbagbo) et TCI (chaîne créée au lendemain de l'élection au profit d'Ouattara).
Les bruits d'armes lourdes et automatiques crépitent de partout, la population est terrée chez soi. Les déplacements sont à risque et les denrées alimentaires viennent à manquer. Le pays est au bord du gouffre.
L'armée française intervient du côté des FRCI, qui ne rencontrent des poches de résistance que dans la seule ville d'Abidjan. L'armée régulière et la gendarmerie font défection car de nombreux officiers supérieurs, agissant comme des taupes, abandonnent Gbagbo et se rangent du côté d'Alassane Ouattara. Tandis que le chef d'État-major de l'armée, le général Philippe Mangou, déserte et se réfugie avec sa famille à l'ambassade d'Afrique du Sud.
Laurent Gbagbo et son épouse se retranchent à la résidence présidentielle de Cocody, protégés par un dernier carré de fidèles. Le palais, assiégé par les forces pro-Ouattara, ne peut résister à l'assaut final contre le bâtiment, lancé le 11 avril avec l'appui des forces onusiennes et françaises. À l'issue de cette opération, Laurent Gbagbo, accompagné de sa famille, est fait prisonnier puis placé en état d'arrestation à l'hôtel du Golf.
NB : j'ai dû omettre certaines scènes car elles furent horribles.