
Les élections législatives belges du 18 mai 2003 ont marqué un tournant politique. Voici les résultats partiels, susceptibles d'être légèrement modifiés car certains bureaux de vote n'ont pas encore été entièrement dépouillés et les votes électroniques ont parfois posé problème.
Résultats des élections législatives 2003 en Belgique
VLD (libéral néerlandophone) : 15,4 % (+1,1 par rapport à 1999)
SPA-SPIRIT (socialiste néerlandophone) : 14,9 % (+5,4)
CD&V (catholique néerlandophone) : 13,3 % (-0,8)
PS (socialiste francophone) : 13,0 % (+2,8)
VLAAMS BLOK (extrême droite néerlandophone) : 11,6 % (+1,7)
MR (libéral francophone) : 11,4 % (+1,3)
CDH (social-catholique francophone) : 5,5 % (-0,4)
ECOLO (écologiste francophone) : 3,1 % (-4,2)
N-VA (conservateur néerlandophone) : 3,1 % (nouveau)
AGALEV (écologiste néerlandophone) : 2,5 % (-4,5)
FN (extrême droite francophone) : 2,0 % (+0,5)
Classement des partis par région
En Wallonie
- PS
- MR
- CDH
- ECOLO
- FN
En Flandre
- VLD
- SPA-SPIRIT
- CD&V
- VLAAMS-BLOK
- N-VA
- AGALEV
Quelle coalition gouvernementale pour la Belgique ?
Dans ces deux régions, les deux partis en tête sont socialistes et libéraux. La prochaine coalition gouvernementale se fera donc avec eux, mais l'inconnue reste entière : les socialistes et les libéraux formeront-ils le gouvernement seuls (ce qui créerait un clivage gauche-droite pur) ou bien d'autres partis y prendront-ils part ? On pense surtout aux sociaux-catholiques, troisièmes dans les deux régions.
Pour rappel, le précédent gouvernement était appelé « Gouvernement Arc-en-Ciel » car il réunissait les socialistes (rouge), les libéraux (bleu) et les écolos (vert). L'opposition était formée par les catholiques et une dizaine d'autres petits partis, l'extrême droite étant tenue à l'écart.
Comment fonctionnent les élections législatives en Belgique ?
Il s'agissait des élections législatives, qui permettent de désigner les représentants au Sénat et à la Chambre, ainsi que de former le gouvernement. Actuellement, le « favori » au poste de Premier ministre est Steve Stevaert (SPA-SPIRIT) avec 580 000 voix, suivi par Louis Michel (MR, actuel ministre des Affaires étrangères) avec 300 000 voix.

Pourquoi les partis écologistes reculent-ils ?
Agalev et Ecolo avaient réalisé un excellent score en 1999, ce qui leur avait permis d'entrer au gouvernement pour la première fois. C'était à l'époque de la crise de la dioxine et de la vache folle. Maintenant que le gros de ces crises est passé, les écologistes ont perdu une grande partie de leurs électeurs, sans compter qu'ils ont perdu des plumes sur plusieurs dossiers sensibles comme la Sabena, la SNCB ou le survol des villes par les avions. Vu leurs mauvais résultats à ces élections, ils vont plus que probablement rejoindre l'opposition.

La montée de l'extrême droite en Belgique
Le point noir de ces élections, c'est l'extrême droite qui gagne du terrain. Le FN ne constitue toujours pas une menace avec ses 2 %, mais en revanche le Vlaams-Blok, oui. Il n'a pas énormément progressé au niveau national, mais dans certaines circonscriptions il est devenu majoritaire, avec 34 % à Anvers, la plus grande ville du nord du pays.
Comme cela avait été fait en 1999, les autres partis vont certainement établir un « cordon sanitaire » pour empêcher le Vlaams-Blok d'accéder à un quelconque pouvoir. Cela devrait suffire un moment, mais il est urgent d'agir contre ce parti et éventuellement de l'interdire comme cela a déjà été fait aux Pays-Bas. Il faudrait surtout travailler sur le fond car si 14 % des Belges votent extrême droite, cela montre qu'il y a un malaise, comme en France. Et si le gouvernement à venir ne fait rien lors de sa législature, cela risque de s'amplifier.
J'espère avoir été assez complet et vous avoir appris quelque chose sur nos élections.