
Voilà une histoire qui représente comment certaines personnes (une minorité) vivent en banlieue... Moi-même qui habite en banlieue, je me suis inspiré de certains que je connais pour écrire ce texte qui essaie de remettre en cause l'ennui de certains jeunes en banlieue... Après on se demande pourquoi les jeunes en banlieue ne sont pas heureux !
Le texte
« Eh Sofiane ! Passe-moi la balle ! Passe, ou je te défonce ta gueule ! » s'écria Mehdi.
— Mehdi, calme-toi, et tiens le ballon si tu le veux tant.
— Eh les gars, on joue pas au foot pour se battre, ouech.
Mehdi et Sofiane sont deux amis dans une petite cité de la région parisienne. Malgré la dureté de leurs phrases, ils sont vraiment amis et éprouvent de réels sentiments réciproques. Mais ce sont des jeunes adolescents et ne comptez pas sur eux pour révéler leurs sentiments. Ils n'ont jamais dit à leurs parents qu'ils les aiment, d'ailleurs leurs parents : « c'est des cons » d'après Sofiane. C'est pour ça qu'ils passent tout leur temps libre dehors. À 14 et 15 ans, les jeunes franciliens ont réussi à avoir des notes plutôt correctes et à ne jamais redoubler. Mais de toute façon, Mehdi et Sofiane ne voient pas vraiment l'utilité d'avoir de hautes études... Au lieu de travailler, ils préfèrent marcher dans leur cité, « de toute façon, y a rien à faire d'autre » d'après ce que disent tous leurs amis. Dans leur cité, il n'y a pas grand-chose à faire : les jeunes collégiens s'assoient donc sur un banc et matent les filles qui passent... quand elles passent.
Ils font partie d'une petite bande où les filles sont exclues. Il faut éviter de marcher avec des filles, selon les propres mots de Mehdi : « Les filles, ça craint de marcher avec elles : il faut qu'elles restent faire le ménage chez elles pour se préparer à nous servir plus tard et nous faire des enfants. » (Je précise que c'est le personnage qui parle et non pas moi, j'ai mis ça pour représenter comment certains jeunes de toutes les classes sociales voient les femmes).
Il est 18 heures, c'est le moment où Sofiane et Mehdi se retrouvent dans la cage d'escalier et discutent de tout pour ne pas s'ennuyer. Aujourd'hui, ils parlent de leur classe :
« Elle est pourrie cette classe, y a beaucoup de guignols. Surtout Camille là, elle rêve trop : elle saoule trop avec son air », s'exaspère Mehdi.
—... Moi je la trouve bien cette classe, mais le problème c'est trop dur la 3ème.
— Et moi pour les devoirs, trop dur, je vais sur le net et je regarde les réponses à mes devoirs. Je préfère surtout les forums : je tape mes devoirs et les gens qui n'ont que ça à faire me répondent, et je peux jouer un peu avec ma console en attendant. Je te dis c'est trop super de faire comme ça, ça t'évite de perdre du temps. C'est un peu tricher, mais bon.
— Incroyable !!! T'es un génie ! s'exclama Sofiane avec un air étonné.
— Je ne suis pas un génie, sinon je n'aurai pas besoin de ce forum, répondit Mehdi.
— Ouech, comment tu commences à parler comme les intellos !
— Dégages ! Je suis pas un Jean-François, affirma fortement Mehdi.
Pour Mehdi, les Jean-François sont les collégiens qui réussissent très bien en cours, qui travaillent, qui ne se couchent pas tard, qui ne jouent pas beaucoup...
Le dialogue continue et Sofiane questionne Mehdi sur sa vie d'internaute :
« Bon sinon sur le net, t'as rencontré des filles ?
— Euh... Ouais, j'ai rencontré des filles et des gars de pleins de pays : Belgique, Maroc, Irlande, Angleterre. »
Sofiane, intéressé par les filles, insiste :
— Elles sont canons les filles ?
— Tu penses qu'à ça ! Y a pas que ça à faire sur le net. Y a des jeux trop bien ! rappela Mehdi.
— Bon, demain on a cours avec madame nez bouché, elle m'énerve cette prof avec ses 1m45. Le pire c'est qu'on est obligé d'avoir une prof toute pourrie dans ma matière préférée. Je viens te chercher à 8h15 ?
— OK, à+ !
Les deux amis se quittent pour rentrer chacun chez eux, dans leurs appartements respectifs. Mehdi, sur le chemin du retour, voit sur son immeuble des tags qu'il trouve très beaux et il ne comprend pas pourquoi la mairie veut à tout prix les effacer alors qu'ils représentent la vie de son quartier.
Immédiatement chez lui, Mehdi va sur le net pour regarder quelques blagues sur un site drôle, puis surfe sur le forum de réponses aux devoirs : il trouve de bonnes astuces pour tricher. Puis à 20 heures, il mange goulûment pour reprendre des forces de sa journée sportive.
À minuit, il s'endort...

Conclusion
Pour conclure, les jeunes des banlieues ne sont pas tous des racailles. Oui, beaucoup (99 %) essaient de s'en sortir. Mais c'est dur quand on voit qu'un jeune Français d'origine maghrébine a 5 fois moins de chances d'être embauché...
Même parmi les délinquants, certains ont essayé de s'en sortir, mais la colline du système est devenue une montagne et est très difficile à gravir !
La République a mis hors service l'ascenseur social, ce qui laisse des jeunes avec bac+5 sans travail !
Enfin bref, les jeunes des cités ne sont absolument pas des racailles ! Pour ceux qui ont commis des actes de violence, ils sont simplement victimes du système !
Sans défendre la violence, je vous rappelle qu'en 1789, on disait des révolutionnaires qu'ils étaient des brigands et autre vermine (du même vocabulaire que racaille si vous regardez dans le dico).
Voilà, mon article sera maltraité, critiqué, insulté et délégitimé ! Cooooooooool ! Lol