Les ONG estiment à des milliers le nombre d'animaux de compagnie abandonnés à Dubaï. Le conflit impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran a provoqué un exode massif d'expatriés de Dubaï, laissant la ville désertée. Les refuges privés, submergés par l'afflux, ne peuvent plus suivre.

Cette crise s'inscrit dans les conséquences diplomatiques de la guerre Iran-États-Unis et dans le récit des 7 jours qui ont bouleversé le Moyen-Orient. Les départs ont été rapides et peu ont inclus les bêtes.
Des refuges submergés
Les refuges et organisations animales de Dubaï reçoivent bien plus d'animaux qu'ils ne peuvent en accueillir. Chiens et chats arrivent chaque jour dans leurs structures. Le chiffre de "milliers" d'abandonnés provient des ONG. Il ne fait pas l'objet d'un décompte officiel vérifié.
Les expatriés qui quittaient la ville avaient peu d'options pour emmener leurs animaux. Les vols d'évacuation standard les excluent.
Aucun protocole officiel d'évacuation

Dubaï n'a mis en place aucun protocole pour évacuer les animaux des résidents fuyant le conflit. La seule réponse officielle locale est le programme "Ehsan Stations". Il distribue de la nourriture aux animaux errants par des dispositifs intelligents. Ce système nourrit les bêtes dans la rue, mais n'organise pas leur évacuation.
La Grèce a choisi une autre voie. Elle a organisé un vol d'évacuation spécial depuis Abou Dabi. Selon les comptes rendus de cette opération : "La Grèce a organisé un vol d'évacuation spécial incluant les animaux de compagnie de ses ressortissants depuis Abou Dabi." Les vols d'évacuation standard les excluent.
Cette divergence montre une faille des hubs expatriés en temps de crise. Les plans d'urgence gouvernementaux oublient les animaux. La charge retombe sur les refuges privés, sans soutien public.
La loi et le débat sur la responsabilité
La loi fédérale émiratie n°16 de 2007 interdit l'abandon d'un animal de compagnie. Elle impose aux propriétaires de ne pas libérer un animal dont la survie dépend d'eux. En pratique, cette règle ne peut pas être appliquée aux propriétaires déjà partis à l'étranger.
Un débat divise les associations. Certaines défendent les propriétaires partis, affirmant qu'ils ont dû fuir sans préparation. D'autres estiment qu'un propriétaire responsable aurait dû planifier l'évacuation de ses animaux.

L'argument concurrent est direct. Ceux qui ont pu s'évacuer eux-mêmes auraient dû trouver un moyen d'emmener leurs bêtes, comme l'a fait la Grèce. Dans les forums de sauvetage, un sentiment communautaire affirme qu'il n'y a "aucune excuse" à abandonner des animaux aux frontières ou dans la rue plutôt que d'organiser leur prise en charge.
Faute de protocoles officiels intégrant les animaux, les refuges privés et les ONG de Dubaï portent seuls le poids de l'accueil.