Image 2
Monde

Des millions pour dire NON

500 villes, 75 pays : une mobilisation historique contre la guerre en Irak. Retour sur les manifestations géantes et les conclusions du rapport de l'ONU.

As-tu aimé cet article ?

Hier, les chefs des inspecteurs en désarmement de l'ONU ont présenté un nouveau rapport. Malgré les divisions, la position française a marqué des points.

Manifestations mondiales contre la guerre en Irak

Au lendemain de la réunion du Conseil de sécurité, le camp pacifiste a tenu à se faire entendre dans la rue. Un peu partout dans le monde, des centaines de milliers de manifestants ont défilé pour exprimer leur opposition à la guerre.

À Paris, plus de 100 000 personnes se sont rassemblées. Elles étaient plus de 10 000 à Lyon. À Rome, pas moins de 3 millions de personnes ont défilé dans un cortège avoisinant les 10 km. À Londres, le camp pacifiste a rassemblé entre 500 000 et un million de personnes. Un message fort pour Tony Blair, qui a assuré ce matin que les inspecteurs disposeraient de plus de temps.

Au total, 500 villes et 75 pays à travers le monde sont mobilisés. Une nouvelle facette de la mondialisation qui rappelle les mobilisations contre la guerre du Vietnam. À New York, les manifestants ont choisi de se réunir à proximité du siège de l'ONU.

Rapport des inspecteurs de l'ONU : quelles conclusions ?

Hier, dans ce même bâtiment, la réunion très attendue du Conseil de sécurité a donné de nouveaux éléments sur l'avenir du régime de Bagdad. Hans Blix et Mohamed ElBaradei ont présenté un nouveau rapport sur les inspections menées en Irak. Chaque camp — partisans de l'option armée comme défenseurs d'une solution diplomatique — attendait des arguments pour étayer ses positions.

Pour les chefs des inspecteurs en désarmement, rien aujourd'hui ne permet d'affirmer que l'Irak détient toujours des armes de destruction massive. Aucune arme de ce type n'a été découverte. D'après Hans Blix, seules quelques ogives vides ont été trouvées. Par ailleurs, Mohamed ElBaradei a affirmé que les inspecteurs n'ont découvert aucun signe d'activité nucléaire.

Hier, Saddam Hussein avait signé un décret interdisant la construction et l'importation en Irak d'armes de destruction massive. Un signe de bonne volonté du leader de Bagdad, dans la lignée des derniers jours. Les chefs des inspecteurs ont d'ailleurs souligné une meilleure coopération de la part de l'Irak. En 11 semaines d'inspection, ils ont visité 400 sites sans entraves. Mais Hans Blix en attend davantage de Bagdad. Pour lui, la résolution 1441 signifie « beaucoup plus qu'ouvrir des portes ».

Position de la France au Conseil de sécurité

Dans la foulée, les membres du Conseil de sécurité ont donné leur interprétation du rapport. Premier des cinq membres permanents à s'exprimer, Dominique de Villepin s'est prononcé pour une poursuite du travail des inspecteurs. « Les inspections donnent des résultats », a-t-il martelé. Le ministre français des Affaires étrangères a également proposé une nouvelle réunion du Conseil le 14 mars prochain pour faire le point. Pour la France, la guerre ne doit intervenir qu'en dernier ressort.

Fait rare au Conseil de sécurité, Dominique de Villepin a reçu des applaudissements. La France semble avoir marqué des points. Comme prévu, la Chine et la Russie ont soutenu la position française.

Réactions américaines et britanniques

Lors de son intervention, Colin Powell a paru irrité. Le Secrétaire d'État américain a indiqué qu'il présenterait de nouvelles preuves des liens entre Bagdad et Al-Qaïda. Dans son discours, Hans Blix est venu nuancer les éléments présentés la semaine précédente par le chef de la diplomatie américaine, estimant qu'il ne s'agit pas de preuves irréfutables.

Une fois de plus, Colin Powell, soutenu par la Grande-Bretagne, est monté au créneau. « L'Irak ne s'est pas conformé à la résolution 1441 », a-t-il déclaré. Pour lui, le régime de Saddam Hussein devra faire face aux « graves conséquences » prévues par le texte onusien.

Tarek Aziz rencontre le Pape et position de George Bush

À Rome, Tarek Aziz fustige l'attitude américaine. Le vice-Premier ministre irakien rencontrait le Pape. Il lui a affirmé la collaboration de l'Irak. De bonnes intentions confirmées après la réunion du Conseil de sécurité. Pour autant, Jean-Paul II a demandé des actes concrets au représentant du régime de Bagdad.

De son côté, George Bush a souligné que la lutte contre le terrorisme passait tout autant par le démantèlement d'Al-Qaïda que par le désarmement de l'Irak. « Saddam Hussein est un danger, a-t-il rappelé, et c'est pour cela qu'il sera désarmé d'une façon ou d'une autre. »

As-tu aimé cet article ?
nordine
nordine @nordine
56 articles 0 abonnés

Commentaires (2)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...