Image 1
Monde

Comment expliquer l'inacceptable ou la face voilée de la crise américano-irakienne

Plongée dans les coulisses de la guerre en Irak de 2003 : pétrole, 11 septembre et géopolitique. Pourquoi cette intervention reste-t-elle si controversée ?

As-tu aimé cet article ?

Jeudi 20 mars 2003, 2h35 T.U. : l'armée américaine frappe l'Irak deux heures seulement avant l'expiration de l'ultimatum, joignant ainsi la parole aux actes. L'ONU n'a pu l'empêcher. Il fallait bien s'y attendre car, après une mobilisation aussi médiatique que spectaculaire au Qatar, en Arabie Saoudite et au Koweït, l'Amérique s'était laissé happer dans un étrange labyrinthe dont l'architecte avait commis la maladresse d'égarer le plan. C'est de l'honneur des États-Unis dont il est question.

Pourquoi les États-Unis ont-ils envahi l'Irak en 2003 ?

Est-ce au nom du désarmement de l'Irak, du principe douteux de la guerre préventive, de la lutte contre le terrorisme, du contrôle du pétrole irakien, de la légitimation de l'influence israélienne au Proche et Moyen-Orient, de la toute-puissance des États-Unis, de l'expérimentation des récents joujoux du Pentagone, de la pression des multinationales, ou tout simplement au nom de raisons inavouées ? Le fait est que George W. Bush vient de sonner le clairon de ce qu'il convient d'appeler le second épisode de la guerre du Golfe.

Le réalisateur, pour des raisons qui lui sont personnelles, a voulu travailler une fois de plus avec des acteurs professionnels dont les qualités oratoires et le sens de l'humour ne souffrent d'aucune contestation. Les mêmes noms retentissent à jamais comme l'écho d'une haine légendaire, la marque déposée d'un cynisme farwestien : d'une part Bush, le fils de l'autre, et d'autre part Saddam Hussein, le méchant loup blessé d'Allah, agonisant sous le poids de douze années d'embargo, et dont la fourrure suscite bien des convoitises aux yeux des faucons capitalistes du Nouveau Monde.

L'impartialité de la communauté internationale en question

Au-delà de la sympathie que nous inspire le loyalisme des belligérants, notons cependant le triste masque affiché par l'impartialité de l'arbitre de ce duel historique, qui aurait bien voulu donner une balle de plus dans le 9 millimètres du tueur à gages. « À la loyale ! dit-il, le macchabée aura droit à une sépulture ; la veuve la médaille de l'endurance et une technique de vengeance, et aux fils la vidéo du duel ! »

La position de la France face à la guerre en Irak

Ce qui va changer dans cet épisode, c'est qu'outre le légendaire soutien des Anglais, le pays de l'Oncle Sam se dresse face à des alliés potentiels qui se veulent les symboles de l'éthique universelle : France, Russie et Chine, tous membres du fameux Conseil de Sécurité. Il convient de souligner que la position française est assez problématique. Sur la scène internationale, elle ne représente pas grand-chose et a souvent été caractérisée par une personnalité politique copiée sur le modèle de la majorité : que de raisons humanitaires propres à embellir l'image de la France !

Bon nombre d'experts s'accordent par ailleurs à affirmer que l'inertie française face au chantage américano-britannique se justifierait par le fait que les garanties d'exploitation économique d'après-guerre n'aient pas été clairement mises à jour par la Maison Blanche. Rien d'étrange à cela quand on sait que seul l'intérêt conditionne les relations internationales. En politique, la question essentielle n'est pas de savoir qui a raison mais qui profite de quoi.

Le lien entre le 11 septembre 2001 et l'invasion de l'Irak

Il y a près de deux ans, la communauté internationale s'accordait d'un même son de cloche à condamner les attentats du 11 septembre 2001 (cela non plus, l'ONU n'avait pu l'empêcher). Tout portait alors à croire que l'Amérique et ses intérêts étaient menacés à travers le monde. Aujourd'hui hélas, l'argument du pétrole semble érigé sur un piédestal, voilant ainsi l'atmosphère d'insécurité qui continue de planer sur le monde. S'il n'y avait pas eu de 11 septembre, il n'y aurait pas eu de 20 mars.

L'Irak et « l'Axe du mal » de George W. Bush

En effet, le premier malheur de l'Irak, c'est d'être dirigé par un despote dont le machiavélisme aberrant s'illustre dans sa sanguinaire passion pour la monarchie absolue ! L'histoire nous apprend à cet effet que de tels hommes ne se sont jamais lancés dans un processus de réarmement gratuit. Le second malheur de l'Irak, c'est d'appartenir à « l'Axe du mal ». Selon des sources non officielles, Bagdad serait devenu l'un des bastions du terrorisme international.

Certes, il y a des dits dans les non-dits mais tant que les non-dits ne seront pas dits, les dits resteront sans mots. C'est cela même qui oblige la communauté internationale à condamner la guerre contre l'Irak.

As-tu aimé cet article ?
ddnat@france-jeunes.net
11 articles 0 abonnés

Commentaires (0)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires